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Le Niger maintient sa coopération pétrolière avec la Chine malgré ses revendications

Le Niger durcit son discours sur la souveraineté énergétique mais évite une rupture avec la China National Petroleum Corporation, principal acteur de son industrie pétrolière, afin de préserver ses revenus d’exportation.

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Le Niger maintient sa coopération pétrolière avec la Chine malgré ses revendications

Secteurs Pétrole
Thèmes Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique
Sociétés Orano, Somaïr
Pays Bénin, Chine, France, Niger

Au Niger, l’activité pétrolière se poursuit sans interruption malgré des tensions apparentes avec la China National Petroleum Corporation Niger Petroleum (CNPCNP), en charge du développement du principal gisement national. Depuis le début de l’année 2025, les autorités de Niamey ont affiché une volonté de renégociation, marquée par des expulsions de cadres chinois et des exigences accrues sur le contenu local. Toutefois, les exportations de brut se maintiennent, générant plus de 2 milliards $ de recettes.

Une dépendance aux revenus pétroliers

La posture mesurée du gouvernement nigérien s’explique en grande partie par sa dépendance à la rente pétrolière. En avril 2024, la CNPC a versé à Niamey une avance de 400 millions $, remboursable sur douze mois, pour financer des priorités budgétaires. Cette opération a permis de soutenir un redressement économique, avec une croissance estimée à 8,4 % en 2024, contre 2 % l’année précédente, selon la Banque mondiale.

La mise en service du pipeline long de 1 950 km reliant le gisement d’Agadem au port de Cotonou constitue un élément central de cette dynamique. Financé et construit par la partie chinoise, il offre un débouché direct vers les marchés internationaux. Ce corridor d’exportation, tout comme la raffinerie SORAZ opérée en partenariat avec la CNPCNP, est difficilement remplaçable à court terme, réduisant ainsi les options stratégiques du Niger.

Réformes sur le contenu local et limites structurelles

Conscient de cette dépendance, le gouvernement a néanmoins fixé des objectifs ambitieux en matière de contenu local. Les autorités exigent que 80 % des effectifs des projets pétroliers soient composés de travailleurs nationaux, contre environ 30 % actuellement. Elles demandent également une hausse du nombre de cadres nigériens et une révision des écarts salariaux entre expatriés et employés locaux.

La mise en œuvre de ces objectifs se heurte toutefois à un manque de compétences techniques locales, régulièrement mis en avant par les responsables de la CNPCNP. Dans un souci de rééquilibrage, Niamey a demandé l’ouverture du capital de West African Oil Pipeline Company (WAPCO), gestionnaire du pipeline, sans obtenir à ce stade de changement structurel significatif.

Nationalisation dans l’uranium, retenue dans le pétrole

La retenue observée dans le secteur pétrolier contraste avec la stratégie adoptée dans l’uranium. En juin 2025, l’État nigérien a procédé à la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), filiale du groupe français Orano, après que ce dernier a admis avoir perdu le contrôle opérationnel de la mine depuis fin 2024. Cette décision a été suivie de procédures d’arbitrage lancées devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), que Niamey a acceptées.

Ce différentiel de traitement illustre une réalité plus large : l’autonomie stratégique d’un État vis-à-vis de ses partenaires dépend du degré de contrôle qu’il exerce sur les infrastructures, du niveau de dépendance technologique et de la concentration des investissements étrangers. Dans le secteur pétrolier, le Niger doit encore composer avec une configuration marquée par une présence étrangère dominante.

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