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Corée du Sud : les appels d’offres pour l’hydrogène bas-carbone en difficulté

Les appels d’offres sud-coréens pour l’énergie hydrogène bas-carbone peinent à attirer les soumissionnaires, en raison d’un plafond tarifaire jugé insuffisant et d’une absence de clauses incitatives adaptées.

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Corée du Sud : les appels d’offres pour l’hydrogène bas-carbone en difficulté

Secteurs Énergie Hydrogène, Énergie Nucléaire, Ammoniac, Fission, Hydrogène bas carbone
Thèmes Régulation & Gouvernance, Politique publique
Sociétés S&P Global Commodity Insights
Pays Corée du Sud

Le récent appel d’offres sud-coréen visant à promouvoir l’énergie hydrogène bas-carbone sous les Clean Hydrogen Energy Portfolio Standards a rencontré des difficultés notables. Lancé en mai par Korea Power Exchange (KPX), l’appel d’offres de 6 500 GWh sur 15 ans n’a désigné qu’un seul soumissionnaire, Korea Southern Power Co (KOSPO), avec une attribution de 750 GWh/an, laissant une grande partie de la capacité proposée sans offre.

Le principal point de blocage concerne le plafond tarifaire fixé à 500 KRW/kWh (0,35 $/kWh). Selon Vince Heo, directeur associé chez S&P Global Commodity Insights, ce plafond est perçu comme trop bas pour couvrir les coûts élevés de l’hydrogène bas-carbone, en particulier de l’ammoniac co-firé, un élément clé du plan de décarbonisation.

Un coût de production supérieur aux attentes

Pour répondre au plafond de 500 KRW/kWh, le prix de l’ammoniac bas-carbone devrait avoisiner 640 $/t, un chiffre encore loin des offres soumises, évaluées entre 700 $/t et 800 $/t, selon les industriels. Les récentes évaluations de Platts, au 13 décembre, indiquent un prix de 455 $/t pour l’ammoniac bas-carbone livré au Japon et en Corée, une hausse de 2,48 % sur un mois.

Cependant, ces tarifs sont encore insuffisants pour assurer la rentabilité des projets dans un contexte sud-coréen marqué par des infrastructures insuffisantes et des goulots d’étranglement dans les réseaux de transmission électrique.

Des clauses contraignantes pour les soumissionnaires

Outre les défis économiques, les clauses contractuelles sont également pointées du doigt. La présence d’une clause take-or-pay imposant des obligations de volume d’achat, ainsi que l’absence d’indexation sur les taux de change, compliquent la participation des soumissionnaires étrangers. Par ailleurs, le calendrier serré, avec une entrée en exploitation prévue pour 2028, est jugé difficilement tenable par les acteurs du secteur.

Pour Vince Heo, ces contraintes nécessitent une révision approfondie de la conception des appels d’offres pour stimuler la participation. La chaîne d’approvisionnement reste peu développée et des incitations gouvernementales supplémentaires sont nécessaires pour combler le fossé financier, souligne-t-il.

Les perspectives pour les futurs appels d’offres

Le gouvernement sud-coréen espère que les prochaines enchères, prévues en 2024, attireront davantage d’intérêt grâce à des améliorations structurelles. Park Chan-ki, responsable des politiques hydrogène au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie, a déclaré que l’appel d’offres actuel a permis de fixer des repères pour la demande et les prix de l’hydrogène propre, un élément crucial pour l’essor du secteur.

Selon les prévisions du 11e Plan d’Électricité, l’hydrogène et l’ammoniac devraient représenter 2,4 % de la production électrique sud-coréenne d’ici 2030 et 5,5 % d’ici 2038. L’objectif ultime reste la réduction des émissions nationales de 40 % par rapport à 2018 d’ici 2030, avec une neutralité carbone visée pour 2050.

Une stratégie à repenser ?

En l’absence d’une réponse forte du secteur énergétique, le gouvernement sud-coréen pourrait envisager d’autres solutions pour ses objectifs climatiques. Parmi celles-ci figurent une intensification des investissements dans les énergies solaire et nucléaire, bien que ces alternatives comportent également des défis propres.

D’autres experts suggèrent d’élargir les appels d’offres à des secteurs difficiles à décarboner comme l’acier ou la pétrochimie, afin de stimuler la concurrence et potentiellement réduire les coûts de production de l’hydrogène bas-carbone.

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