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Le JKM double, exposant le Japon à une hausse de sa facture GNL

L'indice JKM a doublé depuis les tensions au Moyen-Orient, selon l'IEEFA, exposant le Japon à une hausse de ses coûts d'importation de GNL malgré sa stratégie de diversification.

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Le JKM double, exposant le Japon à une hausse de sa facture GNL

Secteurs Gaz, Gaz naturel, GNL
Thèmes Marchés & Finance, Prix
Sociétés Tokyo Electric Power Company, Chubu Electric
Pays Japon, Iran, Russie

Le Japon devrait faire face à une hausse de ses coûts d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL), selon un rapport de l'Institut pour l'analyse économique et financière de l'énergie (IEEFA). L'indice Japan-Korea Marker (JKM), référence de prix pour les cargaisons de GNL en Asie, a doublé depuis le début des perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d'Ormuz, reflétant un resserrement de l'offre mondiale et une concurrence accrue entre l'Asie et l'Europe pour les cargaisons disponibles. Ces tensions ont par ailleurs infligé 25 milliards de dollars de dommages aux infrastructures énergétiques mondiales, amplifiant les pressions sur les marchés du GNL.

Une exposition structurelle aux benchmarks mondiaux

Le Japon génère plus de 30% de son électricité à partir du GNL, ce qui l'expose directement aux fluctuations des prix internationaux. Le gouvernement indique que seulement 6% des importations nationales de GNL transitent par le détroit d'Ormuz et que le pays dispose d'environ trois semaines de stocks domestiques. Ces données s'inscrivent dans un contexte de surveillance accrue : l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déployé un outil de suivi des politiques énergétiques face aux tensions au Moyen-Orient. Selon l'IEEFA, cette diversification géographique des approvisionnements ne protège toutefois pas le Japon des chocs de prix : les coûts d'importation restent indexés sur les benchmarks mondiaux, quel que soit l'itinéraire d'acheminement des cargaisons.

L'historique récent illustre cette vulnérabilité. Entre 2021 et 2022, lors de la crise énergétique liée au conflit russo-ukrainien, la facture d'importation de GNL du Japon a bondi de 65% en dollars, alors même que les volumes importés reculaient de 3%. En yen, la hausse a atteint 98% en raison de la dépréciation de la monnaie nationale. Les volumes d'importation de 2025 restent inférieurs aux niveaux de 2021, tandis que les dépenses totales demeurent élevées.

Répercussions sur les tarifs d'électricité

La hausse des coûts du GNL s'est transmise au système électrique japonais. Sur le Japan Electric Power Exchange (JEPX), les prix de gros ont progressé de 0,074 $ (13,43 yens) par kilowattheure (kWh) en exercice fiscal (EF) 2021 à 0,112 $ (20,41 yens) en EF2022, avec des pics dépassant 0,36 $ (65 yens) lors des épisodes de volatilité. Les tarifs de détail ont suivi, les charges d'électricité pour les ménages augmentant de 20% en 2022.

Les factures mensuelles modélisées pour les clients de la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) sont passées de 36 $ (6 546 yens) en avril 2021 à 50 $ (9 126 yens) fin 2022, tandis que celles de la Kansai Electric Power Company ont progressé de 36,6 $ (6 499 yens) à 41 $ (7 497 yens). Les fournisseurs d'électricité font face à une pression renouvelée alors que les prix du GNL repartent à la hausse. TEPCO et Chubu Electric prévoient de répercuter les surcoûts d'approvisionnement sur leurs clients à partir d'avril 2026, alourdissant la facture annuelle des ménages de 95 $ (15 000 yens).

Impact macroéconomique et réponse budgétaire

Les chocs sur les prix de l'énergie ont pesé sur la position macroéconomique du Japon. Les importations de combustibles fossiles sont passées de 93 milliards de dollars (17 000 milliards de yens) en 2021 à 185 milliards de dollars (33 700 milliards de yens) en 2022, creusant le déficit commercial à plus de 110 milliards de dollars (20 000 milliards de yens). L'inflation des prix à la consommation a atteint 2,5% en 2022, se maintenant au-dessus de l'objectif de 2% de la Banque du Japon, à 3,2% en 2023 et en 2025.

Le rapport note qu'une hausse de 10 $ du prix du baril de brut élève l'inflation de 0,3 à 0,4 point de pourcentage. Le Brent est passé de 72 $ le baril le 27 février à 103 $ le 17 mars dans le cycle actuel, tandis que l'Iran a averti que les prix du pétrole pourraient atteindre 200 $ le baril. La dette publique japonaise s'établit à 235% du PIB, et les subventions énergétiques ont représenté 74 milliards de dollars (13 400 milliards de yens) entre 2022 et 2025. En février 2026, le gouvernement a approuvé un plan de soutien de 32 milliards de dollars (5 000 milliards de yens), incluant des mesures visant à stabiliser le prix de l'essence à 0,93 $ (170 yens) le litre. L'IEEFA indique que la diversification des approvisionnements en GNL ne supprime pas l'exposition aux chocs de prix mondiaux et avance que le déploiement accéléré des énergies renouvelables domestiques constituerait le principal levier de réduction de cette vulnérabilité à la volatilité des marchés.

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