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Google signe le premier contrat mondial d’achat d’énergie de fusion

Google conclut un contrat historique pour acquérir 200 mégawatts d’énergie de fusion auprès de Commonwealth Fusion Systems, marquant ainsi l’entrée des géants technologiques dans l’ère commerciale de cette nouvelle forme d’énergie.

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Google signe le premier contrat mondial d’achat d’énergie de fusion

Secteurs Énergie Fusion, Tokamak
Thèmes Investissements & Transactions, Contrats
Sociétés Massachusetts Institute of Technology
Pays États-Unis

Google vient d’annoncer la signature du premier contrat au monde portant sur l’achat d’énergie de fusion à usage commercial. L’accord prévoit que la société technologique américaine recevra 200 mégawatts (MW) d’électricité provenant d’un réacteur conçu par Commonwealth Fusion Systems (CFS), une entreprise dérivée du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce contrat, unique à ce jour, représente une avancée significative dans le développement de la fusion, technologie énergétique visant à produire de l’électricité en reproduisant artificiellement la réaction à l’origine de l’énergie des étoiles. Le réacteur concerné, baptisé ARC, sera situé dans le comté de Chesterfield, en Virginie, et devrait entrer en activité au début des années 2030.

Modalités de l’accord entre Google et CFS

L’accord prévoit non seulement l’achat initial de 200 MW, mais également une option pour Google d’acquérir davantage d’énergie issue des futurs réacteurs de CFS. En parallèle à ce contrat d’approvisionnement énergétique, Google a annoncé augmenter sa participation financière dans CFS, sans toutefois dévoiler le montant exact de cet investissement supplémentaire. La firme technologique avait déjà investi dans CFS lors d’un précédent tour de financement en 2021, participant alors à hauteur significative aux 1,8 milliard de dollars levés par la société.

Cette décision stratégique permet à Google de diversifier son approvisionnement énergétique tout en répondant à une demande croissante liée à l’essor des technologies gourmandes en énergie, telles que l’intelligence artificielle. Pour Commonwealth Fusion Systems, cette signature marque une étape clé dans sa stratégie de développement, qui vise à démontrer la faisabilité industrielle de son réacteur SPARC, actuellement en cours de construction dans le Massachusetts et prévu pour être opérationnel à partir de 2026.

Un nouveau modèle énergétique pour l’industrie technologique

Jusqu’à présent, les grandes entreprises technologiques, communément appelées hyperscalers, se sont principalement tournées vers les énergies renouvelables traditionnelles comme l’éolien et le solaire pour alimenter leurs infrastructures. L’acquisition d’énergie de fusion constitue donc une évolution notable, témoignant d’un intérêt croissant pour des technologies alternatives susceptibles d’assurer une fourniture constante d’énergie sans émission directe de carbone.

La technologie employée par CFS repose sur le principe de la fusion magnétique utilisant des supraconducteurs à haute température pour générer un plasma chauffé à plusieurs millions de degrés Celsius, produisant ainsi une réaction de fusion contrôlée. Bien que présentant encore des défis techniques et économiques significatifs, cette approche attire désormais l’intérêt de multinationales désireuses de sécuriser leurs besoins énergétiques futurs.

Échéances et défis du projet

Le projet ARC en Virginie vise une capacité initiale de production électrique commerciale de 400 MW, avec une première livraison effective prévue pour le début des années 2030. D’ici là, CFS devra franchir plusieurs étapes importantes, notamment la mise en service réussie de son réacteur de démonstration SPARC, censé atteindre le seuil de rentabilité énergétique, autrement appelé Q>1, vers 2027.

Google et CFS soulignent toutefois qu’il reste encore plusieurs obstacles scientifiques et technologiques à surmonter pour que la fusion devienne économiquement viable à grande échelle. Ces défis incluent la maîtrise durable du plasma, l’amélioration des matériaux de construction capables de résister aux températures extrêmes et la gestion des coûts d’exploitation et de maintenance à long terme.

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