CPC Suspend ses chargements de Pétrole

Des dommages sur le système d'oléoducs de CPC conduisent la compagnie à réduire ses exportations de pétrole vers l'Europe. Dans un contexte énergétique déjà tendu, l'Europe accuse la Russie de restreindre les approvisionnements pour faire grimper les prix.
CPC

CPC (Caspian Pipeline Consortium), qui traite 1% de la demande mondiale de pétrole, a déclaré que deux de ses trois points d’amarrage avaient suspendu leurs exportations. Ces dommages risquent de provoquer une baisse importante des exportations vers l’Europe.

Ainsi, l’approvisionnement en énergie de l’Europe pourrait, une nouvelle fois, s’avérer compliqué. En cause, des dommages causés sur un système d’oléoducs reliant le Kazakhstan à la Russie.

L’approvisionnement en pétrole kazakh menacé

Effectivement, la fermeture de l’oléoduc de CPC aurait pour effet une perte de plus de 1% de l’approvisionnement mondial de pétrole. L’oléoduc de CPC étant la voie principale d’exportation du pétrole kazakh.

Un négociant d’une grande compagnie occidentale a déclaré qu’une telle interruption représenterait une baisse de 50 millions de tonnes de pétrole par an. Ce qui équivaut à environ 1 million de bpj.

Les entreprises possédant des parts dans l’oléoduc seraient également grandement impactées, à commencer par Chevron. Effectivement, le groupe participe à hauteur de 12% (380.000 bpj) de la production totale de pétrole kazakh.

Viennent ensuite Exxon et Eni, avec respectivement 213.000 bpj de pétrole et 145.000 bpj.

Enfin, des analystes de JP Morgan ont alerté sur une possible flambée des prix du baril en cas de problèmes sur les productions pétrolières kazakhs et russes (3 millions bpj).

CPC réduit ses exportations, Tengiz interrompt sa production

CPC a déclaré être contraint de suspendre les chargements de ses points d’amarrage SPM-1 et SPM-2. Seul le SPM-3 fonctionne, ce qui conduit naturellement à une réduction des chargements de pétrole.

Tengizchevroil (TCO), consortium entre Chevron et Exxon, déclare être au courant de cette maintenance. TCO déclare également que les exportations et la production de pétrole de son champ pétrolifère de Tengiz sont interrompues. TCO doit effectivement réaliser une maintenance planifiée dans le courant août-septembre.

Les actionnaires de CPC Shell et Eni n’ont pas souhaité faire de commentaires à ce sujet. CPC entend remplacer les pièces des deux SPM, mais n’a pas donné encore donné de date de résolution.

La réduction des capacités des exportations de CPC a conduit le Kazakhstan à réduire sa production au printemps. De plus, ce n’est pas la première fois que CPC réduit ses exportations au cours de l’année.

CPC a notamment déclaré que les approvisionnements étaient réduits à cause de la maintenance des champs pétrolifères de Tengiz et de Kashagan.

La situation énergétique de l’Europe, déjà tendue avec le gaz russe, risque de se complexifier davantage que les problèmes d’approvisionnement en pétrole kazakh.

Un contexte énergétique déjà difficile

L’Occident dénonce une nouvelle tentative de la Russie de restreindre les approvisionnements énergétiques afin de faire monter les prix. Il soutient que cette manœuvre serait faite en représailles aux sanctions imposées à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. De fait, les prix du gaz continu d’augmenter.

De son côté, la Russie nie les accusations portées à son encontre. Le Kremlin accuse par ailleurs les sanctions elles-mêmes et les problèmes techniques d’être à l’origine des perturbations.

Depuis le début du conflit, les exportations de gaz russe vers l’Europe ont fortement diminué. En comparaison avec l’année précédente, elles ont baissé d’environ 75%. D’autant plus, que plusieurs maintenances ont eu cours sur Nord Stream 1.

L’une des conséquences de cette réduction des flux est la flambée des prix du gaz et du pétrole. Par exemple, lundi, le gaz britannique a bondi de 125 pence à 490 pence par thermomètre à 17h30 GMT.

Le gérant du réseau de transport gazier ukrainien a déclaré que les livraisons de gaz russe pouvaient se faire via l’Ukraine ou la Pologne afin de compenser Nord Stream 1. Gazprom n’a pas souhaité faire de commentaire concernant ces alternatives.

 

Illustration par Kate Sullivan

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