La Cour des comptes européenne a estimé que les États membres de l’Union européenne devront engager des investissements à hauteur de 1 871 milliards d’euros d’ici 2050 pour moderniser leurs réseaux électriques. L’institution souligne que cette refonte est devenue impérative face à l’augmentation attendue de la demande électrique, à l’obsolescence des infrastructures existantes et à la nécessité de renforcer l’indépendance énergétique du bloc. La demande en électricité devrait plus que doubler au cours des 25 prochaines années, rendant ces infrastructures critiques pour la compétitivité industrielle et la stabilité du marché intérieur.
Des infrastructures vieillissantes sous pression croissante
Environ la moitié des lignes de distribution actuelles en Europe ont plus de quarante ans, certaines datant même de l’après-guerre. Cette situation pèse sur la capacité des États membres à absorber de nouveaux flux, notamment ceux provenant de sources non conventionnelles. La Cour met en avant la nécessité d’adapter les réseaux pour intégrer plus efficacement les énergies renouvelables et accompagner l’électrification progressive des usages. Le manque d’harmonisation dans la planification nationale et les délais pour l’obtention de permis ralentissent considérablement les projets d’envergure.
Optimisation du réseau et initiatives nationales
La France a récemment annoncé un plan de 100 milliards d’euros répartis sur quinze ans pour adapter son réseau à ces enjeux, notamment en facilitant le transport d’électricité entre les centres de production — tels que les centrales nucléaires ou les champs photovoltaïques — et les zones de consommation. À l’échelle européenne, la Cour des comptes préconise une meilleure flexibilité dans la gestion du réseau, afin d’atténuer les effets des pics de consommation et des variations de production saisonnières.
Vers des outils numériques et des interconnexions accrues
Le développement d’interconnexions entre États membres et l’extension du stockage à grande échelle sont cités comme leviers essentiels pour absorber la pression croissante sur le réseau. Selon la Cour, l’utilisation accrue de compteurs intelligents pourrait également jouer un rôle clé, bien que leur adoption reste inégale selon les pays. Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour des comptes européenne, a souligné que « pour assurer la compétitivité et l’autonomie de l’UE, nous avons besoin d’infrastructures modernes pour porter notre industrie et maintenir des prix abordables ».