Un pétrolier turc transportant du pétrole russe attaqué par drone en mer Noire
L'Altura, un cargo battant pavillon sierra-léonais et appartenant à une société turque, a été ciblé par un drone naval en mer Noire, à moins de 30 km de l'entrée nord du Bosphore, selon Ankara.
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Un cargo battant pavillon sierra-léonais et appartenant à une société turque a été touché par ce que les autorités d'Ankara qualifient d'attaque au drone naval, tôt jeudi matin en mer Noire. Le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, a confirmé l'incident sur la chaîne privée 24 TV. Il a précisé que l'explosion « visait spécifiquement la salle des machines ». Le navire visé, l'Altura, avait quitté un port russe avant l'attaque, selon le ministre. Les tensions autour de l'approvisionnement pétrolier mondial, déjà vives dans la région, ont récemment pesé sur les cours du brut.
L'Altura, un navire de la « flotte fantôme » russe
L'incident s'est produit à moins de 30 km de l'entrée nord du détroit du Bosphore, d'après plusieurs médias turcs. Uraloglu n'a pas précisé si l'attaque avait eu lieu dans les eaux territoriales turques. L'Altura fait partie des pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales, un dispositif communément désigné sous le terme de « flotte fantôme ». Plusieurs de ces navires avaient déjà été attaqués par l'Ukraine fin 2025 dans la Zone économique exclusive (ZEE) turque en mer Noire.
Ces incidents avaient provoqué une vive réaction d'Ankara. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait alors demandé que cesse cette « escalade inquiétante ». La mer Noire constitue un axe stratégique pour les exportations pétrolières russes, notamment via le Bosphore, un corridor dont les perturbations peuvent avoir des répercussions sur les marchés mondiaux.
L'auteur de l'attaque non établi dans l'immédiat
L'identité de l'auteur de l'attaque n'a pas été officiellement établie dans l'immédiat. Ankara n'a pas non plus confirmé si l'incident s'était produit dans ses eaux territoriales, une précision qui conditionnerait ses obligations légales et diplomatiques. La flotte fantôme russe, composée de navires de diverses nationalités et pavillons de complaisance, permet à Moscou d'écouler son pétrole malgré les restrictions imposées par les pays occidentaux. L'attaque contre l'Altura illustre la montée des risques pesant sur ces routes de transit en mer Noire.