Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont enregistré une hausse inattendue de 6,2 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 28 mars, selon les données publiées par l’Energy Information Administration (EIA), l’Agence américaine sur l’énergie. Cette progression a porté les stocks totaux à 439,8 millions de barils, soit leur niveau le plus élevé depuis juillet 2024, alors que les analystes anticipaient une baisse modérée de l’ordre de 500 000 barils, d’après un consensus établi par Bloomberg.
Ralentissement du raffinage et impact sur les stocks
Cette accumulation de brut coïncide avec une utilisation plus faible des capacités de raffinage, tombée à 86 %, contre 87 % la semaine précédente. Une activité de raffinage réduite tend à limiter la transformation du brut, ce qui alimente mécaniquement les volumes de stocks. La production nationale, quant à elle, est restée quasiment inchangée à 13,58 millions de barils par jour, contre 13,57 millions la semaine précédente.
Exportations en recul, importations en hausse
Le principal facteur ayant contribué à la hausse des réserves est la diminution des exportations américaines de pétrole brut, qui ont chuté de 16 % pour atteindre 3,88 millions de barils par jour, contre 4,60 millions lors de la période précédente. En parallèle, les importations ont progressé de 4,37 %, alimentées notamment par une augmentation significative des volumes en provenance du Canada.
Les importations canadiennes ont atteint 4,42 millions de barils par jour, soit le deuxième plus haut niveau jamais enregistré, selon Bloomberg. D’après Phil Flynn, analyste chez Price Futures Group, cette hausse s’explique par une volonté d’anticiper l’application potentielle de nouveaux droits de douane annoncés par le président Donald Trump.
Effet modéré sur les prix du brut
Au centre de livraison de Cushing, dans l’État d’Oklahoma, les réserves ont progressé d’environ 2,4 millions de barils. Historiquement, une telle augmentation tend à exercer une pression baissière sur les prix du pétrole. Toutefois, le marché a réagi de manière contrastée : le cours du West Texas Intermediate (WTI) a d’abord fléchi avant de rebondir, s’établissant à 69,91 dollars le baril (+1,33 %), tandis que le Brent de la mer du Nord se maintenait à 74,54 dollars (+0,07 %).
Selon Phil Flynn, la faiblesse temporaire de l’activité des raffineries et les incertitudes géopolitiques persistantes, notamment autour de l’Iran, continuent d’alimenter une prime de risque dans les cours.