Le Royaume-Uni verse 81 millions de dollars à Port Talbot pour l'éolien flottant
Le gouvernement britannique accorde 64 millions de livres sterling à Associated British Ports pour faire de Port Talbot le premier port dédié à l'éolien flottant de la mer Celtique, visant à débloquer 4,5 GW de capacité.
Le gouvernement britannique a accordé une subvention de 81 millions de dollars (64 millions de livres sterling) à Associated British Ports (ABP) pour transformer le port de Port Talbot, au pays de Galles, en premier pôle dédié à l'éolien flottant de la mer Celtique. Ces fonds doivent permettre à ABP de mener à bien les travaux de conception et d'ingénierie nécessaires à la construction du futur terminal portuaire. L'accord sur les conditions de financement reste soumis à l'avis obligatoire de l'Unité de conseil sur les subventions (Subsidy Advice Unit) et aux approbations gouvernementales finales.
Une capacité de 4,5 GW pour la mer Celtique
Selon le gouvernement, la nouvelle infrastructure permettrait de débloquer au moins 4,5 gigawatts (GW) de projets d'éolien flottant en mer Celtique, dont les fonds marins avaient été en grande partie attribués l'an dernier lors de la campagne de leasing organisée par The Crown Estate. Cette puissance serait, d'après le communiqué officiel, suffisante pour alimenter 6,5 millions de foyers britanniques. Le Royaume-Uni s'inscrit dans un mouvement international de développement de l'éolien offshore : Taïwan a récemment lancé une troisième phase de sélection portant sur 3,6 GW de capacités offshore.
ABP anticipe que le port, une fois opérationnel, permettrait de mobiliser plus de 635 millions de dollars (500 millions de livres sterling) d'investissements supplémentaires à Port Talbot et de soutenir des milliers d'emplois qualifiés. Henrik L. Pedersen, directeur général d'ABP, a qualifié l'accord de financement d'«étape déterminante» vers l'établissement de Port Talbot comme «pierre angulaire» de l'industrie éolienne flottante en mer Celtique, soulignant l'importance de capturer «l'ensemble des bénéfices économiques» de ce secteur émergent.
Port Talbot au cœur de la reconversion industrielle galloise
Port Talbot traverse une période de mutation industrielle profonde depuis la réduction des activités sidérurgiques de Tata Steel. Le gouvernement britannique indique avoir engagé 635 millions de dollars (500 millions de livres sterling) pour la construction d'un nouveau Four à Arc Électrique (FAE) sur le site de Tata Steel, assorti de 127 millions de dollars (100 millions de livres sterling) de soutien direct aux travailleurs de l'acier. Une enveloppe distincte de 155 millions de dollars (122 millions de livres sterling) est, selon le gouvernement, intégralement allouée à la formation des employés de Tata Steel et des entreprises locales.
Jo Stevens, secrétaire d'État pour le pays de Galles, a qualifié l'annonce de «moment significatif pour Port Talbot et un pas majeur pour l'industrie de l'énergie propre au pays de Galles». Le gouvernement prévoit que le projet génère jusqu'à 5 000 nouveaux emplois dans la région de Port Talbot et dans le sud du pays de Galles. Ed Miliband, secrétaire d'État à l'Énergie, a également évoqué le développement de petits réacteurs modulaires (PRM) à Wylfa comme autre pilier de la politique énergétique du gouvernement pour le pays de Galles.
L'éolien flottant, technologie adaptée aux eaux profondes
L'éolien flottant se distingue de l'éolien offshore conventionnel par l'installation des turbines en eaux profondes, où les vitesses de vent sont plus élevées et plus stables. Le gouvernement présente la mer Celtique comme offrant «certaines des meilleures conditions pour l'éolien flottant en Europe», en raison de ses caractéristiques bathymétriques et éoliennes. Ce type d'infrastructure nécessite des équipements portuaires spécifiques pour l'assemblage, la maintenance et le déploiement des structures flottantes, ce qui justifie, selon les autorités, l'investissement dans un port dédié.
Ce financement s'inscrit dans une stratégie industrielle plus large : le gouvernement britannique a publié une stratégie pour l'acier dotée d'un budget allant jusqu'à 3,17 milliards de dollars (2,5 milliards de livres sterling), avec pour objectif d'assurer 50 % de l'approvisionnement domestique en acier et de sécuriser le rôle de l'industrie sidérurgique dans des secteurs clés tels que l'infrastructure et la défense.