Des Entreprises Pétrolières divisées face aux Enjeux Climatiques

Les entreprises pétrolières et gazières ont pris un nouveau tournant ces dernières années, en faveur d’une transition énergétique adaptée aux problématiques climatiques. En effet, cette activité représente une grande part des émissions de gaz à effet de serre mondiaux avec 5,2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone émis.

Ce changement de mentalité chez les “grands pétroliers” est notamment visible face à la décision de l’administration Trump de démanteler le règlement sur les émissions de méthane des champs pétrolifères. En effet, alors que ces derniers avaient critiqué cette réglementation coûteuse et lourde à l’époque du Président Barack Obama, les entreprises pétrolières ont fortement critiqué le retour en arrière du Président Trump. Ces sociétés ont donc changé leur mode de production même si elles n’ont pas toutes choisi la même stratégie.

 

Les entreprises pétrolières souhaitent atteindre le net zéro carbone d’ici 2050

 

Les plus grandes entreprises pétrolières ont toutes prises des engagements de neutralité carbone d’ici 2050. BP, Shell, Total, Repsol et Equinor ont toutes changé d’objectifs pour se tourner vers une production d’énergie plus durable.

Le Directeur Général de BP, Bernard Looney, s’est notamment engagé à lutter contre 415 millions de tonnes d’émissions de portée 1 et 2 selon NS Energy. De plus, d’ici 2050, elle tentera de réduire ses émissions liées à sa vente de produit. De son coté, Total vise aussi à réduire les émissions de portée 1, 2 et 3 d’ici 2050, tout comme ses concurrents Equinor et Repsol. Shell, qui a déjà atteint une neutralité carbone en mars 2020 pour son entreprise, compte poursuivre ses efforts pour réduire ses autres émissions.

Valoriser le développement des énergies renouvelables

Ces entreprises ont misé sur les énergies renouvelables pour atteindre leurs objectifs de neutralité carbone. BP, leader en la matière, cherche à atteindre une capacité de 50 gigawatts d’énergie renouvelable en 2030. Pour cela, l’entreprise a notamment acquis pour 200 millions de dollars, une participation de 43% dans la filiale verte Lightsource BP. Le grand pétrolier a aussi investi dans les infrastructures de recharge en investissant pour 5 millions de dollars dans Freewire et pour 160 millions de dollars dans Chargemaster. Elle a aussi aidé à développer, pour 20 millions de dollars, des batteries à charge rapide, StoreDot.

Shell de son coté, a investi 5 milliards de dollars entre 2016 et 2020 dans les énergies renouvelables. Elle a notamment pris des parts pour 220 millions de dollars dans les sociétés Silicon Ranch et Husk Power Système. Comme BP, elle cherche à développer ses acquisitions dans le domaine des voitures électriques et de l’hydrogène. Elle a notamment acquis First Utility.

L’entreprise Total, elle, vise une production de 25 GW d’énergie renouvelable en 2025 grâce à un investissement de 500 millions de dollars par an. Total a notamment développé ses capacités solaires en acquérant les sociétés Sunpower et Lampiris. Equinor suit ses concurrents et prévoit d’accéder à 16 GW en 2035.

Des entreprises influencées par les Etats et les investisseurs

Les objectifs des entreprises s’alignent sur ceux des Etats et de l’Accord de Paris. En effet, l’Union Européenne, la France, le Royaume-Unis, la Chine, ou encore le Japon et la Corée du Sud se sont engagés à atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour continuer leurs exploitations et leurs productions, les entreprises se sont donc adaptées aux volontés climatiques de ces Etats. De plus, les investisseurs ont développé une conscience écologique et font pression sur les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements climatiques.

Malgré ces efforts, les grands du pétrole n’ont dépensé que 1% de leur budget combiné dans des projets d’énergie durable en 2018. Un effort insuffisant pour certain.

Des entreprises encore à la traine

Contrairement à leurs concurrents, Chevron et ExxonMobil n’ont pas encore déployé tous les moyens adéquats pour entamer leur transition énergétique et lutter contre leurs émissions de carbone. En effet, ces deux entreprises n’ont pas réellement investi pour développer leur capacité en énergies renouvelables. De plus, aucun engagement de neutralité carbone n’a été pris.

Cependant, l’entreprise Chevron a tout de même tenté de mettre en place certaines initiatives. Elle a notamment développé en 2018, un fond pour l’énergie du futur, avec un engagement initial de 100 millions de dollars pour augmenter sa capacité solaire, éolienne et géothermique.

Des acteurs toujours tournés vers les énergies fossiles

Exxon continue de parier sur l’exploitation des énergies fossiles, tout en cherchant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L’entreprise mise notamment sur la promotion des biocarburants, le captage et le stockage du carbone. ExxonMobil a des intérêts dans un tiers de la capacité mondiale de CSC et a capturé 6,9 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone en 2015. L’entreprise souhaite aujourd’hui développer la technologie des piles à combustibles pour le captage du carbone.

De son coté, pour des raisons liées à la faiblesse de ses rendements, Chevron a continué à se concentrer sur ses productions de pétrole et de gaz.

Les “grands du pétrole” ont donc entamé depuis quelques années une transition énergétique pour répondre au besoin du marché. Cependant tous n’ont pas misé sur la même stratégie. Tandis que la majorité se tourne vers l’hydrogène, les énergies renouvelables et les véhicules électriques, d’autres continuent de parier sur les énergies fossiles et la technologie de stockage de dioxyde de carbone. Un parie risqué pour certain économiste.

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