Danemark – Costa Rica: Future Alliance pour la Fin du Pétrole

Le Danemark et le Costa Rica tentent de forger une alliance visant à accélérer l'abandon du pétrole et du gaz.|Le Danemark et le Costa Rica tentent de forger une alliance visant à accélérer l'abandon du pétrole et du gaz.
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Le Danemark et le Costa Rica tentent de forger une alliance visant à accélérer l’abandon du pétrole et du gaz.

 

Le Danemark et le Costa Rica encouragent la fin du pétrole

Les deux pays tentent de former une alliance de pays prêts à fixer une date pour l’abandon progressif de la production de pétrole et de gaz. Selon les Ministres, cet accord viserait également à cesser d’accorder des permis pour de nouvelles explorations.

« Restreindre la production nationale de pétrole et de gaz conformément à ce qui est nécessaire pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris sera l’objectif central de la BOGA », indique un projet de règlement pour l’alliance, en référence au nom du groupe : Beyond Oil and Gas Alliance (BOGA).

L’une des principales tâches de la BOGA consisterait à fixer une date limite pour l’élimination progressive de la production pétrolière et gazière actuelle par les pays développés et en développement. Ceci dans le but de se conformer aux objectifs de l’Accord de Paris.

Mettre fin aux concessions pétro-gazière

Pour devenir membre à part entière de l’alliance, il faut réunir plusieurs éléments. Premièrement, promettre de mettre fin aux nouveaux cycles d’octroi de licences pour la production pétro-gazière sur leur territoire. Deuxièmement, éliminer progressivement la production existante.

En outre, certains pays pourraient devenir des membres de second rang s’ils ont pris des mesures pour limiter la production. De telles mesures pourraient inclure la fin du financement public de cette production à l’étranger. Voire la réforme des subventions aux combustibles fossiles.

Le Ministre danois du Climat et de l’Énergie, Dan Jorgensen, a déclaré que le Danemark était en discussion avec de nombreux pays. Il est revanche trop tôt pour dire combien d’entre eux rejoindraient l’alliance.

 

Le Danemark s’érige en modèle

Le Danemark est l’un des plus gros producteur de pétrole et de gaz. Mais le pays nordique a interdit l’an dernier toute nouvelle exploration pétrolière et gazière en mer du Nord. Il s’est aussi engagé à mettre fin à sa production existante d’ici à 2050.

« Très peu de pays ont pris de telles mesures et nous espérons que cette alliance sera remarquée et qu’elle incitera d’autres pays à la rejoindre », déclare M. Jorgensen.

De son côté, le Costa Rica n’a jamais extrait de pétrole. Il envisage quand même un projet de loi visant à interdire définitivement l’exploration des combustibles fossiles. Afin de s’assurer qu’aucun gouvernement futur ne le fera.

« Le Costa Rica représente l’engagement et la décision d’un pays en développement qui a la possibilité d’explorer, prend une décision courageuse et décide d’opter pour un autre modèle de développement et de s’engager dans l’économie du futur », déclare Andrea Meza, Ministre de l’Environnement du Costa Rica.

 

Peu de pays sont prêts à abandonner les fossiles

Il est peu probable que la BOGA atteigne les grands producteurs de pétrole et de gaz, tels que l’Arabie Saoudite ou la Russie. Leurs économies sont, pour l’heure, trop dépendante de la manne pétrolière. Mais l’objectif de la BOGA est en partie de redéfinir le leadership climatique.

Celui-ci se concentre en effet majoritairement sur la réduction des émissions. Or en parallèle, il limite rarement la production des combustibles eux-mêmes.

« Nous nous trouvons actuellement dans une situation paradoxale où de nombreux pays se sont engagés à devenir neutres en carbone, mais prévoient en réalité de continuer à produire du pétrole et du gaz », explique M. Jorgensen.

 

S’appuyer sur la France et l’Espagne ?

Par ailleurs, parmi les quelques pays qui ont pris des mesures pour interdire l’exploration et la production de combustibles fossiles, la France s’est engagée à le faire d’ici à 2040, et l’Espagne d’ici à 2042.

Les combustibles fossiles sont la principale source de réchauffement climatique. Pourtant, jusqu’à présent, aucune action gouvernementale collective n’a encouragé la fin de la production de pétrole et de gaz. Les progrès sont encore trop lents pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris visant à limiter la hausse des températures à 1,5°C. Ce qui, selon les scientifiques, nécessite que le monde atteigne la neutralité carbone d’ici à 2050. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, pour réaliser cet objectif, aucun nouvel investissement dans des projets de combustibles fossiles ne devrait voir le jour dans le monde.

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