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PetroChina livre du brut chinois à Singapour pour pallier les pénuries iraniennes

La guerre en Iran perturbe les approvisionnements pétroliers en Asie. PetroChina livre du brut depuis la Chine à Singapour, tandis que Coal India enregistre sa première hausse de ventes en six mois.

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PetroChina livre du brut chinois à Singapour pour pallier les pénuries iraniennes

Secteurs Pétrole, Raffinage, Charbon
Thèmes Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique
Sociétés PetroChina, Chevron, Coal India, Pioneer Natural Resources, Singapore Refining Co.
Pays Singapour, Chine, Inde, Roumanie, Iran

PetroChina a expédié un rare chargement de près de 2 millions de barils de brut depuis ses installations de stockage en Chine vers la raffinerie qu'elle détient à parité à Singapour, afin de combler les déficits d'approvisionnement imputables à la guerre en Iran. Selon les traceurs de tankers Vortexa et Kpler, le pétrolier New Merit a livré 1,8 million de barils de brut à Dalian, dans le nord-est de la Chine, à la mi-mars, avant de les acheminer vers l'île Jurong à Singapour. D'après Vortexa Analytics et une source du secteur, il s'agissait de brut Murban des Émirats arabes unis, dont PetroChina est actionnaire dans la production. Les sources ont requis l'anonymat, n'étant pas habilitées à s'exprimer dans les médias.

La raffinerie SRC face aux perturbations d'approvisionnement

PetroChina et le géant américain Chevron gèrent en coentreprise la raffinerie de Singapore Refining Co. (SRC), troisième raffinerie de Singapour d'une capacité de 285 000 barils par jour, qui traite principalement du pétrole brut du Moyen-Orient. Selon une source familière avec ses opérations, les deux groupes se relaient trimestriellement pour l'approvisionner en brut. Depuis début mars, la guerre en Iran perturbe ces livraisons : le pétrole a fortement reculé après un plan de paix américano-iranien en 15 points, illustrant la volatilité persistante du marché. Les raffineries asiatiques, qui absorbent la majorité des exportations pétrolières du Moyen-Orient, ont réduit leurs cadences face aux pénuries de matières premières. À l'échelle mondiale, la crise contraint plusieurs acteurs à trouver des solutions alternatives : le Mexique cherche ainsi des intermédiaires privés pour acheminer du pétrole à Cuba.

Le président de PetroChina, Dai Houliang, a déclaré la semaine dernière que sa compagnie peut maintenir ses opérations pétrolières et gazières normalement sans dépendre des approvisionnements transitant par le détroit d'Ormuz, bloqué depuis plus d'un mois. La Chine exporte très rarement son pétrole brut, ce qui confère à ce transfert un caractère exceptionnel. PetroChina et SRC ont décliné tout commentaire.

La Roumanie maintient ses objectifs budgétaires malgré les incertitudes

La Roumanie est en bonne voie pour atteindre son objectif de déficit budgétaire à 6,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année, malgré la guerre en Iran, selon son ministère des Finances. Le pays s'efforce de ramener ce déficit, qui dépassait 9% du PIB en 2024 — le plus élevé de tous les membres de l'Union européenne — à 6,2% en 2025, puis à 3% d'ici la fin de la décennie, afin de préserver sa note d'investissement. Sa marge de manœuvre budgétaire reste limitée pour absorber l'impact du conflit sur les prix de l'énergie et les coûts de la dette. Si le conflit devait se prolonger, les hypothèses seraient affectées, avec une inflation plus élevée et une croissance moindre que projetée, selon un responsable gouvernemental.

La coalition au pouvoir a plafonné les marges sur les prix des carburants et approuvé un régime d'aides d'État pour compenser la hausse des prix de l'essence pour les transporteurs routiers de marchandises et de passagers, avec l'intention d'étendre ce dispositif aux agriculteurs. Le Premier ministre Ilie Bolojan a annoncé en mars une réduction temporaire des droits d'accise sur les carburants. Le budget 2026, approuvé en mars, repose sur une hypothèse de croissance économique de 1%.

Coal India enregistre sa première hausse de ventes en six mois

Coal India a annoncé mercredi que ses livraisons à ses clients ont progressé de 0,7% en mars pour atteindre 69,5 millions de tonnes, marquant la première hausse en six mois. La société d'État, qui représente plus de 80% de la production charbonnière nationale, a en revanche enregistré un recul de 1,5% de sa production provisoire à 84,5 millions de tonnes. Coal India est également le premier producteur de charbon au monde. Cette reprise traduit une reconstitution des stocks en amont du pic estival de demande, dans un contexte de pénurie de gaz liée au conflit en Iran.

Les livraisons de Coal India avaient reculé pendant six mois consécutifs après une hausse de 7,6% enregistrée en août, alimentant les stocks dans les centrales électriques alors que des températures clémentes atténuaient la demande d'électricité en 2025. Vasudev Pamanani, directeur d'iEnergy Natural Resources, un négociant en charbon basé dans le Gujarat, a indiqué que des niveaux de stocks élevés maintenaient la demande d'importation à la baisse malgré l'approche de la saison estivale. Les perturbations dans l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) et la baisse de la génération d'électricité à partir du gaz devraient accroître la dépendance au charbon pour la production d'énergie. En Inde, où le charbon représente près de 75% de la production électrique, le gaz ne pèse que moins de 2% de la production totale, mais le pays y recourt à hauteur de 8 à 10 gigawatts lors des vagues de chaleur ou des périodes de pointe. Face à la pénurie de gaz, l'Inde a demandé à ses centrales à charbon de fonctionner à pleine capacité pour éviter des délestages programmés.

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