Le Qatar Mise sur sa Diplomatie Gazière

Le réchauffement des liens entre le Qatar, les États-Unis et l'Europe est le signe d'une évolution des alliances énergétiques.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Les relations entre l’Occident et les piliers de l’OPEP, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, se tendent tandis que les liens du Qatar avec les États-Unis et l’Europe se renforcent. On observe alors une évolution des alliances stratégiques.

Une évolution logique mais accentuée par la guerre en Ukraine

Avant même le début de la guerre en Ukraine, le Qatar avait de grandes ambitions quant au développement de son activité de GNL. Dans le contexte de reprise après la pandémie, la demande énergétique occidentale a explosé. Afin d’assurer l’approvisionnement en pétrole, Joe Biden a reçu l’émir du Qatar fin janvier. Le président américain avait notamment qualifié le pays d’un « allié majeur non-membre de l’OTAN ». Les ministres de l’énergie américains et qataris ont par ailleurs discuté du renforcement de leurs relations énergétiques débuts mars.

Dans le même temps, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont ignoré les demandes américaines visant à obtenir davantage de pétrole. Cette décision peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’une part, ces deux États sont membres de l’OPEP au même titre que la Russie, et ont déjà annoncé souhaiter respecter cette alliance. D’autre part, ils ont déclaré être consternés par l’incohérence des propos de M. Biden concernant l’activisme climatique.

Enfin, ils considèrent également que la réponse américaine à l’intensification des attaques des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran au Yémen, est insuffisante. Ces attaques visent principalement des infrastructures pétrolières vitales. Ils continuent de tirer la sonnette d’alarme face aux tentatives de l’administration Biden de relancer l’accord nucléaire avec l’Iran. Il mettrait ainsi fin aux sanctions contre l’industrie énergétique de Téhéran.

Le Qatar, un rôle de premier plan

Cette évolution des alliances stratégiques débouche sur une redistribution des cartes. Vandana Hari, PDG de Vanda Insights, explique :

« La guerre en Ukraine redessine la carte mondiale des amis et des ennemis, nous pourrions donc entrer dans une nouvelle phase énergétique ici. Le fait que les États-Unis courtisent le Qatar s’inscrit parfaitement dans le contexte où ils tentent de sécuriser davantage de voies d’approvisionnement en gaz pour l’Europe afin de remplacer les molécules russes. »

L’année dernière, le Qatar a été le plus grand exportateur mondial de GNL. Ses livraisons s’élevaient à 110,2 milliards de m3 d’équivalents gaz selon les données de S&P Global. De plus, il produit actuellement environ 77 millions de mt/an de GNL. Le Qatar développe également son gigantesque champ nord pour porter sa capacité à 126 millions de mt/an dans les années à venir. Enfin, le Qatar est également le propriétaire majoritaire du terminal GNL de Golden Pass, au Texas.

Rappelons que le pays a quitté l’OPEP en 2018 afin de se concentrer sur ses ambitions gazières. À l’époque, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis maintenaient un embargo commercial contre le Qatar dans le cadre d’un différend politique. Les relations ont été rétablies en janvier 2021.

Ainsi, la guerre en Ukraine a mis en évidence le rôle de premier plan du Qatar sur le marché du gaz. Dans ce contexte, Saad Sherida Al-Kaab, ministre de l’énergie du Qatar, a rencontré de très nombreux dirigeants occidentaux. Doha se déclare prête à augmenter ses livraisons de gaz à court terme.

Une stratégie qatarie efficace sur le long terme ?

Le Qatar a su saisir l’occasion pour améliorer ses relations avec l’Occidents. Amy Myers Jaffe, directrice du Climate Policy Lab de la Fletcher School de l’université Tufts, juge cette stratégie très efficace au vu du contexte géopolitique. De plus, une première fracture entre les États-Unis et l’OPEP était apparue avant l’invasion de l’Ukraine.

Toutefois, il est nécessaire de nuancer ce propos. Les liens actuels ne doivent pas être perçus à travers un schéma manichéen qui consisterait à dire que les relations avec le Qatar sont excellentes et celles avec l’Arabie saoudite ou les EAU sont vraiment mauvaises.

Selon Rachel Ziemba, experte en risques géopolitiques chez Ziemba Insights, les liens entre l’Occident et le Qatar reposent principalement sur des intérêts commerciaux communs. Elle ajoute :

« Le Qatar veille à ses intérêts à long terme, notamment en ce qui concerne le gaz naturel, et a vu une occasion d’améliorer sa perception à Washington sans nécessairement faire trop d’efforts à court terme ».

Ainsi, la guerre en Ukraine et la crise énergétique en Europe mettent en lumière l’influence du Qatar dans le domaine du gaz. l’État du Golfe est prêt à ten tirer profit, mais il devra garder un œil sur la transition énergétique pour assurer sa pérennité.

Les Émirats arabes unis lancent un plan énergétique de 1 milliard $ au Yémen

Global South Utilities investit 1 milliard $ dans de nouveaux projets solaires, éoliens et de stockage pour renforcer les capacités énergétiques du Yémen et étendre son influence dans la région.

Le Royaume-Uni et FirstRand mobilisent $150mn pour accélérer la transition énergétique africaine

British International Investment et FirstRand s’allient pour financer la décarbonation des entreprises africaines, à travers une facilité ciblée sur le soutien aux secteurs les plus émetteurs de carbone.

La Hongrie s’engage à soutenir la Serbie après l’arrêt des livraisons de pétrole

Budapest se mobilise pour assurer l’approvisionnement pétrolier serbe, menacé par la suspension des flux via la Croatie après les sanctions américaines contre la raffinerie NIS, détenue majoritairement par la Russie.
en_114026261130540

La Russie intensifie son rapprochement énergétique avec la Chine malgré les sanctions

Moscou affirme vouloir accroître ses exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié vers Pékin, tout en consolidant la coopération bilatérale dans un contexte de restrictions américaines visant les producteurs russes.

La BEI engage 2 Mds€ pour renforcer l’influence énergétique de l’UE en Afrique

La Banque européenne d’investissement mobilise 2 Mds€ de financements garantis par la Commission européenne pour des projets énergétiques en Afrique, avec un objectif stratégique inscrit dans la diplomatie énergétique de l’Union européenne.

Les recettes pétro-gazières russes chutent de 35 %, lestées par les sanctions

La Russie subit une baisse structurelle de ses revenus énergétiques alors que les sanctions renforcées contre Rosneft et Lukoil fragilisent les flux commerciaux et aggravent le déficit budgétaire fédéral.
en_11402411134540

Washington autorise les flux vers Paks II et insère des intérêts américains dans le nucléaire hongrois

La licence OFAC sur Paks II permet de contourner les sanctions contre Rosatom en échange d’un ancrage technologique américain, reconfigurant l’équilibre d’intérêts entre Moscou, Budapest et Washington.

Les petits États de l’UE renforcent leur influence énergétique en Afrique via Global Gateway

Finlande, Estonie, Hongrie et Tchéquie multiplient les initiatives bilatérales en Afrique pour capter des projets énergétiques et miniers stratégiques dans le cadre du programme européen Global Gateway.

Lula défend une sortie des fossiles sans contrainte face aux tensions à la COP30

Le président brésilien plaide pour une transition énergétique volontaire et sans échéance fixe, tout en évitant d’affronter les intérêts des pays producteurs lors des discussions de la COP30 à Belém.
en_114020201130540

L’Afrique subsaharienne capte 2,3 % des investissements mondiaux en renouvelable en 2024

La région n’a attiré qu’une faible part des capitaux mondiaux dédiés aux énergies renouvelables en 2024, malgré des besoins élevés et des objectifs de développement importants, selon un rapport publié en novembre.

Washington renforce son accord nucléaire avec Séoul et ouvre l’accès à l’enrichissement

Les États-Unis approuvent le développement par la Corée du Sud de capacités civiles d’enrichissement de l’uranium et soutiennent un projet de sous-marins nucléaires, élargissant un partenariat stratégique déjà lié à un accord commercial majeur.

Les ministres des Finances de l’UE valident le prêt de réparation adossé aux actifs russes gelés

Les Vingt-Sept s’accordent pour privilégier le mécanisme de prêt basé sur les avoirs russes immobilisés afin de financer l’aide à l’Ukraine, réduisant l’impact budgétaire national tout en garantissant une capacité de financement renforcée.
en_1140131142540

Le Canada valide une seconde série de projets énergétiques pour 56 milliards $

Le gouvernement canadien engage une nouvelle série de projets évalués à 56 milliards $ pour développer ses corridors énergétiques, accélérer l'exploitation des minéraux critiques et renforcer son infrastructure stratégique.

L’Allemagne accorde 24,3 millions $ au Nigeria pour accélérer sa transition énergétique

Berlin renforce sa coopération avec Abuja à travers un financement destiné à soutenir la diversification énergétique du Nigeria et à consolider ses infrastructures dans les énergies renouvelables.

La COP30 s’ouvre dans les tensions alors que les négociations échouent sur l’agenda initial

La COP30 débute à Belém dans un climat d’incertitude, les pays n’étant pas parvenus à s’entendre sur les sujets à inscrire à l’ordre du jour, signe de profondes divisions sur le financement climatique et la transition énergétique mondiale.
en_1140101150540

Washington verrouille l’offre de tungstène kazakh et cadre son pari C5+1

Les États-Unis sécurisent une coentreprise au Kazakhstan et des protocoles en Ouzbékistan, avec financement envisagé par l’Export-Import Bank of the United States et un acheminement structuré via le corridor transcaspien.

Trump accorde à Orban une exemption pétrolière contre un accord sur le gaz américain

Les États-Unis offrent à la Hongrie une dérogation d’un an sur les sanctions visant le pétrole russe, en échange d’un engagement d’achat de gaz naturel liquéfié américain estimé à 600 M$.

Le G7 lance plus de 20 projets pour contrer l’influence chinoise sur les minéraux

Réunis au Canada, les ministres de l’Énergie du G7 ont dévoilé une série de projets destinés à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, en réponse aux restrictions imposées par la Chine sur les terres rares.
en_1140021125540

Trump réduit à 10% les droits de douane américains sur le fentanyl chinois

Donald Trump annonce une baisse immédiate des tarifs douaniers sur les importations chinoises liées au fentanyl, passant de 20% à 10%, avec un impact potentiel sur les flux énergétiques entre Washington et Pékin.

La Jordanie prépare trois projets énergétiques majeurs avec le soutien de l’Allemagne

Amman prévoit de lancer des appels d’offres pour 400 mégawatts de projets solaires, éoliens et de stockage, dans le cadre d’un renforcement de la coopération énergétique bilatérale avec l’Allemagne.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.