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TotalEnergies récupère 928 millions de dollars en abandonnant l'éolien offshore américain

TotalEnergies et l'administration Trump ont signé un accord permettant au groupe de récupérer 928 millions de dollars investis dans deux concessions d'éolien offshore, réorientés vers le GNL et le pétrole.

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TotalEnergies récupère 928 millions de dollars en abandonnant l'éolien offshore américain

Pays citésÉtats-Unis, Norvège, Ukraine, Russie
Sociétés citéesTotalEnergies, Orsted, Equinor
SecteurGaz, Gaz naturel, GNL, Énergie Éolienne
ThèmeInvestissements & Transactions, Transfert d'Actifs Énergétiques

TotalEnergies et l'administration américaine ont signé lundi un accord de remboursement de près d'un milliard de dollars, compensant l'abandon des concessions d'éolien en mer du groupe français aux États-Unis. La signature est intervenue en marge de CERAWeek à Houston, au Texas, entre le secrétaire à l'Intérieur Doug Burgum et le PDG Patrick Pouyanné, qui a qualifié le dispositif d'accord "gagnant-gagnant". Ce dossier prolonge la décision du groupe de renoncer à l'éolien offshore américain pour réinvestir dans le GNL. Chaque dollar récupéré sera réinvesti dans des projets de gaz naturel liquéfié (GNL) et de production d'électricité, selon TotalEnergies.

928 millions de dollars de redevances remboursées

TotalEnergies avait acquis en 2022, pour 928 millions de dollars versés en redevances, deux concessions d'éolien offshore — l'une au large de New York, l'autre au large de la Caroline du Nord. Le groupe les avait mises en pause fin 2024, face à l'hostilité de l'administration Trump envers l'éolien en mer, un secteur qui, à l'échelle mondiale, a atteint 100 GW de capacités installées. Plutôt que d'engager des poursuites judiciaires, comme l'ont fait les groupes Ørsted et Equinor, Patrick Pouyanné a choisi de négocier directement avec Washington. "Avec cet accord, nous permettons à cette grande entreprise de rediriger ces dollars payés au Trésor vers une production fiable, sécurisée et à bon prix de gaz naturel et de pétrole", a déclaré Doug Burgum. "Cette administration croit aux réalités énergétiques, pas aux fantasmes climatiques", a-t-il ajouté.

L'administration Trump avait tenté de bloquer les cinq projets d'éoliennes offshore les plus avancés du pays au nom de la sécurité nationale, sans succès : la justice fédérale a permis leur continuation. Le projet Revolution Wind, au large du Rhode Island, a été achevé et fournit désormais de l'électricité au réseau. Les chantiers de Sunrise Wind et Empire Wind au large de New York, de Coastal Virginia Offshore Wind et de Vineyard Wind au large du Massachusetts se poursuivent. Patrick Pouyanné a estimé que, dans le contexte américain, "l'éolien en mer n'est pas le moyen le plus abordable de produire de l'électricité".

Rio Grande LNG et la stratégie d'exportation vers l'Europe

TotalEnergies entend accélérer notamment la construction de l'usine Rio Grande LNG, d'une capacité de 29 millions de tonnes, selon le groupe. La société se positionne comme le premier exportateur de GNL américain, avec 19 millions de tonnes exportées en 2025, représentant 18 % de la production nationale. Sur ce volume, 14 millions de tonnes ont alimenté le marché européen, dont les approvisionnements en gaz russe par gazoduc ont fortement diminué depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. TotalEnergies a par ailleurs signé un accord pour exporter 2 millions de tonnes par an du futur projet Alaska LNG sur une durée de 20 ans.

En 2025, les États-Unis représentaient 26 % des importations totales de gaz de l'Union européenne (UE) — GNL et par gazoducs —, derrière la Norvège. Patrick Pouyanné a souligné dans un communiqué que ces investissements contribueront "à apporter à l'Europe le GNL dont elle a besoin", mais aussi à "fournir du gaz" pour répondre aux besoins en électricité des data centers. TotalEnergies revendique par ailleurs le statut de 5e producteur d'électricité renouvelable aux États-Unis, avec 10 GW de capacités installées — solaire, éolien terrestre et batteries — et 20 GW en cours de développement.

Gaz