Israël relance l'exploitation du champ gazier Leviathan, suspendu depuis le début du conflit
Israël a annoncé la remise en service de la plateforme Leviathan, l'un des plus grands gisements gaziers de Méditerranée, suspendu par précaution face au risque de frappes de missiles depuis le début du conflit.
| Secteurs | Gaz, Gaz naturel, Pétrole, Exploration production |
|---|---|
| Thèmes | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
| Sociétés | NewMed Energy, Chevron, Ratio Energies |
| Pays | Israël, Égypte, Jordanie, Liban, Iran |
Le ministère israélien de l'Énergie a annoncé vendredi la remise en service de la plateforme Leviathan, dont l'exploitation avait été suspendue par précaution depuis le début de la guerre déclenchée fin février après une offensive israélo-américaine contre l'Iran. "À la suite des évaluations de la situation (...), il a été décidé à ce stade de remettre en service la plateforme Leviathan", indique le ministère dans un communiqué. La reprise intervient alors que les marchés mondiaux de l'énergie subissent des perturbations significatives, notamment en raison du contrôle exercé par l'Iran sur le détroit d'Ormuz. Israël aurait "relativement absorbé le choc" de ces répercussions, selon le ministère.
Un gisement aux réserves considérables en Méditerranée orientale
Découvert en 2010 et mis en exploitation en 2019, Leviathan abrite environ 600 milliards de mètres cubes de gaz naturel, ce qui en fait l'une des plus importantes réserves de la Méditerranée, selon NewMed Energy. La plateforme est localisée à environ 130 kilomètres au large d'Haïfa et constitue une source d'approvisionnement cruciale pour Israël, l'Égypte et la Jordanie. Elle est détenue à 45,34% par NewMed Energy (Delek Group), à 29,66% par le groupe américain Chevron et à 15% par Ratio Energies. Dans un contexte de recomposition des flux gaziers méditerranéens, l'Algérie et l'Espagne renforcent leur alliance gazière autour du gazoduc MedGaz, illustrant la densification progressive des corridors régionaux.
Tamar préservé, Karish maintenu à l'arrêt
Depuis le début des hostilités, Israël avait également suspendu l'exploitation du gisement offshore de Karish, tout en maintenant en activité celui de Tamar, situé plus au sud et plus éloigné de la frontière maritime avec le Liban. Avec une production d'environ 11 milliards de mètres cubes par an, Tamar couvre presque entièrement la consommation intérieure du pays, estimée entre 12 et 13 milliards de mètres cubes. Le gisement de Karish demeure à l'arrêt. Les dynamiques géopolitiques continuent de remodeler les flux énergétiques au-delà du Proche-Orient : la Hongrie va progressivement réduire ses livraisons de gaz à l'Ukraine, signalant de nouvelles reconfigurations sur les marchés continentaux.