TurkStream 2: le nouveau Nord Stream 2?

Le TurkStream 2 pourrait représenter un tournant majeur dans la distribution des flux gaziers dans le Sud-Est de l’Europe.|Le TurkStream 2 pourrait représenter un tournant majeur dans la distribution des flux gaziers dans le Sud-Est de l’Europe.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Le TurkStream 2 pourrait représenter un tournant majeur dans la distribution des flux gaziers dans le Sud-Est de l’Europe. Traversant la Bulgarie et la Serbie, ce gazoduc constituera une nouvelle route alternative à l’Ukraine pour le gaz russe. Ainsi, comme pour le Nord Stream 2, le projet risque d’accroitre la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie. C’est pourquoi le Congrès américain a lancé une série de sanctions visant à stopper définitivement la construction du gazoduc.

 

TurkStream 2 : un projet datant de 2015

Le TurkStream 2 devient un enjeu majeur en Europe à l’heure ou l’attention médiatique se porte sur le gazoduc Nord Stream 2. Ce projet date de 2015 et consiste à étendre le TurkStream 1 de la Turquie vers les marchés européens. Il vise à desservir le Sud-Est de l’Europe en gaz venant de Russie en traversant les territoires bulgares et serbes.

Le TurkStream 1 relie la Russie à la Turquie en passant sous la mer Noire pour atteindre l’Ouest d’Istanbul. Inauguré au début d’année 2020, ce gazoduc fournit environ 15,5 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz à la Turquie. Il possède néanmoins une capacité totale de 31,5 bcm afin de pouvoir approvisionner à terme les marchés européens.

 

Une inauguration pour 2022 ?

Cette capacité non utilisée indique clairement que la Russie comptait bien utiliser le gazoduc pour vendre son gaz en Europe. En cela, le projet ne fait que poursuivre la stratégie initiée par le Kremlin lors de l’annonce du South Stream. Celui-ci ayant été avorté, Moscou compte sur l’extension du Turkstream afin de contourner la route ukrainienne.

Aujourd’hui, ce gazoduc est en très bonne voie d’être complété avec l’inauguration au début du mois du tronçon serbe. Côté bulgare, les travaux avancent plus lentement en raison des fortes pressions américaines de ces dernières semaines. Bien qu’aucune date n’ait été encore déterminée, de nombreux experts estiment à 2022 la date d’inauguration du projet.

 

Un risque de dépendance au gaz russe

Une fois complété, le TurkStream2 pourrait accroître sérieusement la dépendance des pays du Sud-Est de l’Europe au gaz russe. À l’heure actuelle, la région dépend déjà à 40% de la Russie pour sa consommation. Et encore ce chiffre ne prend pas en compte les différences entre pays. La Bulgarie dépend ainsi à 97% du gaz russe, la Grèce à 70% et la Roumanie à 15%.

Cette dépendance va d’autant plus s’accroitre que le gaz remplace progressivement le charbon dans le mix énergétique. De fait, l’extension du TurkStream pourrait constituer le cœur de l’approvisionnement en électricité de la région. Il faut rappeler que ce gazoduc pourra fournir directement 6 pays d’Europe du Sud-Est par le biais d’interconnexions des réseaux. Ces 6 pays sont la Bulgarie, la Serbie, la Roumanie, la Grèce, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du Nord.

 

Une redistribution des flux gaziers dans la région

Grâce à ce projet d’extension, la Russie pourra redistribuer à son avantage les flux gaziers dans la région. Aujourd’hui, ces flux passent principalement par le gazoduc Trans-balkanique (TBP) qui dépend du transit ukrainien pour acheminer le gaz russe. Autrement dit, la Russie et les pays du Sud-Est de l’Europe se retrouvent très vulnérables à la situation politique ukrainienne.

À l’inverse, avec le nouveau gazoduc, Moscou contourne l’obstacle ukrainien bien qu’elle doit compter sur la Turquie pour le transit. De fait, ce gazoduc vise à remplacer totalement le TBP dans les prochaines années et ainsi réduire le risque d’approvisionnement. Comme pour le Nord Stream 2, l’objectif de Moscou consiste à se passer totalement de la route ukrainienne d’ici 2025.

 

Un autre gazoduc sanctionné par les États-Unis

Bien qu’étant très avancé, le TurkStream2 se heurte à l’opposition de plus en plus vigoureuse des Etats-Unis. Ces derniers s’opposent au projet au nom de la sécurité énergétique de l’Europe face à la Russie. Surtout, ils s’inquiètent de la concurrence du gaz russe plus compétitif sur les exportations de GNL dans la région.

Rappelons que Washington soutient financièrement l’Initiative des 3 mers visant à connecter la Baltique à la Méditerranée. Cette initiative prévoit la construction de terminaux GNL en Grèce et en Croatie afin de fournir en gaz la région. Washington compte ainsi utiliser ses terminaux puis de les relier au TBP concurrençant ainsi le gaz russe. Or, l’extension du TurkStream met en cause la viabilité à-terme d’un tel projet.

 

Des sanctions, comme pour le Nord Stream 2

Dans ce contexte, les Etats-Unis ont lancé une série de sanctions visant à stopper définitivement la construction du gazoduc.  Comme le Nord Stream 2, ces sanctions s’appuient sur l’article 232 du CAATSA voté par le Congrès en décembre dernier. Avec ces sanctions, Washington menace de punir financièrement toutes les compagnies présentes sur ce projet.

Elles font d’ailleurs suite à une intense campagne diplomatique menée par l’ancien secrétaire d’Etat Mike Pompéo. Celui-ci s’est rendu plusieurs fois dans la région qualifiant le projet « d’outil géopolitique pour la Russie ». Des pressions ont également été faites à la Turquie afin de stopper la construction du tronçon avec la Bulgarie.

 

Conséquences : le TurkStream 2 prend du retard

Ces actions diplomatiques et ces sanctions semblent avoir payé dernièrement avec le retrait du principal assureur du projet. Comme pour le Nord Stream 2, le TurkStream 2 se voit retarder par les sanctions américaines.

Pour Washington, ce gazoduc représente une menace quant à la sécurité du continent européen et de l’Ukraine en particulier. Privée de frais de transit, Kiev pourrait en effet se retrouver considérablement affaiblie par la mise en service du gazoduc. Dans ces conditions, on peut regretter l’absence complète de l’Europe dans ce débat pourtant si essentiel à sa sécurité.

Les exportations de gaz russe vers l’Europe chutent à 18 bcm, plus bas depuis les années 1970

Les livraisons de gaz naturel par gazoducs depuis la Russie vers l’Union européenne ont reculé de 44 % en 2025, atteignant leur plus faible niveau depuis cinq décennies, à la suite de la fin du transit via l’Ukraine.

La Turquie vise un accord offshore avec la Syrie pour 2026 dans l’énergie

Ankara prépare un accord d’exploration en mer avec Damas pour 2026, marquant une nouvelle étape dans la coopération énergétique entre les deux pays après un rapprochement entamé en 2025.

AltaGas signe un accord de travail de cinq ans pour son terminal d’exportation de propane

AltaGas a finalisé un accord de travail avec le syndicat ILWU Local 523B, mettant fin à 28 jours de grève sur son terminal de propane de l’île Ridley, essentiel aux exportations canadiennes vers l’Asie.
en_114029301236540

La Lituanie prolonge le transit de gaz vers Kaliningrad jusqu’en 2030

Amber Grid a signé un accord pour maintenir le transit de gaz vers l’enclave russe de Kaliningrad, avec un plafond de capacité quotidien de 10,5 mn m³ jusqu’à fin 2030, dans le cadre d’un dispositif réglementé par l’Union européenne.

Le Liban prépare l’achat de gaz égyptien pour réduire sa dépendance au fioul

Le Liban engage un protocole d’accord avec l’Égypte pour importer du gaz naturel et soutenir sa production électrique, avec une réhabilitation préalable des infrastructures et une recherche active de financements pour garantir l’acheminement.

Woodside scelle un contrat de fourniture GNL de neuf ans avec la société turque BOTAŞ

Le producteur australien Woodside a signé un accord contraignant avec la société publique turque BOTAŞ portant sur la livraison de 5,8 milliards de mètres cubes de GNL à partir de 2030.
en_114029281237540

Condor lève $13,65mn pour accélérer un programme de forage gazier en Ouzbékistan

Condor Energies a finalisé un financement privé de $13,65mn afin de déployer un second appareil de forage et intensifier un programme gazier de 12 puits en Ouzbékistan prévu pour 2026.

Le Myanmar relance ses importations de GNL avec un premier acheminement depuis 2021

Après une interruption de plus de quatre ans, le Myanmar a repris ses livraisons de gaz naturel liquéfié, avec une demi-cargaison réceptionnée en novembre pour alimenter deux projets de production électrique financés par l’État.

Canberra impose une réserve gazière obligatoire pour sécuriser l’approvisionnement domestique

Le gouvernement australien exigera que jusqu’à 25 % du gaz extrait sur la côte est soit réservé au marché intérieur dès 2027, en réponse aux tensions sur l’approvisionnement et à la flambée des prix.
en_114023221243540

Baker Hughes fournira six turbines LM9000 pour le terminal gazier de Commonwealth LNG

Baker Hughes va livrer six trains de réfrigération au gaz pour le projet d’exportation de gaz naturel liquéfié de 9,5 mtpa porté par Commonwealth LNG en Louisiane, sous contrat avec Technip Energies.

Les États-Unis traquent un troisième tanker lié à la flotte fantôme vénézuélienne

Après deux saisies en dix jours, les autorités américaines poursuivent un nouveau pétrolier soupçonné de contourner les sanctions. Données de suivi maritime et déclarations officielles suggèrent une intensification des contrôles sur les cargaisons de brut liées au Venezuela.

Shanghai Electric lance une modernisation de 625 MW pour renforcer le réseau électrique irakien

Shanghai Electric démarre un projet d’expansion en cycle combiné dans quatre provinces irakiennes, visant à accroître l’efficacité énergétique de 50 % sans consommation de carburant supplémentaire.
en_114021201226540

Zefiro boucle un projet gazier de $1.5mn en Pennsylvanie et prépare une opération à $5mn en Louisiane

Zefiro Methane, via sa filiale Plants & Goodwin, finalise un projet de conversion énergétique en Pennsylvanie et anticipe une nouvelle opération de désaffectation de puits en Louisiane, portant son empreinte à huit États américains.

France : le Conseil d’État interdit l’exploitation du gaz de couche en Lorraine

Le Conseil d'État a annulé l’autorisation d’exploiter le gaz de couche en Lorraine, invoquant des risques pour la principale nappe phréatique régionale et mettant fin à une bataille judiciaire engagée depuis plus de dix ans.

JERA signe un contrat de sept ans pour la livraison de GNL à Hokkaido Gas

Le producteur d’électricité japonais JERA livrera jusqu’à 200 000 tonnes de gaz naturel liquéfié par an à Hokkaido Gas à partir de 2027 dans le cadre d’un accord de vente à long terme signé ce mois-ci.
en_114018191228540

Israël scelle un contrat gazier de 30 milliards d’euros avec l’Égypte

Un accord annoncé le 17 décembre 2025 prévoit vingt ans de livraisons jusqu’en 2040. L’enveloppe atteint 112 milliards de new Israeli shekels (shekels israéliens) (NIS), avec des flux destinés à soutenir l’offre gazière égyptienne et les recettes publiques israéliennes.

ADNOC lève jusqu’à $11bn pour financer le projet gazier offshore Hail et Ghasha

La société pétrolière nationale d’Abou Dhabi a obtenu un financement structuré inédit pour accélérer le développement du projet gazier Hail et Ghasha, tout en conservant le contrôle stratégique de ses infrastructures.

Sawgrass LNG célèbre huit ans de livraisons de gaz naturel liquéfié aux Bahamas

Le fournisseur américain Sawgrass LNG & Power marque huit années d’exportation continue de gaz naturel liquéfié vers les Bahamas, consolidant sa position dans les échanges énergétiques régionaux.
en_114017181229540

Kinder Morgan restaure plus tôt que prévu la capacité EPNG à Lordsburg

Kinder Morgan a rétabli la capacité du gazoduc EPNG à Lordsburg dès le 13 décembre, mettant fin à une contrainte qui avait provoqué des prix négatifs à Waha. Cette reprise renforce la pression sur l’infrastructure du Permien, toujours à la limite de ses capacités.

ENGIE met en service 875 MW de capacités flexibles pour soutenir le réseau belge

ENGIE active plusieurs projets clés en Belgique, incluant une centrale à gaz de 875 MW à Flémalle et un système de stockage par batteries à Vilvorde, afin de renforcer la sécurité d’approvisionnement et la flexibilité du réseau électrique.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.