CONTRER LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EN RÉFLÉCHISSANT LA LUMIÈRE DU SOLEIL, EST-CE VRAIMENT UNE BONNE IDÉE ?

CONTRER LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EN RÉFLÉCHISSANT LA LUMIÈRE DU SOLEIL, EST-CE VRAIMENT UNE BONNE IDÉE ?

Une équipe de chercheurs du MIT ont découvert que les trajectoire des tempêtes extratropicales pourraient être impactées par la géo-ingénierie.

Source : RFI Savoirs

Comment refroidir le globe ?

De nombreux chercheurs se penchent sur les problématiques liées au réchauffement climatique. Comment lutter contre la hausse des températures ? 

Certains scientifiques travailleraient sur une solution qui injecterait des aérosols réfléchissants dans l’atmosphère pour bloquer la chaleur du soleil, on parle alors de géo-ingénierie solaire. Cependant, les conséquences sur l’environnement d’une telle idée pourraient être terribles.

La géo-ingénierie solaire et ses conséquences

Des recherches effectués par des scientifiques du MIT ont montré que la géo-ingénierie solaire modifierait les trajectoires des tempêtes extratropicales. Ce genre de tempête a une influence sur beaucoup de phénomène météorologiques comme la naissance des cyclones ou la fréquence des tempêtes.

L’expérience G1

L’équipe de chercheurs a imaginé un scénario, plutôt idéal, où le rayonnement solaire serait suffisamment réfléchi pour compenser le réchauffement de la planète, même si la concentration en CO2 quadruplait. 

Cette équipe a examiné comment les trajectoires de ces tempêtes extratropicales pouvaient changer selon les différents scénarios de géo-ingénierie, grâce à l’expérience G1 du GeoMIP (Geoengineering Model Intercomparison Project). Dans chaque modèle présenté, ils ont constaté un changement quotidien de la pression atmosphérique au niveau de la mer à différents endroits le long des trajectoires de tempêtes.

“Si nous regardons la variance de la pression au niveau de la mer, nous avons une idée de la fréquence et de la force des cyclones qui passent au-dessus de chaque zone”, explique Gertler. “Nous faisons ensuite la moyenne de la variance sur l’ensemble de la région extratropicale, pour obtenir une valeur moyenne de la force de la trajectoire des tempêtes pour les hémisphères nord et sud”. 

Dans ce scénario, les trajectoires des tempêtes aux hémisphères nord et sud serait considérablement affaiblie.

L’affaiblissement de la trajectoire des tempêtes

Les résultats mis en avant par l’équipe de recherche ont montré que la géo-ingénierie solaire affaiblirait les tempête extratropicales dans les hémisphères nord et sud. Par exemple la trajectoire des tempête de l’hémisphère nord serait 5 à 17% plus faible qu’aujourd’hui.

Ce phénomène d’affaiblissement de la trajectoire des tempêtes se traduirait, entre autres, par des tempêtes hivernales moins puissantes, des conditions de stagnation en été et moins de vent pour évacuer la pollution atmosphérique.

Source : Le Dauphiné

Pour Charles Gertler, étudiant de troisième cycle au département des sciences de la terre, de l’atmosphère et des planètes (EAPS) du MIT :

“Environ la moitié de la population mondiale vit dans les régions extratropicales où les trajectoires des tempêtes dominent le climat […] Nos résultats montrent que la géo-ingénierie solaire ne va pas simplement inverser le changement climatique. Au contraire, elle a le potentiel d’induire elle-même de nouveaux changements climatiques”.

“En toutes saisons, cela pourrait affecter la ventilation de la pollution de l’air. Cela pourrait également contribuer à un affaiblissement du cycle hydrologique, avec des réductions régionales des précipitations. Ce ne sont pas de bons changements, par rapport à un climat de référence auquel nous sommes habitués”.

Pour enrichir ses recherches, l’équipe a souhaité voir comment ces mêmes trajectoires réagiraient si on laissait le réchauffement climatique se dérouler sans aérosols dans l’atmosphère. Ils ont découvert que dans l’hémisphère nord, le réchauffement affaiblirait aussi la trajectoire des tempêtes. 

Dans le cas de l’hémisphère nord, cela suggère donc que la géo-ingénierie n’aurait pas un impact important pour modifier les effets du réchauffement climatique.

Mais au contraire, dans l’hémisphère sud, le réchauffement renforcerait ces trajectoires.

“Dans l’hémisphère sud, les vents entraînent la circulation océanique, ce qui pourrait affecter l’absorption du dioxyde de carbone et la stabilité de la calotte glaciaire de l’Antarctique”, ajoute O’Gorman. “La façon dont les trajectoires des tempêtes changent dans l’hémisphère sud est donc très importante.”

D’autres conséquences tout aussi négatives

D’autres recherches ont déjà été effectuées sur ce sujet et ont toujours mis en avant des conséquences plutôt négative pour le climat :

Pour certains scientifiques, pulvériser des aérosols dans la stratosphère entraînerait un refroidissement de la planète important qui ne permettrait malheureusement pas de contrer les effets induits par les gaz à effet de serre comme la réduction des précipitations ou l’acidification des océans.

Pour d’autres, cette solution engendrerait une différence de température entre l’équateur et les pôles qui affaiblirait le gradient de température méridional de la planète (les pôles continueraient de chauffer tandis que l’équateur refroidirait).

MIT – Source : Boston Globe

Ce dernier phénomène a particulièrement intrigué les chercheurs Gertler et O’Gorman de l’expérience G1 : 

“Les trajectoires des tempêtes se nourrissent des gradients de température méridionaux, et les trajectoires des tempêtes sont intéressantes car elles nous aident à comprendre les extrêmes météorologiques […] Nous nous sommes donc intéressés à la façon dont la géo-ingénierie affecte les trajectoires des tempêtes.”  

En conclusion de leurs recherches, les scientifiques ont expliqué que :

“Ce travail souligne que la géo-ingénierie solaire n’inverse pas le changement climatique, mais substitue un état climatique sans précédent à un autre […] La réflexion de la lumière solaire n’est pas un contrepoids parfait à l’effet de serre”. (Gertler)

Et O’Gorman a ajouté que : 

“Il y a de multiples raisons d’éviter de le faire, et de favoriser plutôt la réduction des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre”.

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