Confindustria avertit d'une récession italienne si la guerre au Moyen-Orient se prolonge
Selon Confindustria, la guerre au Moyen-Orient a déjà amputé de 0,2 point la croissance italienne. Si le conflit perdure jusqu'à fin 2026, le pays pourrait afficher une récession à -0,7%.
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La guerre au Moyen-Orient ampute déjà la croissance économique italienne de 0,2 point, selon le centre d'études de Confindustria, l'organisation patronale transalpine. Si le conflit persiste jusqu'à fin 2026, l'Italie pourrait entrer en récession, avec un repli du produit intérieur brut (PIB) estimé à -0,7%. Trump prolonge l'ultimatum iranien, le pétrole rebondit à 100 dollars le baril, signe de la nervosité persistante des marchés face aux tensions dans la région. La fermeture du détroit d'Ormuz renchérit les coûts énergétiques et redistribue les risques sur l'ensemble de l'économie, dans un contexte où le pétrole recule fortement après un plan de paix américano-iranien en 15 points.
Trois scénarios conditionnés à la durée du conflit
Confindustria a modélisé trois trajectoires pour l'économie italienne. Dans l'hypothèse d'un arrêt des hostilités fin mars, le PIB afficherait une croissance de 0,5% en 2026, contre 0,7% prévu avant l'escalade du conflit. Si la guerre se poursuit au deuxième trimestre, l'économie stagnerait. Une prolongation jusqu'à fin 2026 conduirait à une récession de -0,7%.
Les premiers mois de l'année contrastaient avec ce tableau dégradé. Au cours des deux premiers mois de 2026, les indicateurs économiques italiens étaient favorables, portés par la consommation des ménages et les investissements, dans le sillage d'une fin 2025 solide. C'est le déclenchement du conflit au Moyen-Orient qui a inversé cette dynamique, selon l'organisation patronale.
Une facture énergétique qui pourrait s'alourdir de 21 milliards d'euros
L'impact sur les entreprises italiennes pourrait être substantiel en cas de prolongation du conflit. Selon les projections de Confindustria, leur facture énergétique augmenterait de 21 milliards d'euros en 2026. Les ménages, confrontés à l'incertitude, pourraient réduire leurs dépenses, tandis que les investissements des entreprises risquent de reculer.
La croissance des exportations devrait ralentir à +0,6% sur 2026, contre +1,2% enregistré en 2025, dans le scénario d'un arrêt du conflit fin mars. L'inflation devrait atteindre 2,5% sur l'ensemble de l'année 2026, contre 1,5% en 2025, principalement en raison de la hausse des coûts de l'énergie liée à la fermeture du détroit d'Ormuz. Ce dérapage inflationniste viendrait éroder le pouvoir d'achat des ménages italiens et comprimer les marges des entreprises exportatrices.
Un marché du travail fragilisé
Le marché du travail pourrait subir les effets de ce ralentissement. Le taux de chômage risque de remonter à 5,8% sur l'année 2026, après avoir atteint un plus bas historique de 5,1% en janvier. Cette dégradation potentielle survient après une période de dynamisme de l'emploi en Italie, rappelle Confindustria. Elle illustre la rapidité avec laquelle un choc externe d'origine énergétique peut se propager à l'ensemble de l'économie.