Emission de Carbone: Un tournant historique induit par la Politique Climatique de Joe Biden

La question des émissions de carbone est à nouveau au cœur des débats internationaux. Après son élection comme Président des Etats-Unis, samedi 7 novembre 2020, Joe Biden a été félicité par de nombreux pays, comme le Royaume-Uni et le Canada, qui ont, notamment, évoqué sa politique climatique selon The Independant. Alors que son prédécesseur, Donald Trump, s’était retiré de l’accord de Paris en 2017, le nouveau Président souhaite réintégrer ce traité international et devenir un leader en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

 

Des objectifs ambitieux de réduction des émissions de carbone

 

Le président, du deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre, vise à atteindre un objectif de zéro émission nette de carbone d’ici 2050. De plus, son gouvernement investira 1,7 milliards de dollars dans une relance verte après la crise sanitaire. Cette politique permettra de réduire les émissions américaines, au cours des 30 prochaines années, d’environ 75 gigatonnes de dioxyde de carbone. Des chiffres qui, selon Climate Action Tracker, suffisent pour éviter une hausse de la température d’environ 0,1°C d’ici 2100 selon The Guardian. Pour atteindre cet objectif, Washington prévoit notamment de retirer le charbon et le gaz de son réseau d’ici 2030.Le nouveau Président des Etats-Unis, Joe Biden, a d’ailleurs déclaré pour The Guardian:

“Il ne s’agit pas seulement pour les États-Unis de revenir à l’accord de Paris, mais d’un objectif crédible et ambitieux pour 2030. L’accord de Paris n’est plus une question d’accord, mais de respect des engagements et d’augmentation de l’ambition des pays. Il est essentiel que les États-Unis reviennent dans le jeu plutôt que de rester sur la touche”.

Toutefois, la marge de manœuvre de Joe Biden sera limitée par la présence des démocrates au sénat mais aussi, par le Parti Républicain lui-même, les grandes entreprises et une cour suprême conservatrice.

Un nouveau leader du club climatique

L’approche des élections américaines et la possibilité d’une victoire de Joe Biden a fait réagir plusieurs pays. Le 22 septembre, la Chine s’est notamment engagée à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2060. Le Japon et la Corée du Sud ont suivi ce mouvement en fixant leurs objectifs de neutralité carbone pour 2050. Bill Hare, de Climate Analytics, a déclaré pour The Guardian:

“Cela ressemble à un tournant historique: avec l’élection de Biden, la Chine, les États-Unis, l’UE, le Japon et la Corée du Sud – soit deux tiers de l’économie mondiale et plus de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre – ont pris des engagements de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle. Ces engagements sont très proches, sinon à l’intérieur, de la limite de 1,5 C pour cet ensemble de pays et, pour la première fois, mettent la limite de 1,5 C de l’accord de Paris à portée de main”.

Le retard Australien en matière de réduction des émissions de carbone

 

Le gouvernement Morrison s’est fixé comme objectif pour 2030, une réduction des émissions de 26 à 28% par rapport au niveau de 2005. Des objectifs minimes aux regards des autres pays, qui ne seront pas respectés selon The Guardian. Le pays a, en effet, rejeté une recommandation scientifique de l’Autorité du changement climatique qui préconisait une réduction de 45 à 60% sur cette période. Mais aussi, la proposition de Boris Johnson de s’engager dans la neutralité carbone pour 2050. Cependant, l’Australie refuse que d’autres pays lui impose la marche à suivre selon le Premier Ministre Scott Morrison pour The Sydney Morning Herald.

Canberra s’inscrit donc dans les retardataires climatiques aux côtés du Brésil, de la Russie et de l’Arabie Saoudite.

Une économie mise à mal par cet élan climatique

Le nouveau gouvernement du Président Joe Biden souhaite que la communauté internationale fasse pression sur les pays qui financent le charbon. Un problème pour l’Australie dont l’économie repose sur ses places de 4ème producteur et 1er exportateur mondial de charbon. Les nouvelles politiques climatiques de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud, principaux partenaires commerciaux de l’Australie, risquent d’accentuer cette pression selon The Guardian.

De nouvelles pressions exercées par les Etats-Unis

L’Australie avait déjà subi des pressions lors de la conférences des Nations Unies sur le climat à Madrid en 2019. L’élection de Joe Biden risque de faire peser sur le pays des contraintes plus importantes. Frank Jotzo, Directeur du Centre for Climate Economics and Policy de l’Université nationale australienne, a confié à The Guardian:

“Ils trouveront un terrain d’entente sur le plan du développement technologique. Mais les États-Unis diront que ce n’est pas suffisant, loin s’en faut, et que l’Australie doit également aller de l’avant et déployer des technologies à faible émission de carbone et passer d’une économie basée sur les combustibles fossiles à une économie basée sur les énergies renouvelables”.

L’élection de Joe Biden aura, donc, dans les prochains mois, un impact important en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le pays reprendra sa place de leader mondial après l’avoir perdu sous la présidence de Donald Trump.

Articles qui pourraient vous intéresser