Yara réduit sa Production d’Ammoniac

L'entreprise Yara, un des plus grands fabricants d’engrais au monde, est contrainte de réduire sa production d’ammoniac.
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Yara, un des plus grands fabricants d’engrais au monde, est contrainte de réduire sa production d’ammoniac. Ceci est dû à la flambée actuelle des prix du gaz. Ce phénomène se répand peu à peu parmi les entreprises chimiques européennes, qui réduisent leur production d’ammoniac.

Yara réduit sa production

L’entreprise norvégienne Yara avait déjà commencé à réduire sa production d’ammoniac plus tôt dans l’année. Ainsi, elle confirme qu’elle n’utilisera que 35% de sa capacité de production d’ammoniac.

Les fabricants comme Yara utilisent le gaz pour le processus de fabrication d’engrais. Toutefois, alors que les prix du gaz ont augmenté de près de 40% en août, ces derniers sont contraints de réduire leur production.

L’ammoniac joue un rôle crucial dans le rendement des cultures. Sans celui-ci, la culture se détériore car les nutriments du sol retirés pendant la récolte ne sont pas reconstitués.

D’autres entreprises ont annoncé être contraintes à réduire leur production d’engrais. Il s’agit de sociétés telles que SKW Piesteritz et BASF en Allemagne, Grupa Azoy en Pologne et CF Fertilisers UK au Royaume-Uni.

Toute l’Europe est touchée par l’indice TTF néerlandais ayant atteint des niveaux records ces dernières semaines. Il existait déjà en Europe une préoccupation concernant une pénurie de gaz pour les ménages en hiver. Or, les circonstances actuelles questionnent la capacité de l’Europe de produire suffisamment d’engrais pour ses cultures.

Une crise alimentaire?

En ce sens, Yara avait déjà donné l’alerte d’une possible pénurie alimentaire. L’intersection des conditions actuelles en serait la cause. De fait, les prix élevés du gaz, la guerre en Ukraine et les sanctions à l’égard de la Russie ne favorisent pas un climat de sécurité alimentaire.

En outre, Adrien Tamagno, analyste chez Berenberg, annonce une possible augmentation des prix alimentaires due au manque d’engrais. Il déclare ainsi:

“Cela va conduire à un peu moins de volume fourni sur le sol. Et fondamentalement, l’impaction à long terme est une hausse des prix alimentaires.”

Magnus Melvær Rasmussen, analyste de Kepler Cheuvreux, évoque une possible condition de crise supplémentaire et ajoute:

“Cela ne s’annonce pas bien et c’est un problème pour les agriculteurs, pour la production alimentaire et pour la sécurité alimentaire.”

Toutefois, des solutions semblent être accessibles. Ainsi, les agriculteurs auront la possibilité d’importer des engrais plus chers provenant d’autres continents. Il est également possible de produire des engrais en Europe, tout en trouvant une autre source d’ammoniac.

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