Tarifs américains : l’Inde augmente ses importations de brut brésilien de 80 % en 2025

Les importations indiennes de brut brésilien atteignent 72 000 barils par jour au premier semestre 2025, sous l’effet des sanctions américaines, et devraient croître avec de nouveaux contrats et projets amont entre Petrobras et les raffineurs indiens.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

L’Inde et le Brésil renforcent leur coopération énergétique alors que Washington applique des tarifs punitifs de 50 % sur leurs exportations. Pour New Delhi, la diversification des approvisionnements pétroliers est devenue un impératif : la part du brut russe dans ses importations reste dominante mais suscite une dépendance jugée risquée. Pour Brasilia, l’enjeu est de trouver de nouveaux débouchés pour une production en hausse, alors que plus de 60 % de ses exportations pétrolières actuelles sont destinées à la Chine.

Sanctions américaines et réorientation commerciale

En août 2025, les États-Unis ont imposé un droit additionnel de 25 % sur les exportations indiennes, portant le tarif total à 50 %. En parallèle, les exportations brésiliennes vers les États-Unis ont été frappées par la même taxe, bien que certains produits énergétiques aient été exemptés. Ces mesures représentent une charge estimée à plus de 12 milliards de dollars pour les exportateurs indiens et brésiliens sur une base annuelle, selon des calculs officiels.

La réponse diplomatique a été immédiate. Narendra Modi et Luiz Inácio Lula da Silva ont convenu d’accélérer les échanges bilatéraux, avec pour objectif de porter le commerce global entre les deux pays de 16 milliards de dollars en 2024 à 20 milliards de dollars en 2030. L’énergie représente l’un des piliers de cette stratégie, aux côtés de la défense, de l’agriculture et des technologies.

Hausse rapide des flux pétroliers

Au premier semestre 2025, l’Inde a importé en moyenne 72 000 barils par jour (b/j) de pétrole brut brésilien, contre 41 000 b/j un an plus tôt, soit une augmentation de 75 à 80 %. Sur la même période, la Russie a fourni environ 1,67 million b/j à l’Inde, représentant plus de 40 % du panier, tandis que les États-Unis ont expédié 271 000 b/j (+51 %). L’Irak et l’Arabie saoudite, traditionnellement premiers fournisseurs, ont vu leurs volumes reculer de 2 à 4 %.

Le Brésil se place ainsi parmi les fournisseurs émergents de New Delhi, derrière le Nigeria, dont les expéditions vers l’Inde ont atteint 228 000 b/j au premier semestre (+26 % sur un an). Cette dynamique confirme une réallocation progressive vers des bruts non-OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

Grades de brut et coûts logistiques

Les cargaisons indiennes en provenance du Brésil se composent majoritairement de bruts moyens doux issus du pré-sal, avec environ 43 % de Lula/Tupi, 28 % de Sépia et 14 % d’Atapu. Le brut lourd Peregrino a représenté environ 14 % des volumes. L’Indian Oil Corporation (IOC) a réceptionné la majorité des cargaisons à son terminal de Paradip, tandis que Reliance Industries a importé Peregrino via son port de Sikka.

Acheminer un pétrolier très grande capacité (VLCC) du Brésil à l’Inde prend environ 28 à 30 jours, contre 6 à 8 jours depuis le Golfe. Les coûts de fret se situent entre 15 et 20 dollars par tonne métrique, soit près de trois fois plus que les 4 à 6 dollars par tonne depuis le Moyen-Orient. Ce différentiel oblige le Brésil à accorder des décotes de 1 à 2 dollars par baril pour rester compétitif.

Contrats récents et nouveaux accords

En février 2025, Petrobras a conclu un contrat d’un an avec Bharat Petroleum Corporation Limited (BPCL) portant sur un volume de 6 millions de barils de brut, soit environ 16 500 b/j. Cet accord, renouvelable, constitue la première fourniture de terme entre Petrobras et un raffineur indien. Il vient s’ajouter aux cargaisons ponctuelles achetées par IOC et Reliance.

Petrobras a également signé deux protocoles d’accord : l’un avec ONGC Videsh (filiale internationale d’ONGC), l’autre avec Oil India Limited. Ces accords prévoient une coopération technique sur l’exploration en eaux profondes et ultra-profondes, ainsi qu’un partage d’expertise sur les biocarburants.

Exposition amont et production attendue

Les compagnies indiennes détiennent déjà des participations au Brésil. ONGC possède une part dans le champ BC-10 (bassin de Campos), opéré par Shell, tandis que Bharat Petroleum détient des intérêts dans cinq blocs offshore. Actuellement, la production attribuée aux sociétés indiennes ne dépasse pas 8 000 barils équivalent pétrole par jour.

De nouveaux projets devraient cependant changer l’échelle : les champs Wahoo, SEAP-1 et SEAP-2 doivent entrer en production entre 2024 et 2027. Selon les projections, ces développements pourraient porter la production revenant aux entreprises indiennes à environ 40 000 barils équivalent pétrole par jour d’ici 2028, soit cinq fois plus qu’actuellement.

Concurrence asiatique et arbitrages indiens

La Chine, premier importateur mondial de brut, capte déjà plus de 60 % des exportations brésiliennes. En 2024, Pékin a importé environ 1,3 million b/j en provenance du Brésil, soit près de dix-huit fois plus que l’Inde. Les raffineries chinoises, confrontées aux restrictions sur le brut iranien, intensifient leurs achats de grades brésiliens, ce qui pourrait limiter l’accès indien.

L’Inde maintient donc une stratégie de diversification : en 2025, elle a augmenté ses achats de brut américain à 271 000 b/j, tout en conservant une dépendance forte aux barils russes. Les flux brésiliens s’inscrivent dans cet équilibre, offrant une source supplémentaire mais contrainte par la concurrence régionale et les coûts logistiques.

Au-delà du pétrole : bioénergie et renouvelables

L’Inde et le Brésil sont également liés par la Global Biofuels Alliance, créée en 2023 avec les États-Unis. En juillet 2025, les deux gouvernements ont signé un protocole d’accord sur les énergies renouvelables, couvrant l’éthanol, le carburant d’aviation durable (SAF) et les coopérations solaires et hydrogène. Le Brésil, qui produit plus de 30 milliards de litres d’éthanol par an, pourrait accroître ses exportations vers l’Inde, où le taux d’incorporation de bioéthanol a dépassé 12 % en 2025, contre 5 % en 2015.

Ces accords témoignent d’une diversification de la coopération énergétique, mais le pétrole brut reste la priorité immédiate compte tenu des volumes et de l’urgence de sécuriser des alternatives aux flux russes et moyen-orientaux.

Un partenariat en construction

Les sanctions américaines ont accéléré une tendance déjà en cours : l’Inde cherche à élargir son portefeuille d’approvisionnements et le Brésil veut diversifier ses débouchés au-delà de la Chine et des États-Unis. Les contrats signés en 2025, la hausse des flux maritimes et les projets amont offrent des premiers jalons concrets. La question demeure de savoir si ces initiatives permettront de faire du Brésil un fournisseur structurel pour l’Inde, ou si elles resteront limitées par les contraintes logistiques et les arbitrages économiques.

Venezuela : de l’embargo pétrolier à la capture de Maduro, chronique d’une escalade américaine

Washington a franchi un cap historique en capturant Nicolas Maduro après des années de sanctions et d'embargo. Retour sur deux décennies de tensions et leurs implications pour le marché pétrolier mondial.

Saturn Oil & Gas finalise la fusion de ses filiales pour optimiser ses investissements

Le groupe canadien Saturn Oil & Gas a consolidé ses filiales dans une structure unique afin d’optimiser ses investissements pétroliers et réduire ses coûts administratifs à long terme.

PBF Energy prolonge la remise en service de sa raffinerie de Martinez jusqu’en février 2026

PBF Energy reporte à février 2026 la reprise complète de ses activités à Martinez, en Californie, après un incendie survenu en 2025, tout en publiant ses prévisions de traitement pour l’ensemble de son réseau de raffinage.
en_114044331251540

CNOOC démarre la production du projet Buzios6 au large du Brésil

La société chinoise CNOOC a lancé la production du projet Buzios6, portant la capacité totale du gisement pré-salifère à 1,15 million de barils par jour.

La raffinerie de Tema redémarre partiellement après quatre ans d’arrêt au Ghana

La raffinerie de Tema a relancé ses opérations avec une capacité réduite, après une période d’inactivité prolongée et des travaux de maintenance ciblés menés sur les infrastructures clés.

Tempête en mer Noire : le terminal de CPC interrompt les expéditions de brut

Le consortium Caspian Pipeline a suspendu ses opérations de chargement et de réception de brut en raison d'une tempête et d'une saturation des capacités de stockage.
en_114030311231540

Frontera conclut un accord pétrolier de $120mn avec une filiale de Chevron

Frontera Energy a signé un contrat d’approvisionnement de brut d’un montant maximal de $120mn avec Chevron Products Company, comprenant une avance initiale de $80mn et une option de financement additionnel.

Amplify Energy finalise la cession de ses actifs en Oklahoma pour $92,5mn

Amplify Energy a conclu la vente de ses actifs en Oklahoma pour $92,5mn, une opération qui s’inscrit dans sa stratégie de simplification de portefeuille et d’optimisation de sa structure financière.

NNPC lance la cession de parts dans plusieurs actifs pétroliers et gaziers

La compagnie publique nigériane NNPC a ouvert un processus d'appel d'offres pour vendre des participations dans des actifs pétroliers et gaziers, dans le cadre d'une stratégie de réorganisation de portefeuille.
en_114029301233540

L’essor offshore dans les Caraïbes accélère la création de hubs logistiques pétroliers

Face à la montée en puissance des projets offshore, les pays caribéens misent sur des bases à terre et des ports spécialisés pour soutenir leurs opérations pétrolières et gazières en mer.

TPAO, MOL et ORLEN renforcent leur présence en Libye avant le sommet énergétique de 2026

Les compagnies nationales turque, hongroise et polonaise officialisent leur participation au sommet de Tripoli alors que la Libye relance ses investissements en amont et élargit ses opportunités de licences.

Brésil : la FUP prête à accepter l’offre de Petrobras pour mettre fin à la grève

Le syndicat pétrolier FUP a annoncé son intention d’approuver la dernière proposition de Petrobras, ouvrant la voie à la fin d’une grève nationale d’une semaine sans impact sur la production.
en_114024231227540

Subsea7 décroche un contrat stratégique avec LLOG pour Buckskin South aux États-Unis

Subsea7 a obtenu un contrat d’installation sous-marine auprès de LLOG pour le projet Buckskin South, une opération prévue entre 2026 et 2027, consolidant sa position dans le golfe du Mexique et renforçant la visibilité de son carnet de commandes.

Brésil, Guyana et Argentine soutiennent la croissance mondiale du pétrole brut en 2026

La production mondiale de pétrole brut devrait augmenter de 0,8 million de barils par jour en 2026, portée à 50 % par les hausses attendues au Brésil, au Guyana et en Argentine.

Woodbridge Ventures annonce l’acquisition de Greenflame et prépare son entrée dans le secteur pétrolier

Woodbridge Ventures II Inc. conclut un accord définitif avec Greenflame Resources en vue d’une fusion structurante, accompagnée d’un financement parallèle pouvant atteindre $10mn.
en_114024231238540

Le blocus américain sur le pétrole vénézuélien désorganise les expéditions maritimes

Les interceptions de navires liées au pétrole vénézuélien se multiplient, poussant les armateurs à suspendre leurs opérations tandis que PDVSA peine à se remettre d'une cyberattaque ayant désorganisé ses systèmes logistiques.

Harbour Energy rachète LLOG Exploration pour $3.2bn afin d’accroître ses réserves

Harbour Energy s’empare de l’opérateur offshore américain LLOG pour $3.2bn, ajoutant 271 millions de barils de réserves et intégrant un cinquième pôle opérationnel dans le Golfe du Mexique.

Heirs Energies obtient un financement de $750mn pour renforcer ses capacités de production

L’accord signé avec Afreximbank marque un tournant stratégique pour Heirs Energies, qui vise une montée en puissance de ses activités d’exploration et de production sur le bloc pétrolier OML 17 au Nigeria.
en_114023221237540

Le Nigeria nomme Oritsemeyiwa Eyesan à la tête du NUPRC pour relancer l’amont pétrolier

La nomination d’Oritsemeyiwa Eyesan à la tête du régulateur pétrolier marque un tournant stratégique pour le Nigeria, qui espère attirer 10 milliards $ dans l’exploration grâce à une réforme réglementaire soutenue et transparente.

L’Irak exige des compagnies étrangères au Kurdistan la remise de leur pétrole brut

Bagdad affirme que toutes les entreprises internationales opérant dans les champs pétroliers du Kurdistan doivent transférer leur production à la compagnie nationale SOMO, conformément à l'accord signé avec Erbil en septembre.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.