Newcleo engage des discussions réglementaires avec la NRC pour ses réacteurs SMR
Newcleo, basée en France, a entamé les premières interactions formelles avec le régulateur américain NRC pour ses technologies de réacteur rapide au plomb et de fabrication de combustible MOX.
| Pays cités | États-Unis, France |
|---|---|
| Sociétés citées | Newcleo, Oklo, Orano |
| Secteur | Énergie Nucléaire, SMR |
| Thème | Régulation & Gouvernance, Réglementation |
Newcleo, entreprise nucléaire basée en France, a entamé des interactions précoces avec la Nuclear Regulatory Commission (NRC), le régulateur nucléaire américain, après avoir soumis une lettre d'intention le 23 février. Ces échanges visent à familiariser les équipes de la NRC avec les conceptions des installations proposées et les approches de sûreté, pour le réacteur rapide refroidi au plomb (LFR, Lead-cooled Fast Reactor) comme pour l'installation de fabrication de combustible mixte uranium-plutonium oxyde (MOX). Ces discussions participent également à l'élaboration des plans réglementaires et à la planification des ressources et du budget de l'agence, indique la société. Newcleo précise poursuivre les licences NRC nécessaires "pour le développement du LFR et de l'installation de fabrication de combustible, ainsi que pour la possession, l'utilisation et le transport des matières nucléaires associées".
Un partenariat transatlantique avec Oklo autour du combustible avancé
L'installation de fabrication MOX s'inscrit dans un partenariat stratégique annoncé en octobre 2025 entre Newcleo et Oklo. Oklo développe ses centrales Aurora à réacteur rapide refroidi au sodium, tandis que Newcleo conçoit des petits réacteurs modulaires (SMR) refroidis au plomb, destinés à fonctionner avec du combustible nucléaire retraité. En octobre, les deux entreprises ont signé un accord pour développer des infrastructures avancées de fabrication et de production de combustible aux États-Unis. Cette démarche illustre l'importance stratégique croissante du retraitement, dans un contexte où la France avance sur la fermeture de son propre cycle nucléaire.
"Notre engagement précoce avec la NRC permet un dialogue structuré et transparent couvrant à la fois les installations de fabrication de combustible et les réacteurs LFR", a déclaré Stefano Buono, fondateur et directeur général de Newcleo. "Ce processus est essentiel pour garantir que nos futures demandes soient alignées avec les exigences de la NRC dès le départ." La société indique vouloir établir "un calendrier d'autorisation clair pour ses projets américains", incluant les infrastructures avancées de fabrication de combustible nucléaire prévues en partenariat avec Oklo.
Un projet MOX ancré en France, une échéance fixée à fin 2026
Sur le plan industriel, Newcleo prévoit d'investir directement dans une usine MOX pour alimenter ses réacteurs LFR. Le combustible serait produit à partir de matières nucléaires récupérées par le retraitement de combustible usé. En juin 2022, la société avait contracté le français Orano pour des études de faisabilité sur l'établissement d'une installation de production MOX. L'industrie nucléaire mondiale attend 2026 comme une année charnière pour plusieurs technologies avancées, et Newcleo ne fait pas exception à cette tendance.
En juillet dernier, la société avait reçu un avis favorable du conseil du département de l'Aube, dans l'est de la France, pour la cession d'une parcelle dans le secteur Nogentais, susceptible d'accueillir l'installation de fabrication de combustible MOX. Newcleo indiquait alors viser le dépôt des demandes d'autorisation de construction pour cette installation et un réacteur de démonstration en France d'ici fin 2026. L'engagement réglementaire aux États-Unis, combiné aux avancées foncières en France, traduit une stratégie de déploiement transatlantique, à mesure que le secteur des SMR gagne en visibilité sur les marchés internationaux.










