Masdar et EPCG explorent une coentreprise pour développer les énergies renouvelables au Monténégro
Le groupe émirati Masdar et l’électricien national monténégrin EPCG envisagent une coentreprise dédiée aux projets solaires, éoliens et hydroélectriques. L’accord, signé lors de l’Abu Dhabi Sustainability Week 2026, vise également l’export d’électricité vers les Balkans.
| Secteurs | Énergie Éolienne |
|---|---|
| Thèmes | Investissements & Transactions |
| Sociétés | Masdar |
| Pays | Émirats Arabes Unis, Grèce, Italie, Monténégro |
Abu Dhabi Future Energy Company PJSC, connue sous le nom de Masdar, et Elektroprivreda Crne Gore (EPCG), compagnie nationale d’électricité du Monténégro, ont annoncé explorer la création d’une coentreprise dédiée au développement de projets d’énergie renouvelable à grande échelle. La signature s’est tenue en présence du Dr Sultan Al Jaber, ministre de l’Industrie et de la Technologie Avancée des Émirats arabes unis et président de Masdar, du Premier ministre monténégrin Milojko Spajić, et d’Admir Šahmanović, ministre de l’Énergie et des Mines du Monténégro. Selon les termes de l’accord, les deux parties prévoient de développer, construire, posséder et exploiter des installations couvrant plusieurs technologies.
Un portefeuille technologique diversifié
Le périmètre envisagé comprend le solaire photovoltaïque, l’éolien, l’hydroélectricité, les systèmes de stockage par batterie autonomes et les solutions hybrides. Cette collaboration viserait à répondre aux besoins énergétiques domestiques du Monténégro tout en permettant l’exportation d’électricité renouvelable vers les Balkans et l’Europe du Sud-Est. L’accord prévoit de s’appuyer sur l’interconnexion sous-marine existante entre le Monténégro et l’Italie, ainsi que sur son éventuelle expansion.
Mohamed Jameel Al Ramahi, directeur général de Masdar, indique que ce partenariat combinerait l’expertise mondiale du groupe en développement de projets renouvelables avec les capacités locales d’EPCG. Selon lui, cette approche soutiendrait l’indépendance énergétique et la croissance économique du Monténégro et des Balkans. Le ministre Admir Šahmanović souligne que de tels partenariats stratégiques apporteraient non seulement une plus grande sécurité énergétique, mais également de nouveaux emplois et la modernisation du secteur énergétique national.
Sortie progressive du charbon en perspective
Les autorités monténégrines présentent cet accord comme une étape supplémentaire vers l’abandon progressif du charbon et la transition vers les énergies propres. Milutin Đukanović, président du conseil d’administration d’EPCG, évoque le contexte de mise en œuvre prochaine du mécanisme CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) pour justifier l’accélération des investissements dans le secteur énergétique. Selon lui, la coopération avec des partenaires internationaux de premier plan serait essentielle au développement rapide du secteur et au renforcement de la compétitivité nationale.
Zdravko Dragaš, directeur général d’EPCG, affirme que l’objectif commun serait de faire du Monténégro non seulement un pays capable de couvrir ses propres besoins de consommation, mais également un exportateur fiable d’énergie verte vers la région. Cette ambition reposerait sur les infrastructures existantes et la position stratégique du pays.
Une présence régionale renforcée
Cet accord s’inscrit dans le prolongement de l’accord de coopération énergétique signé entre les Émirats arabes unis et le Monténégro début novembre 2025. Masdar dispose déjà d’une présence au Monténégro via son investissement de 2018 dans le parc éolien de Krnovo, d’une capacité de 72 mégawatts, qui demeure à ce jour le plus grand projet éolien en exploitation dans le pays. Le partenariat avec EPCG complète également l’expansion de Masdar en Europe du Sud-Est et en Europe centrale, notamment à travers sa plateforme grecque TERNA ENERGY, acquise l’année dernière.
La capacité des deux partenaires à concrétiser ces ambitions dépendra des conditions réglementaires locales, des financements mobilisables et de l’évolution du marché énergétique régional.