Les coupures à Nouakchott exposent les faiblesses du réseau électrique mauritanien

Nouakchott subit depuis plusieurs semaines de longues interruptions de courant, soulignant les limites financières et techniques de la Société Mauritanienne d'Électricité, alors que la Mauritanie ambitionne d'élargir l'accès et de verdir son mix à l'horizon 2030.

Partager:

Abonnez-vous pour un accès illimité à toute l'actualité du secteur de l'énergie.

Plus de 150 articles et analyses multisectorielles chaque semaine.

Votre 1ère année à 99€*

puis 199€/an

*renouvellement à 199€/an, annulation avant échéance.

De longues coupures de courant paralysent Nouakchott depuis la fin de juin, obligeant entreprises et foyers à suspendre leurs activités pendant plusieurs heures quotidiennes. Les interruptions, qui se prolongent parfois au-delà de six heures, mettent en évidence la fragilité du réseau de la Société Mauritanienne d’Électricité (SOMELEC). Selon Agence Ecofin l’a rapporté le quinze juillet, la capitale concentre plus de moitié de la demande nationale. La crise rappelle l’écart entre le potentiel énergétique du pays et la réalité opérationnelle sur le terrain.

Infrastructure vieillissante

Le Pacte national de l’énergie, lancé en deux mille vingt-deux dans le cadre de l’initiative Mission300, ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité de cinquante-cinq pour cent à 100 % d’ici 2030. Pourtant, Le360 a rapporté le quatorze juillet que la SOMELEC absorbe chaque année environ deux pour cent du produit intérieur brut en transferts publics. Ce poids a culminé à 3.2 % en 2019, signe d’un modèle économique difficilement soutenable. Faute d’investissements ciblés, la société peine à entretenir un parc thermique déjà vieillissant.

En 2023, la production mauritanienne a totalisé 1.66 TWh pour une puissance installée de six cent quinze MW, mais à peine cinq cent vingt MW étaient effectivement disponibles aux heures de pointe. Cette marge réduite laisse peu de place aux aléas techniques, d’où la fréquence croissante des délestages. Les pertes technico-commerciales approchent les 30 % du courant injecté, selon les données officielles. Les quartiers périphériques de Nouakchott, moins bien raccordés, sont les premiers touchés par ces fluctuations.

Poids financier

Le ministre de l’Économie Sid Ahmed Ould Bouh a déclaré que « l’offre actuelle reste insuffisante face à une demande en forte progression », propos repris par Saharamedias le douze juillet. L’État subventionne toujours l’achat de combustibles fossiles, limitant les marges de manœuvre budgétaires pour la modernisation du réseau. Les experts de la Banque mondiale estiment qu’une hausse annuelle de la demande de sept % pourrait entraîner des déficits de production supérieurs à cent mégawatts dès 2027. La dépendance aux hydrocarbures importés expose aussi la facture énergétique nationale aux variations des cours internationaux.

D’après le ministère du Pétrole, de l’Énergie et des Mines, la part des énergies renouvelables doit atteindre soixante-dix pour cent du mix d’ici 2030 grâce à l’éolien du désert et au solaire. Le même document prévoit de multiplier la capacité installée par 1.66, soit plus de mille MW à la fin de la décennie. Ces objectifs supposent la mise en service rapide du champ gazier offshore Grand Tortue Ahmeyim. Dans l’immédiat, les habitants de Nouakchott continuent de dépendre de centrales diesel dont la fiabilité décline.

Modernisation nécessaire

Les ingénieurs de la SOMELEC estiment qu’un remplacement prioritaire de deux cents kilomètres de câbles urbains réduirait les pertes de cinq points. Les bailleurs internationaux, dont la Banque islamique de développement, conditionnent toutefois leurs prêts à une baisse du déficit d’exploitation. Les retards de paiement des gros consommateurs publics aggravent la trésorerie de l’opérateur, créant un cercle vicieux entre sous-investissement et pannes. Tant que cette rénovation n’aura pas démarré, les délestages risquent de demeurer la norme pour la capitale.

Le Brésil démantèle un réseau criminel de 52 milliards BRL dans les carburants

Les autorités brésiliennes ont lancé une vaste opération ciblant un système de blanchiment lié au secteur des carburants, impliquant des fonds d’investissement, des fintechs et plus de 1 000 stations-services à travers le pays.

Le gaz naturel et le solaire bénéficient d’un large soutien aux États-Unis

Une étude nationale du cabinet Davies Group révèle que les Américains soutiennent massivement le développement simultané des énergies renouvelables et fossiles, avec un appui marqué pour le gaz naturel et l’énergie solaire.

Séoul impose une réduction de 25 % des capacités pétrochimiques pour stabiliser le secteur

Le gouvernement sud-coréen contraint dix groupes pétrochimiques à réduire jusqu’à 3,7 millions de tonnes de vapocraquage par an, assortissant ses aides financières et fiscales à des restructurations rapides et documentées.
en_1140200831540

Washington prolonge les ordres d’urgence pour renforcer le réseau électrique portoricain

Le Département de l’Énergie des États-Unis a prolongé jusqu’en novembre les mesures d’urgence permettant d’assurer la stabilité du réseau électrique de Porto Rico face aux risques de surcharge et de pannes récurrentes.

Modi défend l’autonomie énergétique indienne face à la pression tarifaire américaine

Sous la menace d’une hausse des droits de douane américains, New Delhi accélère sa stratégie d’indépendance énergétique pour réduire sa dépendance aux importations, notamment de pétrole russe.

Accord de 800 millions de dollars : Tsingshan déclenche une recomposition énergétique au Zimbabwe

Avec un nouvel accord d’investissement de 800 millions $, Tsingshan étend l’aciérie de Manhize et entraîne une demande énergétique de plus de 500 MW, forçant le Zimbabwe à accélérer sa stratégie électrique.
en_1140170831540

États-Unis : les BESS compensent le ralentissement solaire et éolien en 2025

Les capacités de stockage électrique américaines bondiront de 68% cette année selon Cleanview, compensant largement le freinage des projets solaires et éoliens sous l'administration Trump.

Panne électrique massive en Irak après la perte de 6.000 MW de capacité

Une panne généralisée a privé l’Irak d’électricité pendant plusieurs heures, affectant presque tout le pays en raison d’une consommation record liée à une vague de chaleur extrême.

Les États-Unis enquêtent sur les importations solaires d’Inde, d’Indonésie et du Laos

Washington lance des procédures antidumping contre trois pays asiatiques. Marges jusqu'à 190% identifiées. Décisions finales attendues en avril 2026 avec impacts majeurs sur les chaînes d'approvisionnement.
en_1140990846540

Les recettes pétrolières et gazières russes reculent de 27% en juillet 2025

Les revenus générés par le pétrole et le gaz en Russie ont enregistré une baisse marquée en juillet, exerçant une pression directe sur l'équilibre budgétaire du pays selon les chiffres officiels.

Les États-Unis franchissent deux pics historiques de demande d’électricité en juillet 2025

La consommation d’électricité américaine a atteint des niveaux sans précédent lors de la dernière semaine de juillet, portée par une vague de chaleur et la croissance d’activités industrielles.

New York Power Authority présente un plan de 7GW pour les investissements publics dans les énergies renouvelables

La New York Power Authority vise près de 7GW de capacité en dévoilant un plan incluant 20 projets renouvelables et 156 initiatives de stockage, marquant une nouvelle étape dans l’investissement public de l’État.
en_114050831540

La Guyane vise l’autonomie électrique avec une centrale biomasse de 120 MW dès 2026

La Guyane prévoit d’atteindre un mix électrique totalement décarboné d’ici 2027, portée par la construction d’une centrale biomasse et la progression des énergies renouvelables sur son territoire.

Ember : le retard des ambitions nationales freine le triplement mondial des renouvelables

La progression des objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables reste marginale, avec seulement 2% d’augmentation depuis la COP28, menaçant la réalisation du triplement des capacités d’ici 2030 et impactant la sécurité énergétique.

Le rapport du Department of Energy remet en question l’impact économique du CO2 et la portée des politiques climatiques américaines

Un rapport du Department of Energy affirme que les actions américaines sur les gaz à effet de serre auraient un impact mondial limité, tout en soulignant un écart entre les perceptions et les réalités économiques du réchauffement climatique.
en_1140320732540

Le marché des énergies renouvelables MENA atteindra 59,9 milliards USD en 2030 grâce à l’hydrogène et au solaire

Les investissements dans les énergies renouvelables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord devraient atteindre 59,9 milliards USD d’ici 2030, portés par les stratégies nationales, l’essor du solaire, de l’hydrogène vert et de nouveaux projets industriels régionaux.

Demande mondiale d’électricité en forte hausse jusqu’en 2026 malgré les tensions économiques

La demande mondiale d’électricité devrait croître de façon soutenue jusqu’en 2026, tirée par l’essor industriel, les centres de données, la mobilité électrique et la climatisation, avec un apport croissant des renouvelables, du gaz naturel et du nucléaire.

La demande d’électricité atteint 2 362 MW au Kenya, KenGen mise sur les renouvelables

Le Kenya enregistre un record historique de consommation électrique, porté par la progression industrielle et une forte contribution des centrales géothermiques et hydrauliques exploitées par la Kenya Electricity Generating Company PLC.
en_114030072043540

La demande énergétique industrielle européenne atteint un nouveau plancher en 2023

La consommation d’énergie finale du secteur industriel européen a diminué de 5% en 2023, atteignant un niveau inédit depuis trois décennies, avec un rôle croissant des énergies renouvelables dans certains segments clés.

France : RTE lance un débat public autour de 90 milliards € d’investissements réseau

Réseau de transport d’électricité prévoit un plan de modernisation à long terme de ses infrastructures. Un débat public national débutera le 4 septembre pour interroger les modalités, enjeux et conditions de mise en œuvre.

Connectez-vous pour lire cet article

Vous aurez également accès à une sélection de nos meilleurs contenus.

ou

Passez en illimité grâce à notre offre annuelle:
99€ la 1ère année, puis 199€ /an.