Le secteur pétrolier en mer du Nord fait face à une hausse inédite de la fiscalité, désormais portée à un taux global de 78 %. Les entreprises concernées pointent du doigt la Taxe sur les bénéfices exceptionnels (Energy Profits Levy), relevée récemment à 38 %. Cette mesure a prolongé la période d’imposition jusqu’en 2030, suscitant des inquiétudes sur la rentabilité des projets d’extraction. Selon plusieurs opérateurs, l’environnement fiscal actuel pourrait accélérer le retrait de certains acteurs.
Impact sur l’investissement et l’emploi
D’après Offshore Energies UK (OEUK), l’alourdissement de la fiscalité menace des milliers d’emplois et pourrait entraîner une perte de plusieurs milliards de livres sterling en recettes publiques. Certaines compagnies envisagent de réduire leurs opérations ou de transférer leurs investissements vers d’autres régions jugées plus stables. Les incertitudes liées aux permis d’exploitation et aux litiges juridiques freinent également la mise en œuvre de nouveaux projets en mer du Nord. Plusieurs experts affirment que cette situation influence le planning stratégique de nombreux groupes pétroliers.
NEO Energy, qui possède plusieurs actifs offshore, a déjà annoncé un ralentissement de ses investissements afin d’évaluer l’impact financier des récentes mesures gouvernementales. Certains responsables de l’industrie estiment que la prolongation de la fiscalité exceptionnelle pourrait dissuader toute expansion future dans la région. L’augmentation des coûts opérationnels, combinée à une réglementation incertaine, exerce une pression sur la planification à long terme. De multiples acteurs redoutent une baisse significative de la production nationale, suscitant des questions sur la sécurité énergétique.
Réactions et perspectives
Des sources sectorielles indiquent que le gouvernement entend encourager la transition énergétique, tout en maintenant la production pétrolière pour assurer un approvisionnement stable. Cependant, les nouvelles règles fiscales n’incluent pas d’incitations jugées suffisantes par plusieurs industriels pour équilibrer l’augmentation de la charge d’imposition. Certains opérateurs considèrent l’option de céder leurs actifs, estimant que le contexte actuel favorise un désengagement à moyen terme. Cette conjoncture soulève la possibilité d’une dépendance accrue aux importations, avec d’éventuelles répercussions sur les coûts et la stabilité du marché intérieur.