Centrales à Charbon en Asie: les Racheter pour les Fermer

Les centrales à charbon asiatiques intéressent la Banque asiatique de développement et Prudential. Objectif : les racheter pour les fermer.|Les centrales à charbon asiatiques intéressent la Banque asiatique de développement et Prudential. Objectif : les racheter pour les fermer.
charbon

Les centrales à charbon sont parmi les infrastructures les plus émissives en carbone. En Asie, la Banque asiatique de développement et Prudential ont trouvé la solution : les acheter pour les fermer de manière anticipée. Ils espèrent ainsi encourager les investissements dans les énergies renouvelables. Un plan aux risques considérables.

 

Les centrales à charbon rachetées pour être fermées

La Banque asiatique de développement (ADB) et la société d’investissement anglaise Prudential coopèrent sur un plan d’envergure pour la transition énergétique. Les deux sociétés prévoient en effet de racheter plusieurs centrales au charbon en Asie, afin d’organiser leur fermeture anticipée. Elles devraient par la suite être remplacées par une production d’électricité renouvelable équivalente.

Un véhicule spécial doit être développé pour racheter les centrales de peut-être 10 pays asiatiques à revenu faible ou intermédiaire. Les régions qui disposent de centrales au charbon récentes ou prévoient d’en construire, sont prioritaires. La ADB mène actuellement des études de faisabilité en Indonésie, aux Philippines et au Vietnam. Le Pakistan et l’Inde sont également des destinations considérées.

 

$120 milliards d’investissement

Prudential évalue le prix moyen actuel de ces centrales à $1,4 million par MW. Cela nécessiterait donc un investissement de 120 milliards de dollars. Prudential exclut de ces calculs les énormes actifs de l’Inde dans le secteur du charbon. Ceux-ci, plus anciens, seraient potentiellement moins chers à acquérir.

En outre, les centrales les plus récentes ont une durée de vie opérationnelle restante estimée à plus de 30 ans. Le plan en cours d’élaboration prévoit de les exploiter pendant 10 à 15 ans, puis de les fermer.

Le projet, encore en planification, doit être présenté lors de la COP26, à l’occasion de la conférence des Nations unies sur le climat. Tenue à Glasgow en novembre 2021, les deux sociétés ambitionnent donc de conclure leur premier accord en 2022.

 

Un investissement financier complexe

La ADB et Prudential devraient conduire leur projet avec le soutien du gouvernement de chaque pays hôte. Une centrale rachetée, les deux entreprises encourageraient l’ancien propriétaire et les autres actionnaires à déplacer leur investissement dans l’énergie verte.

En particulier, les gouvernements et les banques de développement fourniraient des capitaux « concessionnels » sans retour financier direct. Le véhicule de la ADB emprunterait ensuite aux taux du marché auprès d’investisseurs institutionnels. Les capitaux seraient donc commercialisés sous forme d’obligations, le tampon « transition verte » augmentant leur attrait.

Dans l’hypothèse d’un effet de levier de 5 pour 1, cela représente une aide publique de $20 milliards. C’est un cinquième de ce que les pays développés promettent annuellement aux économies en développement.

Plusieurs investisseurs potentiels ont déjà donné leur accord verbal. La réduction considérable des rejets de CO2 et la création de nouveaux emplois dans les énergies renouvelables sont en effet très attractifs.

 

Des risques variés

Cela requiert cependant que la ADB, Prudential et les autres partenaires soient à l’aise avec divers risques. Les pays en voie de décarbonation ne doivent pas se retrouver avec des capacités énergétiques insuffisantes. En effet, des États paniqués remettant en service des centrales au charbon aurait l’effet inverse à celui recherché.

Entre-temps, le refus de financer le charbon est devenu la marque de fabrique des engagements de durabilité de nombreuses banques. Certains activistes pensent d’ailleurs qu’une élimination progressive sur 15 ans est trop lente. La ADB et Prudential pourraient donc être critiquées pour avoir fait des profits avec des obligations de transition.

Ainsi, la Banque asiatique de développement et Prudential coopèrent sur un projet complexe pour la transition énergétique en Asie. Si le projet possède un attrait considérable pour les investisseurs financiers, il s’ouvre également à des critiques virulentes. Il faudra donc attendre novembre 2021 pour voir quel lancement la ADB et Prudential sont capable d’opérer.

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