Les États-Unis ont imposé une nouvelle série de sanctions visant la raffinerie indépendante Shouguang Luqing en Chine, qui importe jusqu’à 60 000 barils de pétrole brut iranien par jour. Cette décision marque une intensification des efforts de Washington pour réduire la marge de manœuvre économique de la République islamique d’Iran, tout en cherchant à la contraindre à reprendre les négociations sur un nouvel accord nucléaire.
Une pression accrue sur les acheteurs de brut iranien
Cette sanction constitue le quatrième train de mesures économiques depuis le début de l’année, signalant une volonté croissante de cibler les importateurs asiatiques du pétrole iranien. Près de l’ensemble des exportations de brut iranien sont aujourd’hui dirigées vers la Chine, selon les données de Rystad Energy. En ciblant un raffineur qualifié de « teapot » — désignant de petites unités de traitement pétrolier indépendantes — les États-Unis cherchent à élargir l’impact de leurs restrictions économiques au-delà de l’Iran.
Cette stratégie pourrait également traduire une tentative indirecte de faire pression sur le gouvernement chinois pour qu’il réduise ou interrompe ses importations de brut iranien. En parallèle, Washington a récemment révoqué une dérogation qui permettait à l’Irak d’acheter de l’électricité iranienne, renforçant ainsi l’étau économique autour de Téhéran.
Risques pour le marché pétrolier mondial
Bien qu’aucune politique dite de « pression maximale » ne soit encore officiellement mise en œuvre, les États-Unis menacent de réduire à zéro les exportations iraniennes, aujourd’hui évaluées à environ 1,5 million de barils par jour. Une telle mesure pourrait provoquer une hausse des prix du pétrole, entrant en contradiction avec l’engagement du président américain Donald Trump de maintenir des prix de l’énergie bas pour contenir l’inflation.
Selon Jorge León, directeur de l’analyse géopolitique chez Rystad Energy, les sanctions actuelles constituent un avertissement clair, mais leur efficacité à inciter l’Iran à revenir à la table des négociations reste incertaine. L’administration américaine pourrait toutefois tirer parti des conditions actuelles du marché, avec un prix du baril avoisinant les 70 dollars et une augmentation de la production par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+), pour renforcer ses mesures sans déséquilibrer l’offre mondiale.
Un signal anticipé de la part de Téhéran
Les exportations de pétrole iranien ont atteint en janvier un pic de 1,5 million de barils par jour, un niveau jamais atteint depuis mai 2024 et le deuxième plus élevé depuis mars 2019. Cette hausse pourrait refléter une anticipation par Téhéran d’un durcissement imminent des sanctions américaines.
La perspective d’une réduction significative des exportations iraniennes, dans un contexte de production accrue de la part de l’OPEP+, redéfinit les équilibres du marché mondial du pétrole. Les évolutions des prochaines semaines pourraient ainsi modifier durablement les flux commerciaux énergétiques dans la région Asie-Pacifique.