Le pétrole brésilien comme contradiction des objectifs climatiques de Lula

Alors que l'Équateur arrête la production pétrolière dans l'Amazonie, le Brésil sous le gouvernement de Lula investit massivement dans l'exploration pétrolière près de l'embouchure de l'Amazone. Le projet d'exploration du bloc "FZA-M-59" soulève des critiques pour son manque de cohérence environnementale malgré ses engagements climatiques.

Partager:

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

AUTRES ACCES

Abonnement mensuel

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

COMPTE GRATUIT​

3 articles offerts par mois

GRATUIT

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 35 000 articles • +150 analyses/sem.

Presque au moment où l’Équateur annonçait cette semaine qu’il allait arrêter la production pétrolière dans un gisement emblématique en Amazonie, le Brésil vantait des investissements massifs dans les hydrocarbures, prévoyant l’exploration de pétrole près de l’embouchure de l’Amazone.

Le paradoxe du pétrole brésilien : Lula et les défis environnementaux face à la pression énergétique

Un paradoxe pour le gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui se présente volontiers en champion de la lutte contre le changement climatique, mais est épinglé pour sa réticence à abandonner les énergies fossiles.

« Nous espérons que le gouvernement brésilien prendra exemple sur l’Équateur », a dit dans un communiqué Marcio Astrini, du collectif d’ONG Observatoire du climat.

Cette question stratégique a également été abordée lors d’un sommet des pays amazoniens il y a deux semaines, dans la ville brésilienne de Belem, mais Lula a fait la sourde oreille quand son homologue colombien Gustavo Petro a appelé à cesser toute exploration de pétrole dans la région. Au contraire, quelques heures après l’annonce lundi du résultat du référendum « historique » en Équateur pour préserver la réserve de Yasuni, la présidence du Brésil, pays qui abrite 60% de la forêt amazonienne, a annoncé un plan d’investissement de 335 milliards de réais (environ 64 milliards d’euros) dans le secteur des hydrocarbures. Ce plan prévoit l’exploration par la compagnie pétrolière publique Petrobras d’un gisement off-shore, le bloc « FZA-M-59 », situé non loin de l’estuaire où le fleuve Amazone se jette dans l’Atlantique.

Ce projet a exposé des divergences au sein du gouvernement Lula. L’agence de protection environnementale Ibama a refusé d’accorder une licence d’exploration à Petrobras, considérant que la compagnie n’avait pas présenté les études nécessaires. Mais le bureau de l’Avocat général de l’Union, qui défend les intérêts du gouvernement, a émis mardi un avis favorable au projet, estimant que ces études n’étaient « pas indispensables ». La ministre de l’Environnement Marina Silva a, elle, fermement appelé au respect des critères « techniques » imposés par l’Ibama.

« Rêve » d’or noir en Amazonie : l’exploration pétrolière de l’administration brésilienne sur la lignée du Guyana malgré la fragilité amazonienne

De retour au pouvoir en janvier après avoir gouverné de 2003 à 2010, Lula, 77 ans, s’est engagé à faire de la préservation de l’Amazonie une priorité, après une flambée de la déforestation sous la présidence de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro. Mais l’ancien tourneur-fraiseur a déclaré récemment que les habitants du nord du Brésil pourraient « continuer à rêver » d’or noir, malgré les objections de l’Ibama.

Le Guyana, petit pays amazonien à la frontière septentrionale du Brésil, en a extrait énormément dans les eaux voisines depuis 2019, au point d’être surnommé « le Dubaï sud-américain ». Le projet d’exploration du bloc « FZA-M-59 » a suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense de l’environnement, de leaders indigènes et des habitants de Marajo, une île située au coeur de l’embouchure de l’Amazone. Ces détracteurs citent notamment des risques d’impact catastrophique pour cette région de mangrove à la biodiversité fragile.

« La majorité de la planète subit les conséquences du fait que certains font de la nature une source de profit », fustige Naraguassu, une militante de 60 ans du peuple autochtone Caruana, lequel tient pour sacré le site où l’Amazone rencontre l’Atlantique. « Les températures ne cessent d’augmenter, la Terre nous dit que quelque chose ne va pas », affirme-t-elle à l’AFP.

Pour Luis Barbosa, de l’Observatoire de Marajo, une ONG locale, c’est « l’existence même » de son île qui est menacée par la montée du niveau des eaux, liée entre autres, selon lui, « à la poursuite de l’utilisation de combustibles fossiles ».

À la croisée des chemins énergétiques : Une exploration pétrolière en Amazonie pour lancer une « transition énergétique durable »

Petrobras estime pour sa part que ce projet « va ouvrir une nouvelle frontière de l’énergie », en vue d’une « transition énergétique durable ». La compagnie relève que le bloc « FZA-M-59 » se trouve à plus de 500 kilomètres de l’embouchure de l’Amazone, et promet un protocole « robuste » pour contenir d’éventuelles fuites. Mais le Brésil, huitième producteur mondial de pétrole, est déjà autosuffisant pour cet hydrocarbure, explique Suely Araujo, spécialiste de l’Observatoire du climat, qui a dirigé l’Ibama de 2016 à 2019.

« Nous vivons une crise climatique, il n’y a aucune raison de persister à vouloir explorer du pétrole dans des zones sensibles », fait-elle valoir.

C’est sous sa direction que l’Ibama a refusé une licence au groupe français Total pour le forage de cinq blocs off-shore dans la même région en 2018. Mme Araujo salue les ambitions du président brésilien dans le combat pour le climat, mais déplore le fait qu’il ne soit pas prêt à abandonner les énergies fossiles. Pour elle, « la grande contradiction du gouvernement Lula, c’est le pétrole ».

Tempête en mer Noire : le terminal de CPC interrompt les expéditions de brut

Le consortium Caspian Pipeline a suspendu ses opérations de chargement et de réception de brut en raison d'une tempête et d'une saturation des capacités de stockage.

Frontera conclut un accord pétrolier de $120mn avec une filiale de Chevron

Frontera Energy a signé un contrat d’approvisionnement de brut d’un montant maximal de $120mn avec Chevron Products Company, comprenant une avance initiale de $80mn et une option de financement additionnel.

Amplify Energy finalise la cession de ses actifs en Oklahoma pour $92,5mn

Amplify Energy a conclu la vente de ses actifs en Oklahoma pour $92,5mn, une opération qui s’inscrit dans sa stratégie de simplification de portefeuille et d’optimisation de sa structure financière.
en_114029301229540

NNPC lance la cession de parts dans plusieurs actifs pétroliers et gaziers

La compagnie publique nigériane NNPC a ouvert un processus d'appel d'offres pour vendre des participations dans des actifs pétroliers et gaziers, dans le cadre d'une stratégie de réorganisation de portefeuille.

L’essor offshore dans les Caraïbes accélère la création de hubs logistiques pétroliers

Face à la montée en puissance des projets offshore, les pays caribéens misent sur des bases à terre et des ports spécialisés pour soutenir leurs opérations pétrolières et gazières en mer.

TPAO, MOL et ORLEN renforcent leur présence en Libye avant le sommet énergétique de 2026

Les compagnies nationales turque, hongroise et polonaise officialisent leur participation au sommet de Tripoli alors que la Libye relance ses investissements en amont et élargit ses opportunités de licences.
en_114029301226540

Brésil : la FUP prête à accepter l’offre de Petrobras pour mettre fin à la grève

Le syndicat pétrolier FUP a annoncé son intention d’approuver la dernière proposition de Petrobras, ouvrant la voie à la fin d’une grève nationale d’une semaine sans impact sur la production.

Subsea7 décroche un contrat stratégique avec LLOG pour Buckskin South aux États-Unis

Subsea7 a obtenu un contrat d’installation sous-marine auprès de LLOG pour le projet Buckskin South, une opération prévue entre 2026 et 2027, consolidant sa position dans le golfe du Mexique et renforçant la visibilité de son carnet de commandes.

Brésil, Guyana et Argentine soutiennent la croissance mondiale du pétrole brut en 2026

La production mondiale de pétrole brut devrait augmenter de 0,8 million de barils par jour en 2026, portée à 50 % par les hausses attendues au Brésil, au Guyana et en Argentine.
en_114024231234540

Woodbridge Ventures annonce l’acquisition de Greenflame et prépare son entrée dans le secteur pétrolier

Woodbridge Ventures II Inc. conclut un accord définitif avec Greenflame Resources en vue d’une fusion structurante, accompagnée d’un financement parallèle pouvant atteindre $10mn.

Le blocus américain sur le pétrole vénézuélien désorganise les expéditions maritimes

Les interceptions de navires liées au pétrole vénézuélien se multiplient, poussant les armateurs à suspendre leurs opérations tandis que PDVSA peine à se remettre d'une cyberattaque ayant désorganisé ses systèmes logistiques.

Harbour Energy rachète LLOG Exploration pour $3.2bn afin d’accroître ses réserves

Harbour Energy s’empare de l’opérateur offshore américain LLOG pour $3.2bn, ajoutant 271 millions de barils de réserves et intégrant un cinquième pôle opérationnel dans le Golfe du Mexique.
en_114023221226540

Heirs Energies obtient un financement de $750mn pour renforcer ses capacités de production

L’accord signé avec Afreximbank marque un tournant stratégique pour Heirs Energies, qui vise une montée en puissance de ses activités d’exploration et de production sur le bloc pétrolier OML 17 au Nigeria.

Le Nigeria nomme Oritsemeyiwa Eyesan à la tête du NUPRC pour relancer l’amont pétrolier

La nomination d’Oritsemeyiwa Eyesan à la tête du régulateur pétrolier marque un tournant stratégique pour le Nigeria, qui espère attirer 10 milliards $ dans l’exploration grâce à une réforme réglementaire soutenue et transparente.

L’Irak exige des compagnies étrangères au Kurdistan la remise de leur pétrole brut

Bagdad affirme que toutes les entreprises internationales opérant dans les champs pétroliers du Kurdistan doivent transférer leur production à la compagnie nationale SOMO, conformément à l'accord signé avec Erbil en septembre.
en_114023221245540

CNOOC active un neuvième projet offshore en 2025 dans la mer de Chine méridionale

Le groupe pétrolier chinois CNOOC poursuit sa stratégie d’expansion avec une nouvelle mise en production dans le bassin de la rivière des Perles, marquant son neuvième lancement offshore en 2025.

SOCAR livre 22 wagons d’essence à l’Arménie via la Géorgie dans un test logistique inédit

Un train transportant plus de 1 200 tonnes d’essence produite en Azerbaïdjan est entré en Arménie le 19 décembre, marquant une première opération commerciale depuis les conflits, avec des implications concrètes sur le transit régional.

Subsea 7 prolonge son contrat avec Equinor pour les services sous-marins en Norvège

Subsea 7 a obtenu une nouvelle extension de son contrat-cadre avec Equinor pour l’inspection, la maintenance et la réparation sous-marines jusqu’en 2027, mobilisant le navire Seven Viking sur le plateau continental norvégien.
en_114021201232540

L’Iran propose son appui au Venezuela après la saisie de pétroliers par Washington

Caracas affirme que l’Iran a offert une coopération renforcée après l’interception de deux navires transportant du brut vénézuélien, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis.

Washington saisit un second pétrolier lié au Venezuela dans les Caraïbes

Les autorités américaines ont intercepté un second pétrolier chargé de brut vénézuélien, intensifiant la pression sur Caracas dans un contexte d'accusations de trafic et de tensions autour des exportations pétrolières sous sanctions.

Toute l'actualité de l'énergie en continu

Abonnement annuel

8.25$/mois*

*facturé annuellement à 99 $ la première année, puis 149$/an

Accès illimité • Archives incluses • Facture pro

Abonnement mensuel​

Accès illimité • Archives incluses pendant 1 mois

5.2$/mois*
puis 14.90$ les mois suivant

*Les prix affichés sont entendus HT, TVA variable en fonction de votre localité ou de votre statut professionnel

Depuis 2021 : 30 000 articles • +150 analyses/sem.