Les immatriculations de véhicules électriques triplent en mars en Nouvelle-Zélande
En mars, 3 108 véhicules électriques ont été immatriculés en Nouvelle-Zélande, soit plus du triple de février, portés par la flambée des prix de l'essence et du diesel liée au conflit au Moyen-Orient.
| Secteurs | Mobilité |
|---|---|
| Thèmes | Marchés & Finance, Prix |
| Sociétés | Tesla |
| Pays | Nouvelle-Zélande, Iran |
En mars 2026, la Nouvelle-Zélande a enregistré 3 108 immatriculations de véhicules électriques, soit plus du triple des 921 unités comptabilisées en février, selon l'Agence des transports de Nouvelle-Zélande. Cette progression intervient dans un contexte de forte hausse des prix des hydrocarbures qui pousse les consommateurs à reconsidérer leurs choix de mobilité. La flambée des carburants affecte plusieurs marchés : en France, TotalEnergies a prolongé le plafonnement des prix dans ses stations et le gouvernement a annoncé mobiliser les surplus fiscaux des carburants pour accélérer l'électrification. En Nouvelle-Zélande, le ministre des Transports Chris Bishop indique que les immatriculations depuis le début de l'année sont "supérieures de près de 2 000" à celles de la même période l'année précédente.
Un détroit stratégique bloqué, des carburants sous pression
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est bloqué de facto par l'Iran depuis les attaques israélo-américaines sur ce pays fin février. Cette perturbation d'un axe maritime stratégique a rapidement répercuté ses effets sur les marchés pétroliers internationaux. En Nouvelle-Zélande, le prix moyen de l'essence a augmenté de plus de 30 % en mars et celui du diesel de 74 %, selon les données gouvernementales. Ces chiffres illustrent l'ampleur du choc sur les consommateurs locaux.
"Il n'est pas surprenant de voir une certaine ruée vers les véhicules électriques", a déclaré Chris Bishop. "Les gens regardent le prix de l'essence et du diesel et se disent que c'est peut-être le moment de passer à une voiture plus propre, et je pense que cela va continuer", a-t-il ajouté. Le rapport coût-bénéfice du véhicule thermique se dégrade mécaniquement à mesure que les carburants fossiles s'apprécient, renforçant l'attractivité relative des motorisations électriques.
L'abandon du "clean car discount" n'inversera pas la tendance
Les ventes de véhicules électriques avaient reculé après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de droite en novembre 2023, qui avait supprimé le clean car discount. Ce dispositif accordait aux acheteurs une réduction pouvant atteindre environ 7 000 dollars néo-zélandais (3 463 €) pour l'acquisition d'un véhicule électrique. À l'inverse, les acheteurs de véhicules plus polluants devaient s'acquitter d'un supplément sous ce même régime. La suppression de cette aide avait freiné la demande, mais la hausse des carburants joue désormais un rôle incitatif naturel.
Chris Bishop a exclu tout rétablissement d'une aide publique à l'achat de véhicules électriques. "Ce n'est pas une utilisation raisonnable de l'argent des contribuables que de subventionner les personnes à hauts revenus pour qu'elles achètent des Tesla", a-t-il justifié. La reprise de mars repose donc sur un mécanisme de marché — la compétitivité économique du véhicule électrique face aux carburants fossiles — et non sur une politique fiscale incitative.