Trump menace d'anéantir les infrastructures énergétiques iraniennes faute d'accord rapide
Donald Trump a menacé lundi de détruire les centrales électriques, puits de pétrole et l'île de Kharg si Téhéran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz et ne conclut pas rapidement un accord.
| Secteurs | Pétrole, Transport stockage |
|---|---|
| Thèmes | Politique & Géopolitique, Conflit Armé |
| Sociétés | B. Riley Wealth Management |
| Pays | Iran, États-Unis, Israël, Liban, Égypte |
Donald Trump a durci lundi ses avertissements à l'égard de Téhéran, menaçant de faire « exploser » et d'« anéantir » les centrales électriques, les puits de pétrole et l'île de Kharg si des discussions n'aboutissaient pas « rapidement ». Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a conditionné l'absence de frappes à la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite ordinairement un cinquième des hydrocarbures mondiaux. La menace inclut également, selon ses déclarations, « toutes les usines de dessalement » iraniennes. Dès dimanche, Trump avait déjà évoqué une possible opération terrestre visant le terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut d'Iran, pour « prendre le pétrole » iranien.
L'île de Kharg, cible centrale des menaces américaines
L'île de Kharg, dans le Golfe Persique, constitue l'infrastructure névralgique du système d'exportation pétrolière iranien. Sa mise hors service représenterait une rupture quasi-totale des revenus en hydrocarbures de la République islamique. Le détroit d'Ormuz, dont Trump réclame la réouverture, est un passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en énergie. Des transporteurs de GPL continuent d'y transiter malgré les tensions croissantes dans la région, signe des enjeux commerciaux considérables en jeu. La menace américaine sur ces infrastructures s'inscrit dans une escalade militaire et diplomatique depuis le déclenchement du conflit le 28 février.
Téhéran a par ailleurs évoqué des menaces sur d'autres couloirs stratégiques pour le pétrole mondial, ajoutant à la pression sur les marchés des matières premières. Ces développements alimentent des inquiétudes croissantes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux. Le G7 Finances-Énergie, réuni lundi par la France en visioconférence, s'est dit prêt « à prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.
Le Brent dépasse 115 dollars, en hausse de plus de 50% depuis le début de la guerre
Vers 14h50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord progressait de 2,55% à 115,44 dollars. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, les cours du pétrole ont grimpé de plus de 50%. La poursuite des bombardements ce weekend et lundi — en Iran, dans le Golfe et au Liban — ainsi que les déclarations inflexibles des belligérants alimentent cette flambée. « Le marché attend désespérément une issue à cette guerre », a déclaré Art Hogan, analyste chez B. Riley Wealth Management. La Bourse de New York évoluait en petite hausse lundi, les investisseurs voulant croire aux signaux diplomatiques émis par Trump.
« Discussions sérieuses » en parallèle des bombardements
Dans le même message, Trump a évoqué « d'énormes progrès » réalisés lors de « discussions sérieuses » avec « un régime nouveau et plus raisonnable » en Iran, sans préciser l'identité de ses interlocuteurs. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé Donald Trump à « stopper la guerre », soulignant lors d'un discours au Caire les « conséquences graves » d'une poursuite du conflit. Le Pakistan s'est proposé pour « accueillir et faciliter » des « pourparlers significatifs » entre les deux camps. Ces initiatives diplomatiques interviennent alors que les bombardements se sont intensifiés ce weekend sur Téhéran, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité selon des journalistes de l'AFP sur place.
Escalade militaire au Liban et à Téhéran
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir bombardé une université de Téhéran dirigée par les Gardiens de la Révolution (armée idéologique de la République islamique), affirmant que des « activités de recherche et développement sur des armes de pointe » y étaient menées. Elle avait également frappé des sites militaires à Téhéran en réponse à une attaque de missiles iraniens. Au Liban, trois membres du Hezbollah ont été tués et trois autres grièvement blessés dans une frappe israélienne ciblant un immeuble résidentiel près de la banlieue sud de Beyrouth. Plusieurs Casques bleus de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ont par ailleurs été blessés lors d'un « incident » dans une ville frontalière du sud du Liban, a indiqué la porte-parole de la FINUL, Kandice Ardiel.
L'organisation non gouvernementale (ONG) ACLED, qui compile les données sur les conflits, a recensé près de 2.300 bombardements américains et israéliens et 1.160 frappes iraniennes en représailles au cours du premier mois de guerre. L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a comptabilisé au moins 360 attaques en 24 heures dans 18 provinces iraniennes lors du weekend. Au total depuis le début du conflit, HRANA a recensé près de 3.500 morts en Iran. Le commandement militaire américain avait annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant « quelque 3.500 » marins et soldats du corps des Marines.