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Shell confrontée à une action judiciaire de 2 milliards $ au Nigeria avant cession d’actifs

Un chef traditionnel du delta du Niger réclame des réparations avant la vente d’actifs terrestres de Shell, invoquant des décennies de pollution non traitée dans son royaume.

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Shell confrontée à une action judiciaire de 2 milliards $ au Nigeria avant cession d’actifs

Secteurs Pétrole
Thèmes Régulation & Gouvernance, Contentieux
Sociétés Shell

Un différend judiciaire opposant le groupe anglo-néerlandais Shell à un chef traditionnel du sud du Nigeria pourrait retarder la cession de ses actifs pétroliers terrestres dans la région du delta du Niger. Le roi Bubaraye Dakolo, monarque du royaume d’Ekpetiama dans l’État de Bayelsa, demande devant la justice une compensation de 2 milliards $ et exige le nettoyage intégral des zones polluées par les opérations du groupe.

Le contentieux s’inscrit dans un contexte de retrait progressif de Shell de ses installations terrestres au Nigeria, après plusieurs décennies d’exploitation pétrolière. Le transfert de ses actifs à un consortium local nommé Renaissance fait désormais l’objet d’une contestation judiciaire. Le roi Dakolo cherche à suspendre la transaction jusqu’à ce qu’un accord soit conclu sur le financement des réparations environnementales, le démantèlement des infrastructures obsolètes et l’indemnisation des communautés locales.

Des dommages évalués à 12 milliards $

Une enquête de quatre ans menée par la Commission pétrolière et environnementale de l’État de Bayelsa, en collaboration avec des experts internationaux, a évalué à 12 milliards $ le coût nécessaire pour restaurer les sites affectés par les fuites de pétrole. Les compagnies pétrolières, dont Shell, attribuent généralement ces déversements au sabotage ou au vol de pétrole, mais les communautés locales dénoncent une négligence persistante.

Le roi Dakolo affirme disposer de preuves matérielles de la responsabilité de Shell, accumulées depuis son enfance passée au contact direct des infrastructures pétrolières de la région. Le royaume d’Ekpetiama, qui compte 1,5 million d’habitants, est situé au cœur de la zone historiquement la plus exploitée pour l’extraction de pétrole brut au Nigeria.

Procédure judiciaire et nouvelle stratégie d’investissement

Une audience préliminaire est prévue cette semaine, au cours de laquelle Shell devrait présenter des objections procédurales, selon les avocats du roi. L’enjeu immédiat concerne la suspension temporaire du transfert d’actifs à Renaissance, en attendant qu’un engagement juridique soit formalisé sur les mesures de dépollution.

Malgré le litige en cours, Shell poursuit sa stratégie de redéploiement au Nigeria. Le groupe a annoncé récemment un investissement de 2 milliards $ dans un nouveau projet gazier offshore, confirmant sa volonté de renforcer ses activités en mer au détriment des opérations terrestres plus exposées aux conflits communautaires et aux incidents de sécurité.

Une pression croissante sur les entreprises sortantes

Le cas porté par le roi Dakolo s’ajoute à une série d’actions similaires intentées par des communautés du delta du Niger contre des multinationales pétrolières. Ces démarches visent à empêcher les entreprises de se désengager sans garantir une gestion environnementale des sites abandonnés. Shell, pour sa part, a indiqué que la gestion du dossier relevait désormais du consortium Renaissance, sans commentaire supplémentaire.

Le Nigeria, premier producteur de brut d’Afrique, cherche à attirer de nouveaux capitaux étrangers dans son secteur énergétique. Le gouvernement soutient une restructuration du marché pétrolier local, en facilitant les prises de contrôle d’actifs par des groupes nationaux. Toutefois, les tensions juridiques liées à la dépollution pourraient influencer la perception des investisseurs sur le climat réglementaire et judiciaire du pays.

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