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Kyowakiden Industry inaugure la deuxième usine osmotique mondiale à Fukuoka

La société japonaise Kyowakiden Industry a mis en service à Fukuoka la deuxième usine osmotique du monde, capable de générer jusqu'à 880 000 kWh par an pour un coût de 3,8 millions d'euros.

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Kyowakiden Industry inaugure la deuxième usine osmotique mondiale à Fukuoka

Secteurs Énergie Marine & Hydraulique, Énergie osmotique
Thèmes Innovation & Transformation, Innovation sectorielle
Sociétés Kyowakiden Industry
Pays Japon, Norvège, Arabie Saoudite

À Fukuoka, au sud-ouest du Japon, la société Kyowakiden Industry a mis en service en août 2025 la deuxième usine osmotique du monde, après une première installation en Norvège. L'installation, d'un coût de 700 millions de yens (3,8 millions d'euros), exploite le phénomène naturel d'osmose pour convertir en électricité le flux de molécules d'eau entre eau usée traitée et eau de mer concentrée. Une fois à pleine capacité, elle devrait générer jusqu'à 880 000 kilowattheures par an, soit l'équivalent de la consommation d'environ 300 foyers.

Un site façonné par les contraintes hydrologiques de Fukuoka

La ville de Fukuoka et sa région, qui comptent 2,6 millions d'habitants, s'appuient depuis 2005 sur une importante usine de dessalement pour produire de l'eau potable, en l'absence de grands fleuves. Kyowakiden Industry, dont le siège est à Nagasaki, a choisi ce site pour exploiter la saumure produite par cette installation — une ressource disponible en abondance locale. Le phénomène d'osmose repose sur le passage de molécules d'eau d'une solution peu salée vers une solution plus salée via une membrane perméable, un mouvement suffisamment puissant à grande échelle pour actionner une turbine et produire de l'électricité.

Pour l'heure, l'installation alimente uniquement le site de l'usine, ne couvrant qu'une infime partie de ses besoins énergétiques. Elle fera l'objet d'un test sur cinq ans pour évaluer ses performances, y compris les coûts, la maintenance des membranes et la résistance des composants exposés au sel. Les responsables reconnaissent que le coût de l'électricité produite reste « bien plus élevé » que celui des énergies fossiles ou des autres énergies renouvelables.

Un avantage météorologique face aux autres renouvelables

Aucune installation osmotique n'a encore été déployée à l'échelle d'un réseau électrique, et le pompage de l'eau consomme lui-même de l'énergie. Pourtant, responsables et experts soulignent un atout distinctif de la filière : contrairement au solaire ou à l'éolien, l'énergie osmotique ne dépend pas des conditions météorologiques. Les coûts élevés s'expliquent en partie par le caractère unique de l'installation, selon Tetsuro Ueyama, directeur de la recherche et développement (R&D) chez Kyowakiden Industry.

Ueyama anticipe une montée en puissance : si la technologie fait ses preuves, son entreprise prévoit de construire des installations « environ cinq à dix fois plus grandes que celle-ci ». Il envisage également des débouchés à l'export, notamment vers l'Arabie saoudite et d'autres pays du Moyen-Orient dotés d'importantes unités de dessalement. « Si la technologie de production d'énergie osmotique progresse au point de pouvoir être utilisée concrètement avec de l'eau de mer ordinaire, cela représenterait une contribution majeure dans la lutte contre le dérèglement climatique », a déclaré à l'AFP Kenji Hirokawa, responsable à l'usine de dessalement.

Une technologie cherchant à dépasser le cadre des estuaires

L'énergie osmotique était jusqu'ici surtout envisagée dans les zones d'estuaire, où l'eau douce des rivières rejoint l'eau de mer. La technique employée à Fukuoka élargit ce champ en exploitant la saumure issue du dessalement, ouvrant la voie à des applications dans des régions arides dotées de grandes unités de dessalement mais dépourvues de ressources hydrographiques abondantes. Kyowakiden Industry vise à terme l'utilisation d'eau de mer ordinaire pour produire de l'énergie osmotique, une ambition que ses dirigeants qualifient eux-mêmes de réaliste.

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