Grève des agents EDF en Guadeloupe : la production électrique sous pression

En Guadeloupe, la grève des agents d’EDF PEI continue d’affecter la distribution électrique. Les négociations en cours peinent à aboutir, laissant 13 400 foyers toujours sans électricité, malgré la remise en service partielle de la centrale.

Partager:

Abonnez-vous pour un accès illimité à toute l'actualité du secteur de l'énergie.

Plus de 150 articles et analyses multisectorielles chaque semaine.

Votre 1ère année à 99€*

puis 199€/an

*renouvellement à 199€/an, annulation avant échéance.

Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe fait face à des coupures d’électricité causées par une grève des agents d’EDF Production Électrique Insulaire (PEI). Ce mouvement social, déclenché par la branche énergie de la CGTG, repose sur un différend lié à l’application d’un accord signé en 2023. Cet accord, conclu après 61 jours de grève, visait à régulariser les contrats de travail des agents et à verser des arriérés de salaires sur une période de cinq ans.
Malgré cet accord, le syndicat accuse la direction d’EDF PEI de ne pas respecter ses engagements. Selon Jimmy Thélémaque, secrétaire général de la FE-CGTG, la direction refuserait de produire des bulletins de salaire conformes. Ce refus a entraîné une paralysie partielle de la production électrique sur l’île. En effet, la principale centrale diesel de l’archipel, qui assure 70 % de l’électricité locale, est à l’arrêt, forçant EDF à procéder à des délestages tournants pour éviter une surcharge du réseau.

Conséquences économiques et sociales des coupures

Les coupures d’électricité, qui affectent jusqu’à 115 000 foyers lors des pics de délestage, perturbent non seulement le quotidien des habitants mais aussi l’activité économique de l’île. Le manque d’électricité entraîne des coupures d’eau, fermant des écoles et ralentissant le fonctionnement de nombreuses entreprises. Les opérateurs téléphoniques signalent également des dysfonctionnements dans leurs services, accentuant la désorganisation générale.
Le secteur économique local, déjà fragilisé par la dépendance aux énergies fossiles, subit de plein fouet l’impact de cette grève. En effet, une telle interruption de la production électrique affecte gravement les entreprises, notamment celles opérant dans des secteurs énergivores comme l’industrie ou les services technologiques. Les coupures prolongées limitent les capacités de production, perturbent les chaînes d’approvisionnement et augmentent les coûts d’exploitation pour les acteurs économiques locaux.

Avancées limitées dans les négociations

Jeudi, après plusieurs jours de grève, des négociations ont repris entre la CGTG et la direction d’EDF PEI. Le syndicat a annoncé la remise en service de plusieurs moteurs de la centrale, permettant de rétablir l’électricité pour une partie des foyers affectés. Toutefois, 13 400 clients demeurent sans électricité, soulignant que la situation reste tendue.
Les discussions se concentrent actuellement sur la régularisation des salaires et la mise en conformité des bulletins de paie. Malgré une reprise partielle de l’activité, la CGTG reste sur ses positions, menaçant de nouvelles actions si ses demandes ne sont pas satisfaites dans les délais impartis. La direction d’EDF PEI, quant à elle, s’est abstenue de tout commentaire public tant que les négociations sont en cours.

Un système énergétique sous pression

La crise actuelle met en lumière les faiblesses structurelles du système électrique en Guadeloupe. La dépendance à une centrale diesel vieillissante, combinée à un climat social tendu, démontre la fragilité de l’approvisionnement en électricité de l’île. Les autorités locales ont signalé que des solutions temporaires, comme l’importation d’électricité depuis d’autres îles ou territoires voisins, ne sont pas viables à long terme en raison des contraintes logistiques et des coûts élevés.
La situation soulève également des interrogations sur la résilience du réseau électrique guadeloupéen, principalement alimenté par des énergies fossiles. Si des initiatives de décarbonation sont en cours, elles ne suffisent pas encore à réduire la dépendance aux combustibles fossiles dans les territoires insulaires. La mise en place de sources d’énergie renouvelables locales et une diversification des approvisionnements restent des priorités pour les acteurs du secteur.

Vers une modernisation nécessaire de la production électrique

Pour les professionnels du secteur, la grève met en évidence la nécessité de réformer profondément la production d’électricité dans les territoires insulaires français. La Guadeloupe, comme de nombreuses autres îles, repose encore largement sur des infrastructures obsolètes et des énergies fossiles pour répondre à ses besoins. La centrale diesel, principale source de production, n’est plus adaptée aux besoins croissants d’une population et d’une économie en développement.
Le conflit social actuel souligne également la nécessité d’une gestion plus rigoureuse des relations sociales au sein des entreprises du secteur énergétique. Les tensions entre syndicats et directions sont devenues fréquentes ces dernières années, compromettant la continuité des services essentiels. La modernisation du secteur doit passer par une meilleure intégration des revendications sociales afin de garantir la stabilité de la production et de l’approvisionnement.
L’avenir énergétique de la Guadeloupe repose donc sur des réformes structurelles visant à améliorer la résilience du réseau, la diversification des sources d’énergie, ainsi que sur une gestion plus proactive des relations sociales pour éviter les interruptions prolongées des services publics.

Le Brésil démantèle un réseau criminel de 52 milliards BRL dans les carburants

Les autorités brésiliennes ont lancé une vaste opération ciblant un système de blanchiment lié au secteur des carburants, impliquant des fonds d’investissement, des fintechs et plus de 1 000 stations-services à travers le pays.

Le gaz naturel et le solaire bénéficient d’un large soutien aux États-Unis

Une étude nationale du cabinet Davies Group révèle que les Américains soutiennent massivement le développement simultané des énergies renouvelables et fossiles, avec un appui marqué pour le gaz naturel et l’énergie solaire.

Séoul impose une réduction de 25 % des capacités pétrochimiques pour stabiliser le secteur

Le gouvernement sud-coréen contraint dix groupes pétrochimiques à réduire jusqu’à 3,7 millions de tonnes de vapocraquage par an, assortissant ses aides financières et fiscales à des restructurations rapides et documentées.
en_1140200831540

Washington prolonge les ordres d’urgence pour renforcer le réseau électrique portoricain

Le Département de l’Énergie des États-Unis a prolongé jusqu’en novembre les mesures d’urgence permettant d’assurer la stabilité du réseau électrique de Porto Rico face aux risques de surcharge et de pannes récurrentes.

Modi défend l’autonomie énergétique indienne face à la pression tarifaire américaine

Sous la menace d’une hausse des droits de douane américains, New Delhi accélère sa stratégie d’indépendance énergétique pour réduire sa dépendance aux importations, notamment de pétrole russe.

Accord de 800 millions de dollars : Tsingshan déclenche une recomposition énergétique au Zimbabwe

Avec un nouvel accord d’investissement de 800 millions $, Tsingshan étend l’aciérie de Manhize et entraîne une demande énergétique de plus de 500 MW, forçant le Zimbabwe à accélérer sa stratégie électrique.
en_1140170831540

États-Unis : les BESS compensent le ralentissement solaire et éolien en 2025

Les capacités de stockage électrique américaines bondiront de 68% cette année selon Cleanview, compensant largement le freinage des projets solaires et éoliens sous l'administration Trump.

Panne électrique massive en Irak après la perte de 6.000 MW de capacité

Une panne généralisée a privé l’Irak d’électricité pendant plusieurs heures, affectant presque tout le pays en raison d’une consommation record liée à une vague de chaleur extrême.

Les États-Unis enquêtent sur les importations solaires d’Inde, d’Indonésie et du Laos

Washington lance des procédures antidumping contre trois pays asiatiques. Marges jusqu'à 190% identifiées. Décisions finales attendues en avril 2026 avec impacts majeurs sur les chaînes d'approvisionnement.
en_1140990846540

Les recettes pétrolières et gazières russes reculent de 27% en juillet 2025

Les revenus générés par le pétrole et le gaz en Russie ont enregistré une baisse marquée en juillet, exerçant une pression directe sur l'équilibre budgétaire du pays selon les chiffres officiels.

Les États-Unis franchissent deux pics historiques de demande d’électricité en juillet 2025

La consommation d’électricité américaine a atteint des niveaux sans précédent lors de la dernière semaine de juillet, portée par une vague de chaleur et la croissance d’activités industrielles.

New York Power Authority présente un plan de 7GW pour les investissements publics dans les énergies renouvelables

La New York Power Authority vise près de 7GW de capacité en dévoilant un plan incluant 20 projets renouvelables et 156 initiatives de stockage, marquant une nouvelle étape dans l’investissement public de l’État.
en_114050831540

La Guyane vise l’autonomie électrique avec une centrale biomasse de 120 MW dès 2026

La Guyane prévoit d’atteindre un mix électrique totalement décarboné d’ici 2027, portée par la construction d’une centrale biomasse et la progression des énergies renouvelables sur son territoire.

Ember : le retard des ambitions nationales freine le triplement mondial des renouvelables

La progression des objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables reste marginale, avec seulement 2% d’augmentation depuis la COP28, menaçant la réalisation du triplement des capacités d’ici 2030 et impactant la sécurité énergétique.

Le rapport du Department of Energy remet en question l’impact économique du CO2 et la portée des politiques climatiques américaines

Un rapport du Department of Energy affirme que les actions américaines sur les gaz à effet de serre auraient un impact mondial limité, tout en soulignant un écart entre les perceptions et les réalités économiques du réchauffement climatique.
en_1140320732540

Le marché des énergies renouvelables MENA atteindra 59,9 milliards USD en 2030 grâce à l’hydrogène et au solaire

Les investissements dans les énergies renouvelables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord devraient atteindre 59,9 milliards USD d’ici 2030, portés par les stratégies nationales, l’essor du solaire, de l’hydrogène vert et de nouveaux projets industriels régionaux.

Demande mondiale d’électricité en forte hausse jusqu’en 2026 malgré les tensions économiques

La demande mondiale d’électricité devrait croître de façon soutenue jusqu’en 2026, tirée par l’essor industriel, les centres de données, la mobilité électrique et la climatisation, avec un apport croissant des renouvelables, du gaz naturel et du nucléaire.

La demande d’électricité atteint 2 362 MW au Kenya, KenGen mise sur les renouvelables

Le Kenya enregistre un record historique de consommation électrique, porté par la progression industrielle et une forte contribution des centrales géothermiques et hydrauliques exploitées par la Kenya Electricity Generating Company PLC.
en_114030072043540

La demande énergétique industrielle européenne atteint un nouveau plancher en 2023

La consommation d’énergie finale du secteur industriel européen a diminué de 5% en 2023, atteignant un niveau inédit depuis trois décennies, avec un rôle croissant des énergies renouvelables dans certains segments clés.

France : RTE lance un débat public autour de 90 milliards € d’investissements réseau

Réseau de transport d’électricité prévoit un plan de modernisation à long terme de ses infrastructures. Un débat public national débutera le 4 septembre pour interroger les modalités, enjeux et conditions de mise en œuvre.

Connectez-vous pour lire cet article

Vous aurez également accès à une sélection de nos meilleurs contenus.

ou

Passez en illimité grâce à notre offre annuelle:
99€ la 1ère année, puis 199€ /an.