Shell a repris ses efforts pour se désengager de la raffinerie de pétrole PCK Schwedt en Allemagne, selon trois sources proches du dossier. La major énergétique britannique détient une participation de 37,5 % dans cette installation clé située dans le nord-est du pays, au cœur d’enjeux politiques liés aux sanctions contre la Russie. Un espace de consultation de données a été rouvert ce mois-ci pour permettre aux investisseurs intéressés d’accéder aux informations nécessaires en vue d’un rachat.
L’impact des sanctions sur les opérations
Le contrôle de la raffinerie, qui couvre une part importante de l’approvisionnement en carburant de la région de Berlin, a été retiré à Rosneft, qui en détient 54,17 %, par le gouvernement allemand en 2022. Cette décision faisait suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à la rupture des relations énergétiques entre Berlin et Moscou. Depuis, le gouvernement allemand assure une tutelle temporaire sur l’actif stratégique, renouvelée tous les six mois, sans en détenir officiellement la propriété.
Une première tentative de cession en 2022 à la société britannique Prax Group avait échoué. Cette fois, Shell chercherait à obtenir des offres d’achat d’ici la fin janvier, selon une des sources proches du dossier. Le groupe a décliné tout commentaire officiel sur l’opération en cours.
Intérêt renouvelé de Liwathon Group
Parmi les acteurs intéressés figure Liwathon Group, un négociant en énergie basé à Tallinn, disposant de terminaux pétroliers en Estonie et aux Bahamas. Tibor Fedke, avocat du cabinet Noerr qui conseille régulièrement le groupe en Allemagne, a confirmé l’intérêt de Liwathon pour la raffinerie. En 2021, avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, Shell avait déjà sélectionné la filiale autrichienne de Liwathon, Alcmene, comme acquéreur potentiel.
La raffinerie de Schwedt, qui peut traiter jusqu’à 230 000 barils par jour, reste un point de friction politique en Allemagne. Le gouvernement a jusqu’à présent évité toute expropriation formelle de Rosneft pour ne pas aggraver les tensions diplomatiques avec la Russie, tout en tentant de garantir l’approvisionnement énergétique du pays.
Maintien des activités sous licence temporaire
En octobre, un accord de dernière minute avec les autorités américaines a permis d’exempter temporairement la raffinerie des sanctions liées à Rosneft. Cet arrangement permet aux opérations de se poursuivre jusqu’à la fin avril sous une licence provisoire. Les négociations autour de la future structure actionnariale de l’installation restent en cours, dans un contexte marqué par l’incertitude sur la stratégie à long terme de Rosneft.