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Neoen et Engie attendent l’État pour relancer leur centrale solaire géante

Le projet photovoltaïque Horizeo, de 800 MW sur 680 hectares en Gironde, attend une autorisation gouvernementale liée à l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) pour débloquer ses permis déposés début 2024.

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Neoen et Engie attendent l’État pour relancer leur centrale solaire géante

Secteurs Énergie Solaire, Photovoltaïque
Thèmes Développement de projets, Permis et autorisations
Sociétés RTE, Banque des Territoires, Engie, Neoen
Pays France

Les groupes énergétiques français Neoen et Engie ont déposé fin février 2024 leurs demandes de permis pour construire la centrale solaire Horizeo, un projet d’une capacité prévue de 800 mégawatts (MW) situé sur environ 680 hectares de forêt dans le département de la Gironde. D’un coût estimé à 600 millions d’euros, Horizeo est financé majoritairement par Engie à hauteur de 60 %, dont 90 % apportés par Engie elle-même et 10 % par la Banque des Territoires, tandis que Neoen porte les 40 % restants. Le modèle économique du projet repose principalement sur des contrats d’achat direct d’électricité, dits Power Purchase Agreements (PPA), sans recours à des subventions publiques. Le calendrier initial prévoit une mise en service d’ici 2028, conditionnée à la levée des obstacles administratifs actuels.

Contraintes réglementaires liées au ZAN

Le projet Horizeo, conçu avant l’entrée en vigueur de nouvelles contraintes réglementaires limitant les parcs solaires à une surface maximale de 25 hectares en milieu forestier, se heurte à l’objectif national du Zéro Artificialisation Nette (ZAN), en vigueur depuis août 2021. Cette politique nationale vise à réduire l’impact des nouveaux projets sur les terres naturelles, ce qui freine actuellement la validation finale du projet. Pour progresser, les porteurs du projet attendent donc une clarification ou une dérogation explicite de la part des autorités nationales.

Débat public et révision du projet

Entre septembre 2021 et janvier 2022, une large concertation publique organisée sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a permis d’ajuster le périmètre initial du projet. À l’origine prévu pour couvrir jusqu’à 1000 hectares et atteindre une puissance d’un gigawatt (GW), Horizeo a été réduit à sa taille actuelle de 680 hectares et 800 MW. Les modifications ont également mené à l’abandon d’activités complémentaires initialement prévues, telles qu’un centre de données, un électrolyseur pour la production d’hydrogène vert et des capacités de stockage électrique.

Aménagement agricole et gestion du risque incendie

Le projet prévoit une composante agrivoltaïque sur huit hectares, permettant une cohabitation entre production agricole et panneaux solaires. De plus, un plan de reboisement sur des parcelles agricoles abandonnées est prévu afin de compenser la perte forestière. Pour répondre aux préoccupations locales, les maîtres d’ouvrage ont réalisé des études spécifiques sur la prévention des incendies, incluant des dispositifs de sécurité adaptés comme des bandes de débroussaillement et des zones tampons afin de réduire le risque d’incendie.

Opposition locale et préoccupations environnementales

Le projet Horizeo suscite cependant de vives oppositions locales, notamment de la part de syndicats agricoles et sylvicoles, de chasseurs ainsi que d’associations environnementales. Ces acteurs dénoncent principalement un risque accru d’incendie et d’inondation, ainsi qu’un potentiel accaparement de terres forestières. La municipalité de Saucats, située au cœur du projet, souligne aussi des incertitudes concernant les conséquences écologiques précises de la déforestation.

La finalisation du projet Horizeo reste donc suspendue à une décision gouvernementale concernant le ZAN. Cette situation pourrait inviter les acteurs économiques à considérer attentivement les implications de la régulation foncière sur les grands projets énergétiques en France.

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