Le prix du pétrole a connu une baisse notable ce mardi, les cours du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) enregistrant des pertes respectives de 1,45% et 1,20%. À 10H20 GMT, le baril de Brent s’échangeait à 70,58 dollars, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis octobre dernier. Le WTI, quant à lui, était coté à 67,55 dollars pour livraison en avril. Cette chute est attribuée à la décision de l’Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés) de maintenir son calendrier de hausse progressive de production, qu’elle avait annoncé en décembre 2024.
La décision de l’Opep+ et ses implications sur le marché
L’Opep+ a affirmé, dans un communiqué, que le maintien de ce plan était justifié par « les fondamentaux sains et les perspectives positives du marché ». Toutefois, cette réintroduction de volumes supplémentaires de pétrole sur le marché a été perçue comme un changement stratégique pour l’organisation, qui jusque-là avait retardé cette hausse de production lorsque le prix du Brent était inférieur à 75 dollars. Le cartel a prévu de revenir progressivement sur les coupes de production de 2,2 millions de barils par jour, à partir du 1er avril 2025.
Des analystes, dont Helge André Martinsen et Tobias Ingebrigtsen de DNB, ont averti que si l’Opep+ maintenait sa trajectoire actuelle, le prix du Brent pourrait même passer sous la barre des 70 dollars. Ils ont souligné que l’Arabie Saoudite, la Russie, et d’autres membres clés du cartel, notamment l’Irak et les Émirats arabes unis, devraient se montrer plus flexibles pour stabiliser les prix à court terme.
Le rôle de la Russie et de Donald Trump
Parmi les principaux acteurs influençant cette décision, la Russie semble avoir joué un rôle central. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, a suggéré que Moscou pourrait avoir poussé pour une augmentation de la production, afin d’aligner les politiques énergétiques du pays avec les priorités géopolitiques de Vladimir Poutine, notamment en ce qui concerne l’Ukraine. Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, a mentionné que la volonté de la Russie de parvenir à un accord favorable en Ukraine pourrait avoir facilité son soutien à une politique de production plus élevée, à la demande des États-Unis.
Le rôle de Donald Trump dans cette dynamique a également été souligné. Lors de son discours au Forum économique de Davos en janvier 2025, l’ancien président américain a exprimé son désir que l’Opep augmente sa production afin de faire baisser le prix du pétrole et de lutter contre l’inflation, un sujet de préoccupation majeur pour son administration.
Les tensions commerciales et leur impact sur la demande de pétrole
Par ailleurs, l’introduction de nouveaux droits de douane par Donald Trump sur les produits en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine a renforcé les inquiétudes des analystes concernant un ralentissement économique qui pourrait affaiblir la demande de pétrole. Ces tensions commerciales, couplées à la hausse de la production, ont contribué à accentuer la pression baissière sur les prix de l’or noir.