La croissance mondiale des nouvelles capacités de production d’électricité à partir de charbon a atteint en 2024 son plus faible niveau depuis deux décennies, selon un rapport publié le 3 avril par un collectif de chercheurs et d’organisations non gouvernementales, incluant Global Energy Monitor et E3G. Cette croissance s’est limitée à 44 gigawatts (GW) l’an dernier, contre 72 GW en 2023, bien en dessous du pic de 107 GW enregistré en 2015.
Plus du tiers de l’électricité mondiale provient encore du charbon, malgré les efforts de certains pays pour s’en détacher. Le Royaume-Uni a, par exemple, mis fin à son utilisation de cette source en fermant sa dernière centrale en 2023. Toutefois, la dynamique reste soutenue en Asie, en particulier en Chine et en Inde, qui concentrent désormais la majorité des nouveaux projets. Ces deux pays ont démarré davantage de constructions de centrales à charbon en 2024 qu’au cours de toute autre année précédente.
Concentration régionale des mises en chantier
Le rapport indique que seuls huit pays ont engagé de nouveaux projets de centrales à charbon en 2024. Parmi eux, la Chine et l’Inde dominent largement, consolidant leur rôle dans la demande mondiale. La Chine, qui consomme à elle seule un tiers du charbon utilisé dans le monde, continue d’enregistrer une forte expansion malgré une croissance record des énergies renouvelables.
Cependant, le nombre de nouveaux permis de construire de centrales à charbon délivrés en Chine a reculé à son plus bas niveau depuis trois ans, suggérant une évolution possible de la politique d’expansion future. D’autres pays d’Asie du Sud-Est comme l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines ont quant à eux réduit leurs projets. Le Vietnam s’est également engagé sur une trajectoire de sortie du charbon.
Évolutions contrastées en Asie et en Occident
Le rapport souligne que le Japon et la Corée du Sud poursuivent une stratégie consistant à promouvoir des technologies visant à décarboner la combustion du charbon, notamment par l’injection d’ammoniac. Ces méthodes, selon les auteurs, se révèlent coûteuses et peu efficaces à grande échelle. Le document ne formule toutefois pas d’évaluation sur leur viabilité économique à long terme.
Aux États-Unis, le nouveau président Donald Trump a validé le redémarrage de centrales au charbon. Toutefois, les analystes du rapport rappellent que son premier mandat avait déjà démontré la difficulté à enrayer le déclin du charbon dans le pays, en raison notamment du vieillissement de son parc énergétique.