Le marché français des contrats d’achat d’électricité à long terme, dits Power Purchase Agreements (PPA), a franchi le seuil des 2 gigawatts (GW) d’électricité renouvelable installée en mars 2024, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ces accords, signés entre producteurs et acheteurs finaux d’électricité, connaissent une croissance marquée dans un contexte d’instabilité des prix et de transformation des modèles énergétiques.
Photovoltaïque en tête des volumes contractualisés
Parmi les différentes sources d’énergie renouvelable utilisées dans les PPA en France, le photovoltaïque domine largement, avec 1,8 GW contractés. L’éolien terrestre représente 0,2 GW, tandis que les portefeuilles mixtes, combinant éolien et solaire, comptent pour 0,1 GW. Les PPA portant sur un portefeuille élargi d’énergies renouvelables s’élèvent à 0,3 GW. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance observée à l’échelle européenne, où 160 contrats solaires ont été signés en 2023 pour un total de 10,5 GW, soit 65 % des volumes annuels.
Multiplication des acteurs et diversification des modèles
Les PPA d’entreprise sont de plus en plus utilisés comme outils de couverture face à la volatilité des prix. En 2023, 56 % des 216 PPA signés dans l’Union européenne l’ont été avec des développeurs ou producteurs indépendants, contre 44 % avec des fournisseurs traditionnels. Les erreurs de tarification constatées sur certains contrats ont renforcé l’importance d’une structuration financière rigoureuse, enjeu central du guide publié récemment par La Plateforme Verte, en collaboration avec la BPI, le Crédit Agricole Transitions et Energies (CA T&E), et d’autres acteurs institutionnels et privés.
Développement des PPA hybrides et des premiers contrats hydrogène
Depuis 2023, les projets hybrides intégrant stockage et production renouvelable sans subvention se développent en Europe. Ils permettent de mutualiser les coûts de raccordement au réseau et d’optimiser la rentabilité des actifs grâce à une gestion intégrée des services système. Parallèlement, les premiers PPA liés à l’hydrogène vert émergent en Norvège, en Allemagne et en France, ciblant des installations d’électrolyse alimentées par des sources renouvelables.
Vers des schémas d’agrégation pour mutualiser les risques
Une autre évolution notable est l’apparition croissante des PPA multi-acheteurs, ou « agrégés », qui permettent de répartir la charge et les risques entre plusieurs entités. Introduits pour la première fois en 2016 sur le marché européen, ces schémas sont désormais davantage explorés en France, notamment dans les projets de grande taille. Ils s’accompagnent également d’une montée en puissance des contrats d’achat de biométhane (BPA), avec une dynamique notable dans l’Hexagone, en Allemagne et au Danemark.