Le Traité sur les Déchets Plastiques divise

La négociation d'un traité international de lutte contre les déchets plastiques est de nouveau d'actualité. Les États semblent plus que jamais divisés sur la stratégie à adopter.
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Afin de lutter contre les déchets plastiques, les États-Unis réclament l’émergence d’une coalition priorisant les actions au niveau national. Cette initiative fait suite à la divulgation d’un projet de plusieurs membres du G7 favorables à un traité international comprenant des mesures restrictives.

Mettre fin aux déchets plastiques

Les Nations unies s’étaient accordées en février sur la création d’un accord de lutte contre le fléau des déchets plastiques qui recouvrent aussi bien les fonds marins que les sommets montagneux. L’institution s’était alors donnée comme objectif de finaliser ce traité d’ici fin 2024.

Au mois d’août, 20 pays comprenant le Royaume-Uni, le Canada, la France et des pays en voie de développement ont formé la High Ambition Coalition To End Plastic Pollution. Cette coalition a pour objectif d’élaborer un traité incluant des standards internationaux, des interdictions ainsi que des restrictions sur les déchets plastiques.

La défense des plans d’actions nationaux

Quelques semaines après cette annonce, les États-Unis ont annoncé leur intention de créer une coalition avec une approche différente, incluant l’Australie et le Japon. Le but de cette alliance est de fonder le traité sur les efforts individuels des pays dans l’esprit de l’Accord de Paris de 2015.

Selon la note de ce bloc, consultée par Reuters, “le développement des plans d’actions internationaux” devrait être “le mécanisme principal” de contribution des États à cet accord.

La représentante officielle des États-Unis pour la négociation de ce traité déclare:

“La meilleure solution est un traité similaire aux accords de Paris qui aiderait les Nations à s’engager dans des actions ambitieuses tout en appelant à leur responsabilité.”

Une doctrine des politiques nationales remise en question

Cette position est particulièrement critiquée par les défenseurs de l’environnement qui dénoncent son manque d’ambition. Selon eux, ces plans d’actions devraient s’accompagner de mesures à l’échelle supra nationale afin de piloter la diminution de la production de plastique et l’élaboration de méthodes de recyclage standardisées.

Erik Lindjeberg, responsable de la gestion des politiques liées au plastique chez WWF, s’exprime à ce sujet:

“Nous n’avons pas besoin de traités négociés au niveau des pays pour décider quelles doivent être les politiques nationales. Nous avons besoin d’un accord qui s’ajouterait à ces mesures.”

Les ambitions d’un traité international freinées

Le responsable de la politique environnementale du Japon, Hiroshi Ono, a déclaré que ce traité ne pouvait pas adopter une approche standardisée en raison des spécificités et priorités de chaque pays concernant la production de plastique ou le traitement des déchets.

La volonté de diminuer la production de plastique s’est ainsi heurtée au puissant lobby pétrochimique, également présent aux États-Unis.

Par ailleurs, un officiel de Washington, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a mentionné le risque de rejet d’une réglementation internationale par un Congrès divisé.

La production de plastique doit doubler au cours des 20 prochaines années, tandis que le volume des déchets recouvrant les océans devrait tripler. La destruction d’écosystèmes fragiles et l’extinction d’espèces en danger sont inéluctables dans ce cas de figure selon une étude de VWF.

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