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Petrofac place sa holding sous administration après la rupture d’un contrat clé

La rupture d’un contrat stratégique avec le gestionnaire de réseau néerlandais TenneT a précipité la mise sous administration de la société mère du groupe Petrofac, ravivant les tensions avec ses créanciers.

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Petrofac place sa holding sous administration après la rupture d’un contrat clé

Secteurs Gaz, Énergie Éolienne, Pétrole, Offshore, Exploration production, Exploration production
Thèmes Risques & Événements, Faits Divers
Sociétés TenneT, Petrofac, BP, Shell
Pays Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis

Le groupe de services énergétiques Petrofac a déclenché une procédure d’administration visant exclusivement sa société holding, fragilisé par l’échec d’une opération de refinancement soutenue par ses créanciers obligataires. Le groupe a précisé que ses opérations commerciales, notamment en mer du Nord, se poursuivraient normalement.

La résiliation d’un contrat éolien ravive les tensions

Cette procédure intervient à la suite de la rupture d’un contrat majeur dans l’éolien offshore avec le gestionnaire néerlandais de réseau TenneT. Ce projet, considéré comme un pilier de la stratégie de redressement du groupe, devait permettre de stabiliser sa situation financière. Sa suppression a mis en échec les discussions menées avec un groupe ad hoc de porteurs d’obligations et aggravé les tensions internes sur les priorités de restructuration.

Dans un communiqué, Petrofac a précisé que cette mise sous administration est limitée à sa holding, laissant ses filiales opérationnelles en dehors de la procédure. La direction affirme travailler en coordination avec les administrateurs désignés afin de préserver la valeur du groupe, ses capacités opérationnelles et la continuité de ses contrats.

Des désaccords entre actionnaires et créditeurs

Les discussions engagées depuis plusieurs mois avec les créanciers, en particulier ceux détenant les obligations à haut rendement du groupe, n’ont pas permis de dégager un accord clair. Petrofac mentionne néanmoins que ses partenaires bancaires continuent d’étendre les échéances de prêt à court terme. Cette divergence entre les différentes parties prenantes, notamment entre le groupe d’obligataires et les prêteurs seniors, a rendu difficile toute avancée coordonnée.

L’ancienne entreprise cotée au FTSE 100 a vu sa valeur chuter de £6bn ($9bn) en 2012 à seulement £20mn ($26.7mn) avant la suspension de ses titres en mai dernier. À cela s’ajoutent une enquête du Serious Fraud Office (SFO) et plusieurs avertissements sur résultats, qui ont détérioré sa crédibilité financière auprès de ses partenaires.

Un impact sur l’écosystème industriel de la mer du Nord

Fondée au Texas en 1981, Petrofac s’est imposée comme un acteur clé des services techniques dans les secteurs du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables. Elle travaille notamment avec BP et Shell sur des plateformes en mer du Nord. Son implantation au Royaume-Uni, répartie entre Aberdeen, Londres, Woking et Great Yarmouth, reste opérationnelle selon les déclarations officielles.

La Chambre de commerce d’Aberdeen et de Grampian a fait part de ses préoccupations face à l’annonce, soulignant les risques pour la chaîne d’approvisionnement régionale. Le directeur général Russell Borthwick a déclaré que « des milliers d’emplois qualifiés » dépendent de sociétés comme Petrofac, dont la position au croisement des secteurs pétrolier et renouvelable en fait un acteur stratégique.

Le Département britannique de la sécurité énergétique et de la neutralité carbone a confirmé que les activités britanniques de Petrofac se poursuivaient normalement. Le gouvernement entend collaborer avec les entités locales du groupe afin d’assurer leur stabilité à court terme dans un contexte opérationnel incertain.

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