La Biomasse divise le Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, la biomasse est au cœur des débats alors que Kwasi Kwarteng a affirmé qu'elle n'était "pas durable".
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Le ministre britannique de l’Énergie Kwasi Kwarteng a affirmé jeudi dans un communiqué son soutien au recours à la biomasse par la compagnie d’électricité Drax, peu après avoir critiqué en privé ses pratiques “pas durables”, selon des propos rapportés par le FT.

Faire venir des granulés de bois de l’État américain de Louisiane, où se trouvent plusieurs sites de production de Drax, “n’est pas durable”, cela a “un coût financier et environnemental énorme” et “n’a aucun sens pour moi”, avait ainsi déclaré le ministre lors d’une réunion avec des députés britanniques, écrit le Financial Times jeudi.

Le Royaume-Uni n’en est toutefois “pas encore au point” de dire que “la biomasse ne fonctionne pas (…) et que nous devrions y mettre fin”, avait-t-il ajouté, d’après ces déclarations rapportées par le quotidien économique.

Le ministre a affirmé un peu plus tard dans un communiqué que “le gouvernement soutenait entièrement la biomasse pour fournir plus d’énergie en Grande-Bretagne”, annonçant le lancement jeudi d’une consultation sur les façons de soutenir cette filière.

Il s’agit notamment de “renforcer la sécurité énergétique” du pays, précise le communiqué, alors que la guerre en Ukraine a poussé Londres à faire évoluer sa stratégie en la matière.

L’exécutif, qui s’est engagé à ce que le pays atteigne la neutralité carbone en 2050, a ainsi récemment annoncé un renforcement du nucléaire, de l’éolien, du solaire, mais aussi des énergies fossiles en mer du Nord, pour réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures.

Drax exploite la plus grosse centrale à charbon du Royaume-Uni, située dans le Yorkshire, au nord de l’Angleterre, qui a amorcé il y a plus de dix ans sa conversion vers la biomasse, source d’énergie dont les écologistes contestent le caractère renouvelable.

Des ONG de défense de l’environnement ont lancé fin 2021 une procédure devant l’OCDE contestant des affirmations de Drax selon lesquelles l’énergie produite à partir de biomasse est “verte”.

Drax avait assuré à l’époque que les émissions liées à la combustion de biomasse sont compensées par des “émissions négatives” grâce à la capture et au stockage du carbone et que les forêts d’où provient le bois sont “stables ou en croissance”.

Selon le projet de l’énergéticien, le CO2 capturé à l’issue de la combustion des granules de bois doit être transporté dans un pipeline jusqu’à un site de stockage géologique situé sous la mer du Nord.

L’entreprise n’avait pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires de l’AFP, mais le patron de l’entreprise, Will Gardiner, s’est félicité sur Twitter de la consultation lancée par le gouvernement. Il a ajouté que l’entreprise projette d’investir 2 milliards de livres dans “le plus grand projet de capture de carbone au monde”.

Le centre de réflexion Ember relevait en mars que Drax avait reçu 893 millions de livres de subventions du gouvernement britannique en 2021.

Mais le caractère renouvelable de la biomasse est de plus en plus contesté et l’entreprise est en fait le principal émetteur individuel de ce gaz à effet de serre dans le pays, assure Ember.

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