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L’Afrique du Sud relance le projet PBMR avec un transfert stratégique à Necsa

Le gouvernement sud-africain a acté la sortie du réacteur modulaire PBMR de son inactivité, lançant un programme public de relance et transférant l’actif nucléaire stratégique d’Eskom à Necsa.

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L’Afrique du Sud relance le projet PBMR avec un transfert stratégique à Necsa

Secteurs Énergie Nucléaire, Cycle du combustible
Thèmes Investissements & Transactions, Transfert d'Actifs Énergétiques

L’Afrique du Sud a officiellement retiré le projet Pebble Bed Modular Reactor (PBMR) de sa phase de maintenance, une décision validée par le cabinet gouvernemental et accompagnée du transfert de la société PBMR Ltd d’Eskom à la South African Nuclear Energy Corporation (Necsa). Cette mesure s’inscrit dans une politique de relance publique du programme nucléaire national, suspendu depuis plus d’une décennie.

Réouverture des laboratoires et relance des activités scientifiques

Le ministre de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa, a indiqué que cette décision permettrait la réouverture des laboratoires de développement du combustible nucléaire, fermés depuis l’arrêt du projet. Il a précisé que les scientifiques seront à nouveau mobilisés dans les travaux de recherche et développement, dans le but de repositionner l’Afrique du Sud au cœur du cycle du combustible nucléaire.

Conçu comme un réacteur à haute température de petite taille, le PBMR devait utiliser du combustible uranium-oxycarbure TRISO (Tri-structural Isotropic) encapsulé dans des sphères de graphite, avec l’hélium comme fluide caloporteur. Le projet avait été lancé en 1993 et structuré commercialement via la société PBMR Ltd en 1999. Cependant, en 2010, le gouvernement avait cessé de financer le programme, qui fut ensuite intégré à Eskom en 2012 et placé sous maintenance.

Objectif de rattrapage industriel après 16 ans d’arrêt

Le gouvernement prévoit désormais de combler un retard estimé à 16 années d’inactivité. Ramokgopa a déclaré que cette relance s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion nucléaire, soutenue par l’adoption récente d’un projet de Plan intégré des ressources énergétiques qui prévoit 5 200 MW de nouvelle capacité nucléaire.

En parallèle, l’État sud-africain va investir jusqu’à ZAR2.1bn ($123mn) dans la création d’un site centralisé de stockage intermédiaire pour le combustible usé, en appui aux installations existantes de Vaalputs, désormais sous la responsabilité de l’Institut national de gestion des déchets radioactifs (National Radioactive Waste Disposal Institute, NRWDI).

Stratégie régionale et développement du cycle du combustible

L’Afrique du Sud entend également renforcer sa participation dans l’ensemble du cycle du combustible, en explorant des partenariats avec des pays voisins pour l’enrichissement de l’uranium. Le gouvernement ambitionne ainsi de développer une chaîne de valeur nucléaire complète et maîtrisée au niveau régional.

Le directeur général du groupe Necsa, Loyiso Tyabashe, a salué le transfert comme un levier stratégique pour réactiver un actif scientifique et industriel jugé critique. Necsa prévoit de produire localement du combustible nucléaire et d’ouvrir la voie à des partenariats pour le développement de la technologie et de la propriété intellectuelle associée au PBMR.

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