Quatre des principaux opérateurs européens de recharge électrique, l’Allemand Ionity, le Néerlandais Fastned, le Français Electra et l’Italien Atlante, ont annoncé ce mercredi la création d’une interface commune permettant aux conducteurs de véhicules électriques d’accéder à leurs bornes respectives sans changer d’application. La plateforme, baptisée Spark Alliance, regroupera plus de 11 000 stations de recharge très rapide en Europe dès l’été prochain.
Cette nouvelle solution vise à simplifier un processus aujourd’hui fragmenté, où les automobilistes doivent télécharger plusieurs applications et créer des comptes distincts pour chaque opérateur. Le dispositif concernera les stations délivrant une puissance minimale de 150 kilowatts, permettant une recharge en environ quinze minutes, notamment sur les grands axes routiers européens.
Un réseau interopérable dans 25 pays européens
L’initiative concernera 25 pays européens, parmi lesquels le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique. Chaque opérateur conservera ses tarifs propres, mais les utilisateurs auront la possibilité de recharger à travers le réseau sans frais additionnels lorsqu’ils passeront par l’application d’un autre membre de l’alliance, selon les précisions apportées par Aurélien de Meaux, président-directeur général d’Electra.
Spark Alliance n’impliquera pas de participation croisée entre les entreprises, les quatre opérateurs restant indépendants sur le plan capitalistique. L’objectif affiché est de renforcer la coopération technique sans remettre en cause la concurrence sur les tarifs ni les stratégies commerciales.
Réduction des intermédiaires tiers
Actuellement, des plateformes comme Charge Map proposent déjà une certaine interopérabilité, mais leur usage engendre généralement des frais supplémentaires. Avec Spark Alliance, les entreprises espèrent répondre à cette limite et mieux structurer un marché en rapide croissance, sans recourir à des intermédiaires.
L’initiative fait écho aux recommandations du rapport sur la compétitivité européenne rédigé par Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, qui prône une collaboration accrue entre les entreprises du continent. La société américaine Tesla, opérateur majeur du secteur, ne prendra pas part à cette initiative. La marque reste en dehors de ce projet européen dans un contexte où elle fait face à des critiques de consommateurs liés à la posture politique de son dirigeant Elon Musk.