Marché du Pétrole: Croissance des Échanges Sino-Iraniens

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Le marché du pétrole entre l’Iran et la Chine ne s’est pas arrêté ces derniers temps. Mieux encore, les échanges se sont intensifiés. La plupart de manière indirecte, le pétrole transitant par Oman, les Émirats Arabes Unis ou la Malaisie. En attendant les pourparlers entre Joe Biden et Hassan Rohani, ni l’Iran ni la Chine n’assument entièrement leur entente sur le pétrole.

 

Marché du pétrole : l’Iran continue ses échanges avec la Chine

Le marché du pétrole a connu, durant ces 14 derniers mois, des échanges sino-iraniens. Ainsi, l’Iran a transporté environ 17,8 millions de tonnes de pétrole brut vers la Chine. Soit 306.000 barils par jour. Et ces exportations ont atteint des niveaux sans précédent en janvier et février 2021. Les statistiques douanières chinoises indiquent notamment une augmentation de 4%, comparé à la même période en 2020.

 

Des échanges quasi-secrets

Pour l’heure, environ 75 % sont des importations « indirectes » de pétrole. Ces volumes ont transité par Oman, les Émirats Arabes Unis ou la Malaisie. En février, les arrivées d’expéditions indirectes auraient atteint près de 850.000 b/j.

Selon Refinitiv, les 25 % restants ont été marqués comme des achats officiels pour les réserves stratégiques de pétrole de la Chine. En outre, la plupart des flux sont difficiles à tracer.

 

Des flux pratiquement intraçable

Selon Emma Li, analyste des flux bruts chez Refinitiv, les pétroliers transportant du pétrole iranien éteindraient leurs transpondeurs lors du chargement. Mais ils deviendraient traçables via des satellites à proximité des ports d’Oman, des Émirats arabes unis et de l’Irak. De plus, certains transfèrent une partie de leur cargaison à d’autres navires près de Singapour ou de la Malaisie avant de naviguer vers la Chine.

Cependant, toujours selon son expertise, la province du Shandong est la première région réceptrice. Ce qui indique que les usines indépendantes en sont les principaux consommateurs.

 

Une coopération sino-iranienne raisonnable et légitime ?

La Chine n’a pas souhaité commenter directement les transactions pétrolières. Mais le Bureau du porte-parole du ministère chinois des Affaires Étrangères a parlé d’échanges et de coopération normaux. Pour le pays, cette coopération, dans le cadre des lois internationales, serait à la fois raisonnable et légitime.

La National Iranian Oil Company (NIOC) a également refusé tout commentaire. Mais un responsable du ministère du pétrole iranien a déclaré :

Lorsque les sanctions injustes des États-Unis seront levées, l’Iran pourra vendre son pétrole à n’importe quel pays, et je peux vous assurer que de nombreux contrats seront signés.

Selon une source de Reuters, malgré les sanctions l’Iran semble refaire surface. Ces échanges sont donc une lueur d’espoir pour l’économie iranienne dans un contexte de pandémie qui complique d’autant plus la situation.

 

La pression économique américaine pousse l’Iran vers la Chine

Récemment, le Président américain a cherché à relancer les pourparlers avec l’Iran concernant l’accord sur le nucléaire (JCPOA). Et ce, dans un contexte de pressions économiques américaines impactant le marché du pétrole iranien. Téhéran insiste donc pour qu’elles soient levées avant la reprise des négociations.

Ces sanctions avaient effectivement entraîné une chute brutale des exportations iraniennes vers la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud depuis fin 2018. Pourtant, le continent asiatique reste le premier marché mondial du pétrole et plus de la moitié de ses importations proviennent du Moyen-Orient.

La NIOC s’est donc récemment rapprochée de ses clients asiatiques et notamment de la Chine. En évaluant la demande de pétrole brut oriental, l’Iran souhaite lutter contre l’unilatéralisme américain. De fait, la collaboration Iran-Chine permet à Téhéran de contourner les sanctions américaines.

Petro-Logistics a également déclaré que les charges de pétrole iranien en janvier ont dépassé 600.000 b/j. Une première depuis mai 2019. Cela suppose donc que la fin du mandat de Donald Trump et l’accession à la Maison Blanche de Joe Biden pèse sur le comportement des acheteurs.

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