Le président serbe, Aleksandar Vucic, a annoncé que les États-Unis ont reporté de trente jours l’application des sanctions prévues contre l’Industrie pétrolière de Serbie (NIS), la principale compagnie pétrolière et gazière du pays, majoritairement contrôlée par le géant russe Gazprom. Cette décision intervient alors que NIS figure sur une liste de sociétés ciblées par des sanctions américaines de grande envergure visant le secteur énergétique russe depuis janvier.
Impact sur l’approvisionnement énergétique serbe
NIS est le principal fournisseur de gaz en Serbie et détient la majorité du réseau de gazoducs qui distribue le gaz aux ménages et aux industries du pays. L’imposition de sanctions aurait donc des conséquences significatives sur l’approvisionnement énergétique de la Serbie, qui dépend fortement du gaz russe. Le président Vucic avait précédemment exprimé ses inquiétudes quant aux répercussions sévères que ces sanctions pourraient avoir sur l’économie et la population serbes.
Relations serbo-russes et positionnement géopolitique
Malgré l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, la Serbie a maintenu des relations étroites avec Moscou et a refusé de s’aligner sur les sanctions européennes contre la Russie, bien qu’elle soit candidate à l’adhésion à l’Union européenne. Cette position délicate place Belgrade dans une situation complexe sur la scène internationale, jonglant entre ses aspirations européennes et ses liens historiques avec la Russie.
Négociations en cours et structure de propriété de NIS
La Serbie est actuellement en négociation avec Moscou pour un nouvel accord gazier, l’accord actuel devant expirer en mars 2025. La structure de propriété de NIS est majoritairement russe, avec Gazprom Neft détenant environ 45 % des parts, Gazprom environ 11 %, et le gouvernement serbe près de 30 %. Les actions restantes appartiennent à des actionnaires minoritaires. Cette composition actionnariale renforce la complexité des relations énergétiques et économiques entre la Serbie et la Russie.
Pressions internationales et perspectives futures
Les États-Unis ont exigé le retrait complet des intérêts russes de NIS, mettant ainsi la pression sur la Serbie pour qu’elle réévalue ses partenariats énergétiques. Le report des sanctions offre à Belgrade un délai supplémentaire pour tenter de trouver une solution qui pourrait impliquer la restructuration de la propriété de NIS ou la diversification de ses sources d’approvisionnement énergétique. Cette situation souligne les défis auxquels sont confrontés les pays dépendants des ressources énergétiques russes dans le contexte géopolitique actuel.