Russie, le Gaz comme Moyen de Pression?

La Russie annonce la fermeture de Nord Stream 1 pour une durée indéterminée. La crainte d'une pénurie inquiète l'Europe qui cherche des alternatives.
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La Russie annule, le 2 septembre, la date limite de reprise des exportations vers l’Europe via le gazoduc Nord Stream 1. Moscou déclare avoir découvert, lors de la maintenance, un défaut. Cette situation aggrave ainsi les difficultés de l’Europe à s’approvisionner en gaz pour l’hiver.

Interruption de Nord Stream 1

La fermeture de Nord Stream 1 suscite des inquiétudes quant à une interruption prolongée de l’approvisionnement. L’arrêt des exportations depuis la Russie vers l’Allemagne pourrait provoquer de nouvelles hausses des prix du gaz en Europe. En outre, la Russie réduisait déjà les flux vers l’Europe via Nord Stream 1 à 20%.

Moscou affirme que les sanctions occidentales liées au conflit russo-ukrainien entravent la réparation des équipements. De son côté, l’Europe considère qu’il s’agit d’un prétexte pour réduire les exportations. Elle considère que la Russie utilise le gaz comme une arme politique, un argument que la Russie dément.

Une dépendance énergétique

L’Europe dépend de la Russie pour environ 40% de son gaz naturel, principalement acheminé par un ensemble de gazoducs. De fait, en Europe, un réseau interconnecté de gazoducs relie les marchés intérieurs du gaz. Toutefois, tous les pays ne reçoivent pas directement du gaz depuis la Russie.

L’Allemagne, premier acheteur de gaz russe en Europe, doit combler la chute des exportations en important depuis la Norvège. Les variations de l’approvisionnement russe peuvent entraîner une volatilité des prix du gaz en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe. Cependant, la Grande-Bretagne reçoit, généralement, moins de 4% de son gaz depuis la Russie.

Une répartition européenne

Les exportations de gaz depuis la Russie vers l’Europe enregistrent déjà une chute au cours des sept derniers mois. Ainsi, les flux des trois principaux tracés des gazoducs enregistrent une diminution d’approximativement 40% par rapport à la même période en 2021. En outre, Yamal fonctionne en sens inverse, l’Allemagne réexportant du gaz vers la Pologne, depuis le début de l’année.

Les flux via Nord Stream 1 et l’Ukraine, qui enregistraient déjà une baisse par rapport à l’année dernière, continuaient de baisser en mars. Cette nouvelle diminution des exportations de gaz depuis la Russie intervient après le déclenchement du conflit russo-ukrainien. Enfin, cette année, Moscou cessait les livraisons à la Bulgarie, la Finlande et la Pologne.

Répercussions sur les entreprises

La Russie cesse également les livraisons auprès des entreprises refusant de payer en roubles comme Orsted, Gasterra ou Shell. Toutefois, plusieurs sociétés comme Uniper, RWE ou Eni effectuent des paiements dans le cadre du nouveau régime russe. Ainsi, ces entreprises continuent de recevoir du gaz.

Cependant, des sociétés comme Uniper et RWE voient leur approvisionnement limité malgré le paiement en roubles. Dernièrement, le Français Engie se voit, le 30 août, notifier par Gazprom d’une limitation d’approvisionnement. En réaction, Paris accuse Moscou d’utiliser l’approvisionnement en gaz comme une arme de guerre.

Recherche d’alternatives

L’Union européenne a pour ambition de ne plus dépendre des combustibles fossiles russes d’ici à l’année 2027. Bruxelles continue de chercher des solutions de remplacement, notamment en augmentant les importations de GNL. Ainsi, les importations européennes de GNL s’accroissent d’environ 56% au cours du premier semestre 2022, comparé au premier semestre 2021.

Néanmoins, l’Europe dispose d’une capacité limitée pour recevoir du GNL. De plus, les préoccupations en matière d’approvisionnement s’aggravent suite à l’arrêt d’une importante usine d’exportation américaine appartenant à Freeport LNG. Le site pouvant exporter jusqu’à 15 millions de tonnes par an, hors service depuis juin, redémarrera qu’en novembre.

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