Séoul impose une réduction de 25 % des capacités pétrochimiques pour stabiliser le secteur

Le gouvernement sud-coréen contraint dix groupes pétrochimiques à réduire jusqu’à 3,7 millions de tonnes de vapocraquage par an, assortissant ses aides financières et fiscales à des restructurations rapides et documentées.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

La Corée du Sud a annoncé une restructuration d’ampleur dans son industrie pétrochimique. Le 20 août, les dix plus grands groupes du pays ont signé un accord avec le ministère de l’Industrie pour réduire leurs capacités de vapocraquage de 2,7 à 3,7 millions de tonnes par an, soit environ 25 % d’une capacité nationale estimée à 14,7 millions de tonnes. Cette décision vise à endiguer une crise provoquée par une offre excédentaire persistante et une chute des marges de production.

Le ministre des Finances, Koo Yoon-cheol, a indiqué que les entreprises devront soumettre des plans détaillés de restructuration avant la fin de l’année, tout en pressant les acteurs d’agir dès le mois prochain. Il a averti que les aides fiscales, financières et réglementaires seraient strictement réservées aux entreprises capables de prouver un effort de redressement substantiel, excluant tout soutien aux groupes qualifiés de « passagers clandestins ».

Une industrie sous pression face à la concurrence chinoise

La restructuration intervient alors que la Chine a augmenté ses capacités de vapocraquage à environ 36 millions de tonnes en 2024, contre 22 millions en 2017. Ce bond de production, soutenu par des politiques industrielles agressives, a réduit les importations chinoises de produits pétrochimiques coréens, qui représentaient encore 42 % des exportations de Séoul en 2019. Le prix spot de l’éthylène en Asie a chuté de 35 % entre 2021 et 2024, selon ICIS, réduisant significativement la rentabilité des acteurs coréens.

Le taux d’utilisation moyen des unités de craquage sud-coréennes a reculé à 74 % en 2024, contre plus de 90 % au cours de la décennie précédente. Les entreprises non intégrées dans le raffinage apparaissent particulièrement vulnérables à cette pression concurrentielle, dépendant davantage des fluctuations du marché mondial.

Des fusions et fermetures en préparation

À Daesan, Lotte Chemical Corp. et HD Hyundai Co. explorent un regroupement de leurs centres de vapocraquage, avec l’apport d’actifs industriels par HD Hyundai Oilbank. À Ulsan, SK Innovation Co. et Korea Petrochemical Ind. Co. étudient une réduction coordonnée de leurs capacités. À Yeosu, premier hub pétrochimique du pays, sept vapocraqueurs sont concentrés pour une seule raffinerie, incitant GS Caltex, LG Chem et Lotte Chemical à envisager une mutualisation de leurs opérations.

En parallèle, Yeochun NCC Co. (YNCC) a suspendu son vapocraqueur n°3 en août pour raisons de trésorerie. Bien qu’une fermeture définitive soit envisagée, un différend entre ses deux actionnaires principaux, DL Chemical et Hanwha Solutions, bloque une décision. Les analystes estiment qu’un arrêt isolé ne suffira pas à atteindre les objectifs gouvernementaux, rendant probables des fusions et consolidations plus larges.

Un risque financier majeur

Un rapport du Boston Consulting Group, commandité par la Korea Chemical Industry Association (KCIA), souligne que 48 % des entreprises pétrochimiques sud-coréennes présentent une situation de solvabilité fragile. Le ratio dette nette sur EBITDA du secteur a atteint 5,3 en 2024, un seuil considéré comme critique par les agences de notation. Selon le BCG, près de la moitié des producteurs pourraient faire défaut d’ici trois ans si la tendance se maintient.

Le gouvernement insiste donc sur la nécessité d’un ajustement rapide. La restructuration vise à éviter une vague de défaillances qui fragiliserait un secteur pesant 20 % des exportations industrielles du pays et employant directement environ 110 000 personnes.

Recentrage vers les spécialités chimiques

L’accord ne se limite pas à la réduction de capacités. Il inclut également un recentrage stratégique vers les produits à haute valeur ajoutée, tels que les polymères avancés et les spécialités chimiques destinées à l’automobile, à l’électronique et au biomédical. Ces activités exigent des investissements lourds en R&D, estimés entre 50 et 120 millions de dollars par projet selon le Korea Development Institute. Le gouvernement a annoncé la création d’un fonds spécifique via la Korea Development Bank pour appuyer les initiatives de reconversion.

Ce pivot impose une transformation organisationnelle profonde, passant d’un modèle basé sur le volume à un modèle centré sur la valeur et l’innovation. Il requiert également un repositionnement commercial, avec un renforcement des relations clients sur des segments plus techniques et différenciés.

Gestion sociale et territoriale de la transition

La réorganisation se concentrera sur les trois principaux pôles industriels : Yeosu, Daesan et Ulsan. Le ministère de l’Industrie envisage aussi la désignation de Seosan comme zone de crise industrielle, ce qui permettrait d’activer des aides publiques locales et des prêts garantis pour limiter les pertes d’emplois. Cette mesure vise à réduire les effets sociaux d’une restructuration jugée inévitable par les autorités.

La pression sociale reste forte, car le secteur représente un pilier de l’économie régionale dans plusieurs villes portuaires. Les syndicats réclament déjà des garanties sur l’emploi et la reconversion des travailleurs impactés.

Un repositionnement dans un marché mondial instable

Le plan sud-coréen s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la fin du supercycle pétrochimique observé entre 1992 et 2021. La demande se fragmente sous l’effet des tensions géopolitiques, du ralentissement démographique en Asie de l’Est et des impératifs climatiques. Le dérèglement climatique devrait notamment modifier la géographie de la demande, affectant davantage les économies vulnérables du Sud global.

Parallèlement, les technologies d’intelligence artificielle se développent dans le secteur. Plusieurs groupes coréens expérimentent l’IA pour optimiser la maintenance des unités, améliorer la gestion des chaînes d’approvisionnement et accélérer la mise au point de polymères recyclables. Si elles sont intégrées efficacement, ces innovations pourraient contribuer à accroître la compétitivité dans un environnement de plus en plus instable.

La France supprime l’Arenh et promet des prix de l’électricité stables jusqu’en 2027

Un nouveau cadre tarifaire s’appliquera dès janvier 2026 en France, remplaçant le dispositif Arenh. L’État affirme que cette réforme n’entraînera pas de hausse des factures pour la majorité des consommateurs.

France : les factures d’électricité resteront stables en 2026 malgré la fin de l’Arenh

Le ministère de l’Économie prévoit une stabilité des tarifs réglementés en 2026 et 2027 pour 19,75 millions de foyers, malgré la suppression du dispositif Arenh et l’instauration d’un nouveau mécanisme tarifaire.

L’Union française de l’électricité publie 50 mesures pour électrifier l’économie française

La fédération du secteur électrique propose un plan complet pour réduire la dépendance aux énergies fossiles en remplaçant leur usage dans les transports, l’industrie et le logement par de l’électricité produite localement.
en_114023221234540

Le gouvernement tchèque rejette l’ETS2 et alerte sur un désavantage face à la Chine et aux États-Unis

Le nouveau ministre tchèque de l’Industrie veut bloquer le futur système européen d’échange de quotas d’émissions, estimant qu’il nuit à la compétitivité et menace l’industrie nationale face aux puissances mondiales.

Le gouvernement tchèque prépare le rachat de CEZ dans une opération à $9.6bn

Plusieurs scénarios sont à l’étude pour reprendre le contrôle de CEZ, acteur clé de l’électricité en Tchéquie, avec une opération estimée à plus de CZK200bn ($9.6bn), selon le ministre de l’Industrie.

La France reporte à 2026 la publication de sa feuille de route énergétique

Le gouvernement reporte à début 2026 la publication de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l'énergie, freinée par des tensions politiques autour du partage entre nucléaire et renouvelables.
en_114018191239540

L’Indonésie vise $92bn pour verdir sa production électrique industrielle d’ici 2050

L’Indonésie prévoit $31bn d’investissements d’ici 2030 pour décarboner son électricité captive, mais reste entravée par sa dépendance au charbon et des incertitudes sur les financements internationaux.

Une frappe de drones coupe l’électricité à Khartoum et Port-Soudan, deux secouristes tués

Une attaque contre la station d’Al-Muqrin a paralysé une partie du réseau électrique soudanais, affectant plusieurs États et tuant deux secouristes lors d’une seconde frappe sur le site en feu.

La Bolivie met fin aux subventions sur les carburants pour contenir la crise monétaire

Le gouvernement bolivien supprime les subventions sur l’essence et le gazole, mettant un terme à un système en vigueur depuis vingt ans dans un contexte de tensions budgétaires et de raréfaction des devises.
en_1140261033540-1

Le régulateur polonais enquête sur des opérations suspectes avant l’annonce d’Orlen

Le gendarme financier polonais a lancé une procédure judiciaire sur des transactions douteuses liées à Energa, survenues juste avant l’annonce du projet de rachat total par Orlen.

Dalkia remporte la gestion du réseau de chaleur de Paris pour €15bn jusqu’en 2050

Le Conseil de Paris confie à Dalkia, filiale d’EDF, un contrat de €15bn sur 25 ans pour opérer le réseau de chaleur de la capitale, retiré à Engie, délégataire historique, dans un contexte politique tendu à l’approche des élections municipales.

La Norvège veut obliger ses opérateurs à se préparer à des sabotages multiples

Le régulateur norvégien de l’énergie propose une réforme imposant aux opérateurs de réseau électrique une capacité de réparation multi-sites face à des actes de sabotage simultanés, avec un surcoût annuel estimé de 100 à 300 NOK par foyer.
en_114017171226540

São Paulo pousse pour la fin de la concession d’Enel avant 2028

L’État de São Paulo a demandé la déchéance de la concession d’Enel Distribuição São Paulo, relançant les tensions entre pouvoirs locaux et régulateur fédéral sur fond d’enjeux politiques et énergétiques majeurs à trois ans de l’échéance contractuelle.

L’Arabie saoudite accorde un prêt de 60 millions USD pour le réseau électrique mauritanien

La Mauritanie obtient un financement saoudien pour construire un tronçon clé de la « ligne de l’Espoir », dans le cadre de son programme d’extension du réseau de transport d’électricité vers l’intérieur du pays.

Comment fonctionne RESourceEU, le plan européen de sécurisation des matières critiques

RESourceEU organise une intervention directe de l’Union européenne sur les matières critiques via stockpiling, achats groupés et restrictions d’export, afin de réduire la dépendance extérieure et de sécuriser les chaînes industrielles stratégiques.
en_114014141235540

La France ouvre la dernière phase de consultation de sa stratégie bas-carbone 2050

La troisième Stratégie nationale bas-carbone entre en phase finale de consultation avant son adoption en 2026, définissant la trajectoire française de réduction des émissions jusqu’en 2050 avec des objectifs sectoriels et industriels chiffrés.

Berlin relève les revenus autorisés des réseaux électriques à partir de 2029

L’Allemagne autorisera une hausse d’au moins 1,4 % des revenus de ses opérateurs de réseaux à partir de 2029, tout en renforçant les exigences d’efficacité dans un compromis destiné à débloquer les investissements sans alourdir excessivement les tarifs.

La surcapacité électrique française force une révision stratégique avant fin décembre

Face à un excédent structurel d’électricité, le gouvernement s’engage à publier une nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie d’ici Noël, alors que l’alignement entre offre, demande et investissements devient un enjeu industriel et budgétaire majeur.
en_114099991235540-2

Les divisions sur les énergies fossiles bloquent l’adoption d’un rapport de l’ONU

Un rapport scientifique majeur du Programme des Nations unies pour l’environnement n’a pas été validé par les États membres, en raison de désaccords profonds sur les énergies fossiles et d’autres sujets sensibles.

RTE appelle à une électrification accélérée pour réduire la dépendance aux fossiles

RTE alerte sur le retard de la France dans l’électrification des usages, pourtant essentielle pour limiter les importations d’hydrocarbures et soutenir sa stratégie de réindustrialisation.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.