L’Allemagne Assure son Approvisionnement

Craignant une pénurie, l'Allemagne mise sur le GNL. Le pays approuve alors le projet de 3 importateurs allemands de coordonner l'approvisionnement de 2 terminaux flottants de GNL.
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L’Allemagne cherche des solutions pour assurer son approvisionnement énergétique. Ainsi, elle compte sur les importations de GNL. L’autorité antitrust approuve alors le projet de 3 importateurs allemands de coordonner l’approvisionnement de 2 terminaux flottants de GNL.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix de l’énergie flambent. Depuis la fermeture de Nord Stream 1, ces prix restent à un niveau élevé.

Selon Platts, le 26 août, le prix du TTF pour le mois à venir atteint un niveau record de 319,98 €/MWh. S’il a baissé depuis, il reste encore très haut. Le 15 septembre, il a été évalué à 212,25 €/MWh. Cela représente une hausse de 220% par rapport à l’année dernière.

L’Allemagne assure son approvisionnement en GNL

Selon le Bundeskartellamt, la coopération entre Uniper, RWE et EnBW n’enfreint pas les règles relatives à la concurrence. Elle estime que la nature urgente de l’approvisionnement en GNL l’emporte sur tout problème de concurrence. Les 3 entreprises entendent collaborer pour approvisionner les FSRU de Wilhelmshaven et Brunsbuttel. De plus, elles ont signé un MoU avec le ministère allemand de l’économie mi-août.

Andreas Mundt, président du Bundeskartellamt, commente:

“La mise en service rapide des terminaux GNL peut créer des capacités d’importation de gaz, nécessaires et réduisant les prix, dans un laps de temps relativement court. Les avantages qui en découlent pour les consommateurs l’emportent sur les éventuels effets négatifs sur la concurrence.”

De fait, l’Allemagne ne possède pas d’infrastructures permettant d’importer du GNL. Toutefois, le pays entend y remédier. L’Allemagne accélère les travaux pour développer 2 FSRU, à Wilhelmshaven et Brunsbuttel. Ainsi, elle entend compenser la réduction des flux de gaz russe.

5 projets de FSRU

Pour faire face à la crise énergétique, l’Allemagne mise donc sur le GNL. Elle entend alors développer 5 projets de FSRU. Le pays entend, dans un premier temps, développer rapidement ceux de Wilhelmshaven et de Brunsbuttel. Ceux deux terminaux seront exploités par Uniper et RWE.

Toutefois, cela est temporaire. À long terme, une société créée spécifiquement pour la situation prendra le relais. En outre, EnBw, et sa filiale VNG, seront chargées d’approvisionner ces FSRU en GNL. Les trois sociétés seront, de fait, en charge de l’approvisionnement en GNL de l’Allemagne jusqu’en mars 2024.

Les terminaux de Wilhelmshaven et de Brunsbuttel auront une capacité de regazéification de 12,5 Bcm/an. Ainsi, pour la toute première fois, l’Allemagne sera en mesure d’importer directement du GNL.

Les trois entreprises profitent du contexte énergétique. Souhaitant éviter une pénurie cet hiver, l’Allemagne met tout en place pour assurer son approvisionnement. Andreas Mundt explique:

“En temps normal, la coopération entre ces trois importateurs et grossistes de gaz très importants – et notamment l’utilisation exclusive des capacités d’importation des terminaux – devrait éventuellement être évaluée de manière plus critique. Il était également important pour nous que le modèle d’opérateur prévu soit initialement mis en place pour une période limitée jusqu’en mars 2024.”

Si les trois entreprises peuvent coordonner l’approvisionnement de GNL, elles devront toutefois fournir du GNL sur la base de quotas fixes. En somme, elles s’approvisionneront en GNL de manière indépendante et la commercialisation se fera de manière séparée.

L’Allemagne pourrait nationaliser Uniper

En parallèle, l’Allemagne a entamé des pourparlers avec Uniper. Le gouvernement pourrait nationaliser l’entreprise. De fait, en juillet, l’Allemagne avait d’ores et déjà annoncé prendre une participation de 30% dans la société. Or, alors que les prix du gaz continuent d’augmenter, le gouvernement envisagerait de prendre une part plus importante dans Uniper.

Outre Uniper, VNG demande des mesures de stabilisation pour faire face au coût d’achat de gaz. Face à la réduction du flux de gaz russe, la société a acheté des volumes de gaz sur le marché libre. Or, les prix sont très élevés. Ainsi, l’Allemagne pourrait également prendre une participation majoritaire dans la société.

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