Nouveau revers pour TEPCO à Kashiwazaki-Kariwa à 48h d’un feu vert politique crucial

Un incident de gestion de documents de sécurité à la centrale nucléaire relance les doutes sur TEPCO alors qu’une décision décisive sur le redémarrage des réacteurs 6 et 7 est attendue à Niigata.

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La Nuclear Regulation Authority (NRA), autorité japonaise de sûreté nucléaire, a signalé une mauvaise gestion de documents sensibles à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, opérée par Tokyo Electric Power Company Holdings (TEPCO), à seulement 48 heures d’un vote politique attendu à Niigata sur le redémarrage partiel du site. Cet incident fait resurgir les critiques sur la culture de sûreté de l’énergéticien, déjà sanctionné en 2021 par une interdiction d’exploitation sur ce même site.

Un passif lourd dans un moment stratégique

Kashiwazaki-Kariwa est le plus grand complexe nucléaire au monde avec sept réacteurs totalisant environ 8 GW de capacité. Depuis 2012, le site est resté à l’arrêt. Bien que la NRA ait levé fin 2023 l’interdiction administrative sur les mouvements de combustible, elle avait conditionné toute reprise à des inspections renforcées. Le gouverneur de Niigata, Hideyo Hanazumi, s’apprête à autoriser le redémarrage des réacteurs 6 et 7, représentant 2,7 GW, sous réserve d’un vote de l’assemblée préfectorale.

L’affaire concerne une série d’erreurs documentaires, notamment la remise de données classifiées à un sous-traitant, selon les déclarations de la NRA. Ce maillon sous-traitant, désormais identifié comme critique, pourrait faire l’objet de nouvelles obligations contractuelles et de contrôles accrus. Le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) reste favorable à une relance du nucléaire pour réduire la dépendance au gaz naturel liquéfié (GNL) et atténuer les coûts de l’électricité.

Impact sur les marchés et enjeux pour l’industrie

Sur les marchés financiers, l’action TEPCO a enregistré une baisse sans effondrement, les investisseurs interprétant l’incident comme un risque de report plutôt que d’annulation du redémarrage. Le retour en production des deux unités pourrait améliorer les résultats annuels de l’énergéticien d’environ JPY100bn ($665mn), grâce à une réduction des importations fossiles. Cette relance pourrait aussi peser sur la demande de GNL, en particulier sur les marchés spot en Asie du Nord-Est.

À court terme, un retard dans la mise en service favoriserait les cash-flows des activités non nucléaires et les compensations publiques. Toutefois, une absence de redémarrage pénaliserait les ambitions stratégiques de TEPCO, dont la valorisation dépend fortement de la réactivation de ses actifs nucléaires. Pour les industriels de la région de Tokyo, la relance constitue une opportunité de stabilisation des tarifs régulés.

Répercussions réglementaires et réputationnelles

La NRA pourrait imposer des injonctions supplémentaires, voire des ordres administratifs lourds si l’enquête révèle des failles systémiques. L’incident constitue une violation directe des obligations issues de la loi japonaise sur la protection des matières nucléaires et des standards de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Toutefois, aucun élément ne suggère de compromission externe, ce qui rend peu probable une enquête pénale à ce stade.

Sur le plan de la gouvernance, la NDF (Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corporation), actionnaire public majoritaire, pourrait accentuer la pression sur TEPCO pour renforcer ses dispositifs de contrôle interne. Le METI pourrait également exiger un reporting élargi et des audits indépendants. La crédibilité politique du redémarrage dépendra aussi du ton adopté par Hanazumi et l’assemblée de Niigata.

Conséquences géopolitiques et enjeux futurs

Le cas Kashiwazaki-Kariwa reste central dans la stratégie japonaise de réduction des importations énergétiques, en particulier du GNL russe et moyen-oriental. Un nouveau blocage prolongerait la dépendance japonaise à ces sources, soutenant durablement les prix régionaux. À l’international, l’affaire sera suivie de près par les partenaires du G7, alors que le Japon cherche à repositionner le nucléaire comme outil de décarbonation.

La question clé pour TEPCO reste sa capacité à démontrer un changement profond dans sa culture de sûreté. La pression croissante sur les sous-traitants, la formation, et la gestion documentaire suggère une évolution des priorités vers une sécurisation procédurale renforcée. Le succès du redémarrage conditionnera à la fois la crédibilité énergétique du Japon et les perspectives d’investissements à long terme dans le nucléaire national.

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