Energie: l’Europe va passer cet Hiver, mais c’est le Prochain qui Inquiète

L’Europe et l’Asie surenchérissent désormais pour s’arracher des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) produit plus loin.

Partager:

Abonnez-vous pour un accès illimité à toute l'actualité du secteur de l'énergie.

Plus de 150 articles et analyses multisectorielles chaque semaine.

Votre 1ère année à 99$*

puis 199$/an

*renouvellement à 199$/an, annulation avant échéance.

Sofie de Rous est la première à le reconnaître: avant cette année, c’était un peu Versailles chez elle, une petite maison de la côte belge, souvent chauffée à 21°C: “J’avoue, j’aime bien les maisons bien chaudes.”
Mais comme des millions d’Européens, cette communicante de 41 ans dans une agence d’architecture a vu sa facture monter en flèche à partir du printemps, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec la fermeture progressive des gazoducs russes vers l’Europe.

Les cours du gaz ont bondi, avec une conséquence très concrète et très chère: l’Europe et l’Asie surenchérissent désormais pour s’arracher des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) produit plus loin, aux Etats-Unis, au Qatar ou ailleurs.

Des pays comme l’Espagne et la France ont réagi en gelant les tarifs pour les consommateurs mais d’autres, comme la Belgique, ont plus ou moins laissé les fournisseurs répercuter la hausse.

“J’ai un peu paniqué”, raconte Sofie, propriétaire d’une maison mal isolée de 90 mètres carrés à Oostduinkerke, chauffée par une chaudière au gaz. Elle payait 120 euros par mois avant la guerre pour gaz et électricité: sa facture est passée à 330 euros. A la réflexion, elle ne regrette pas cette “prise de conscience”.

Aujourd’hui elle surveille sa consommation, chauffe à 18°C, et se renseigne pour installer panneaux solaires et double vitrage… Comme Sofie, une nouvelle génération de Belges, de Français ou d’Italiens a perdu en 2022 son insouciance énergétique et appris à surveiller ses radiateurs. Dans l’ancien monde, le gaz était abondant et pas cher. Son prix de référence sur le marché européen variait peu, autour de 20 euros le mégawattheure. Cette année, il est monté jusqu’à 300 avant de retomber vers 100 euros. “Je n’ai jamais connu de période aussi chaotique”, confie à l’AFP Graham Freedman, analyste au cabinet Wood Mackenzie, qui ausculte depuis 40 ans le marché du gaz naturel.

Sobriété forcée

A cause des prix fous, des usines, dans la chimie allemande surtout, biberonnées au gaz de l’Est depuis l’époque soviétique, ont dû s’arrêter. Pour autant les réserves européennes ont pu être remplies à ras bord pendant l’été avec les derniers mètres cubes de gaz russe, et personne n’a subi de coupure. “Jusqu’à février, l’idée même que l’Europe s’en sorte sans énergie russe paraissait impossible”, se souvient Simone Tagliapietra, du centre de réflexion Bruegel à Bruxelles. “L’impossible est devenu possible.”

Les Européens ont certes eu de la chance: la douceur de l’automne a retardé l’allumage des chaudières. Mais il s’est produit quelque chose d’inattendu. Ils ont fortement réduit leur consommation d’énergie: -20% de gaz dans l’UE d’août à novembre, par rapport aux cinq années précédentes, selon Eurostat.

La moitié des Allemands ont des chaudières au gaz et leur baisse de consommation est “extrême, énorme”, confirme Lion Hirth, professeur de politiques énergétiques à la Hertie School à Berlin. Il y voit la volonté de “ne pas payer Poutine” autant que de réduire les factures. Tout indique que celles-ci resteront salées. Et ce n’est pas le “plafond” adopté par l’UE en décembre pour les prix de gros qui les fera vraiment baisser, prédisent les experts.

Pas assez de gaz

En quelques mois, la Russie a ainsi perdu son premier client gazier, l’Europe, dont les achats sont passés de 191 milliards de mètres cubes en 2019 à 90 milliards cette année, et sans doute 38 milliards en 2023, prévoit Wood Mackenzie.

Il a fallu compenser par ce GNL que l’UE délaissait autrefois puisqu’il était plus cher. Avec un effet pervers: “L’Europe s’est mise à payer plus cher que l’Asie pour le gaz, et des pays comme l’Inde et le Pakistan n’ont pas pu rivaliser”, souligne Graham Freedman. Conséquence climatique: faute de GNL, ces pays moins riches brûlent davantage de charbon.

Pour décharger le GNL des navires méthaniers, il faut des terminaux portuaires capables de le regazéifier et de l’injecter dans les gazoducs. L’Allemagne a installé en urgence son premier, flottant, en décembre. Ce sont 26 nouveaux terminaux qui ont été annoncés sur le continent, dont un cinquième en France au Havre, a compté Global Energy Monitor, qui craint que cela ne crée une nouvelle dépendance au gaz, quand l’Europe veut passer aux renouvelables.

Pour l’hiver 2023/2024, il n’y aura plus de gaz russe pour reconstituer les réserves au printemps et à l’été. S’il fait très froid en janvier et en février, il faudra acheter davantage de GNL et “le combat” Europe-Asie s’intensifiera, explique à l’AFP Laura Page, spécialiste du gaz chez le fournisseur de données sur l’énergie Kpler. “Il n’y a pas assez de gaz dans le monde pour remplacer le gaz russe”, abonde Graham Freedman. Ce n’est que vers 2025 ou 2026 que les nouveaux projets de GNL, notamment au Qatar, produiront des millions de tonnes supplémentaires. D’ici là, les Européens auront-ils appris à vivre à 18°C?

Exxon table sur une hausse de 20 % de la demande de gaz naturel d’ici 2050

Exxon Mobil prévoit une augmentation soutenue de la demande mondiale en gaz naturel d’ici 2050, tirée par le secteur industriel et les besoins énergétiques croissants des pays en développement.

Capstone signe une commande de 5,8 MW au Mexique avec un groupe agroalimentaire

Capstone Green Energy a reçu une commande de 5,8 mégawatts pour ses microturbines au gaz naturel, destinées à plusieurs usines de production alimentaire au Mexique via son distributeur régional DTC Machinery.

Harvest Midstream acquiert pour $1bn les actifs gazier de MPLX dans l’ouest américain

La société privée Harvest Midstream a signé un accord de rachat de 1 milliard $ avec MPLX pour des infrastructures de traitement et de transport de gaz couvrant trois États de l’Ouest américain.
en_11402808265540

Sempra Infrastructure et EQT scellent un contrat de 20 ans pour du GNL texan

Sempra Infrastructure et EQT Corporation ont signé un accord d’achat de gaz naturel liquéfié sur vingt ans, consolidant la phase 2 du projet Port Arthur LNG au Texas et renforçant la position des États-Unis sur le marché mondial du GNL.

Subsea7 décroche un contrat offshore jusqu’à $1.25bn avec TP-OTC en mer Noire

Subsea7 a été sélectionnée pour mener les travaux de la phase 3 du champ gazier Sakarya, un contrat stratégique pour l’approvisionnement énergétique de la Türkiye et évalué entre $750mn et $1.25bn.

Le Japon conteste l’installation de 21 plateformes gazières chinoises en mer de Chine orientale

Tokyo proteste contre des installations chinoises jugées unilatérales dans une zone maritime disputée, malgré un accord bilatéral en suspens depuis 2010.
en_11402808256540

Bp confie à Baker Hughes un contrat de 90 mois pour Tangguh LNG en Indonésie

Bp a attribué à Baker Hughes un accord de service long terme pour l’usine de gaz naturel liquéfié de Tangguh, couvrant pièces, maintenance et assistance technique pour ses équipements de turbomachines.

Sinopec mobilise 65 000 capteurs Sercel pour une étude sismique 3D au Mexique

Le groupe chinois Sinopec a lancé une vaste campagne d’imagerie sismique sur 3 000 km² au Mexique en utilisant la technologie nodale de Sercel, propriété de Viridien, livrée en août pour cartographier des zones aux terrains complexes.

CNOOC signe deux contrats d’exploration gazière en Indonésie avec EnQuest et Agra

CNOOC Limited a conclu deux contrats de partage de production avec SKK Migas pour explorer les blocs Gaea et Gaea II en Papouasie occidentale, aux côtés d’EnQuest et d’Agra.
en_11402608265540

AMIGO LNG signe un contrat de 15 ans avec Macquarie pour 0,6 MTPA de GNL

Le groupe australien Macquarie s’associe à AMIGO LNG pour un approvisionnement annuel de 0,6 million de tonnes de gaz naturel liquéfié sur quinze ans, avec un démarrage prévu en 2028 depuis le terminal mexicain de Guaymas.

ONEOK et ses partenaires lancent le projet Eiger Express pour relier le Permien au Golfe

Un consortium mené par ONEOK développe un gazoduc de 450 miles pour acheminer jusqu’à 2,5 milliards de pieds cubes de gaz par jour du bassin permien vers la côte du Golfe.

AMIGO LNG confie à Drydocks World la construction du plus grand FLNG mondial

AMIGO LNG a attribué à Drydocks World un contrat EPC majeur pour la fabrication du plus grand terminal flottant de liquéfaction de GNL, destiné à renforcer les exportations vers l’Asie et l’Amérique latine.
en_1140250848540

Canadian Utilities obtient l’aval de l’AUC pour le projet gazier Yellowhead

L’Alberta Utilities Commission valide l’étude de besoin du pipeline Yellowhead, marquant une avancée clé pour l’infrastructure gazière de Canadian Utilities, filiale d’ATCO. Le projet prévoit d'importantes retombées économiques pour la province.

Nigeria LNG s’engage sur 20 ans pour sécuriser 1,29 milliard de pieds cubes de gaz

Nigeria LNG signe des accords majeurs avec des groupes pétroliers pour garantir l’approvisionnement en gaz de ses infrastructures de liquéfaction sur deux décennies.

L’Union européenne scelle un accord de 750 milliards de dollars sur l’énergie américaine

L’Union européenne et Washington ont finalisé un accord fixant 750 milliards de dollars d’achats de gaz, pétrole et nucléaire américains, complétés par 600 milliards de dollars d’investissements européens aux États-Unis d’ici 2028.
en_11402108206540

Sempra et ConocoPhillips renforcent leur alliance sur Port Arthur LNG Phase 2

Sempra Infrastructure et ConocoPhillips ont signé un accord de vente de GNL de 20 ans pour 4 Mtpa, confirmant leur engagement commun dans l’expansion du terminal de liquéfaction Port Arthur LNG au Texas.

La Russie accroît ses livraisons de gaz à la Chine malgré le recul du pétrole

Les exportations de gaz russe par gazoduc vers la Chine ont progressé de 21,3 % sur sept mois, contrastant avec la baisse de 7,6 % des livraisons pétrolières sur la même période.

MCF Energy relance le forage gazier sur l’ancien puits Kinsau-1 en Allemagne

MCF Energy poursuit ses opérations sur le site de forage Kinsau-1A, visant une formation jurassique prometteuse déjà testée en 1983 par Mobil.
en_1140210829540

Woodside accélère LNG et dividendes, capex ajusté et projets clés avancent

Le groupe annonce un dividende intérimaire de 53 cps, une production de 548 Mboe/j, un coût unitaire à 7,7 $/boe et des jalons majeurs sur Scarborough, Trion, Beaumont et Louisiana LNG, tout en renforçant sa liquidité et sa discipline financière.

La Norvège dépasse ses prévisions de production pétrolière et gazière en juillet

La production combinée de pétrole et de gaz en Norvège a dépassé les prévisions officielles de 3,9 % en juillet, selon les données préliminaires de l’autorité de régulation.

Connectez-vous pour lire cet article

Vous aurez également accès à une sélection de nos meilleurs contenus.

ou

Passez en illimité grâce à notre offre annuelle:
99$ la 1ère année, puis 199$ /an.